Saison 03 : (In)certitude(s) http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique144 http://www.montpellier.fr/3525-agor... Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.2.1 [23954] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2012 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) Saison 03 : (In)certitude(s) http://paroledechercheurs.net/local/cache-vignettes/L600xH600/rubon144-bfb31.jpg?1540775094 http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique144 Demain, toujours plus de catastrophes ? <p>Jean-Pierre</p> Dupuy <p>Jean-Pierre</p> Dupuy Nucléaire civil, nucléaire militaire, climat, crise financière, voilà bien quatre domaines qui semblent confirmer une fréquence accrue des événements extrêmes. De Tchernobyl à Fukushima, à peine trente-cinq ans. "La tragédie japonaise a ceci de fascinant qu'elle mêle inextricablement trois types de catastrophes que l'analyse traditionnelle distingue soigneusement : la catastrophe naturelle, la catastrophe industrielle et technologique, la catastrophe morale. Ou encore le tsunami, Tchernobyl et Hiroshima." La panique, les événements extrêmes, la théorie du catastrophisme éclairé sont depuis de nombreuses années déjà au centre de la réflexion de celui qui fut en France l'introducteur des oeuvres de Günther Anders et d'Ivan Illich : nul meilleur guide, et mieux informé que lui, afin de comprendre ce qui, demain, pourrait arriver, et comment, peut-être, l'éviter. Nucléaire civil, nucléaire militaire, climat, crise financière, voilà bien quatre domaines qui semblent confirmer une fréquence accrue des événements extrêmes. De Tchernobyl à Fukushima, à peine trente-cinq ans. "La tragédie japonaise a ceci de fascinant qu'elle mêle inextricablement trois types de catastrophes que l'analyse traditionnelle distingue soigneusement : la catastrophe naturelle, la catastrophe industrielle et technologique, la catastrophe morale. Ou encore le tsunami, Tchernobyl et Hiroshima." La panique, les événements extrêmes, la théorie du catastrophisme éclairé sont depuis de nombreuses années déjà au centre de la réflexion de celui qui fut en France l'introducteur des oeuvres de Günther Anders et d'Ivan Illich : nul meilleur guide, et mieux informé que lui, afin de comprendre ce qui, demain, pourrait arriver, et comment, peut-être, l'éviter. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article436 Wed, 13 Jun 2012 20:30:00 +0200 01:33:24 Catastrophisme, paradoxe, Agora des Savoirs, Alexandrie, une ville de savants <p>Jean-Yves</p> Empereur <p>Jean-Yves</p> Empereur Les fouilles archéologiques du Centre d'Études Archéologiques, équipe du CNRS basée à Alexandrie, ont mis au jour des maisons, des rues, des murailles, des sanctuaires, des nécropoles sans oublier les restes du Phare. Ces bâtiments et leur mobilier fournissent des témoignages sur la présence des Savants qui menaient leur recherche au sein de la ville, rassemblés au Musée et dans la grande Bibliothèque. Dans les " ruines pulvérisées de mille cités", comme l'écrivait Hermann Melville, et malgré le fait qu'aucun papyrus n'y ait subsisté, on y retrouve des évocations des découvertes d'Eratosthène, Euclide et Archimède et de leurs collègues, dans le décor des mosaïques, dans les restes des monuments, dans les complexes aménagements hydrauliques, voire dans les épaves des bateaux qui ont coulé au large d'Alexandrie... Les fouilles archéologiques du Centre d'Études Archéologiques, équipe du CNRS basée à Alexandrie, ont mis au jour des maisons, des rues, des murailles, des sanctuaires, des nécropoles sans oublier les restes du Phare. Ces bâtiments et leur mobilier fournissent des témoignages sur la présence des Savants qui menaient leur recherche au sein de la ville, rassemblés au Musée et dans la grande Bibliothèque. Dans les " ruines pulvérisées de mille cités", comme l'écrivait Hermann Melville, et malgré le fait qu'aucun papyrus n'y ait subsisté, on y retrouve des évocations des découvertes d'Eratosthène, Euclide et Archimède et de leurs collègues, dans le décor des mosaïques, dans les restes des monuments, dans les complexes aménagements hydrauliques, voire dans les épaves des bateaux qui ont coulé au large d'Alexandrie... http://paroledechercheurs.net/spip.php?article435 Wed, 06 Jun 2012 20:30:00 +0200 01:13:20 fouille, photoshop, Agora des Savoirs, Vers une sainte ignorance ? L'avenir incertain des religions <p>Olivier</p> Roy <p>Olivier</p> Roy Pourquoi des dizaines de milliers de musulmans se convertissent-ils pour devenir chrétiens ou témoins de Jéhovah ? Comment expliquer que la religion qui croît le plus vite dans le monde soit le pentecôtisme ? Pourquoi le salafisme, doctrine musulmane particulièrement austère, attire-t-il de jeunes Européens ? Pourquoi si peu de jeunes catholiques entrent-ils dans les séminaires alors qu'ils se pressent autour du pape lors des Journées mondiales de la jeunesse ? Comment se fait-il que les défenseurs de la tradition anglicane conservatrice soient aujourd'hui nigérians, ougandais ou kényans, alors que le primat de l'Église en Angleterre approuve l'usage de la charia pour les musulmans britanniques ? Pourquoi la Corée du Sud fournit-elle, proportionnellement, le plus grand nombre de missionnaires protestants dans le monde ? Comment peut-on être "juif pour Jésus" ? Comment se fait-il que le premier musulman et le bouddhiste élus au Congrès américain en 2006 soient tous les deux des Noirs convertis ? La théorie du clash des civilisations, de S. Huntington, ne permet pas de comprendre de tels phénomènes. Car loin d'être l'expression d'identités culturelles traditionnelles, le revivalisme religieux est une conséquence de la mondialisation et de la crise des cultures. La "sainte ignorance", c'est le mythe d'un pur religieux qui se construirait en dehors des cultures. Ce mythe anime les fondamentalismes modernes, en concurrence sur un marché des religions qui à la fois exacerbe leurs divergences et standardise leurs pratiques. Pourquoi des dizaines de milliers de musulmans se convertissent-ils pour devenir chrétiens ou témoins de Jéhovah ? Comment expliquer que la religion qui croît le plus vite dans le monde soit le pentecôtisme ? Pourquoi le salafisme, doctrine musulmane particulièrement austère, attire-t-il de jeunes Européens ? Pourquoi si peu de jeunes catholiques entrent-ils dans les séminaires alors qu'ils se pressent autour du pape lors des Journées mondiales de la jeunesse ? Comment se fait-il que les défenseurs de la tradition anglicane conservatrice soient aujourd'hui nigérians, ougandais ou kényans, alors que le primat de l'Église en Angleterre approuve l'usage de la charia pour les musulmans britanniques ? Pourquoi la Corée du Sud fournit-elle, proportionnellement, le plus grand nombre de missionnaires protestants dans le monde ? Comment peut-on être "juif pour Jésus" ? Comment se fait-il que le premier musulman et le bouddhiste élus au Congrès américain en 2006 soient tous les deux des Noirs convertis ? La théorie du clash des civilisations, de S. Huntington, ne permet pas de comprendre de tels phénomènes. Car loin d'être l'expression d'identités culturelles traditionnelles, le revivalisme religieux est une conséquence de la mondialisation et de la crise des cultures. La "sainte ignorance", c'est le mythe d'un pur religieux qui se construirait en dehors des cultures. Ce mythe anime les fondamentalismes modernes, en concurrence sur un marché des religions qui à la fois exacerbe leurs divergences et standardise leurs pratiques. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article426 Wed, 30 May 2012 20:30:00 +0200 1:06:26 Agora des Savoirs, Le scepticisme et la foi <p>Carlos</p> Lévy <p>Carlos</p> Lévy L'évolution du terme "scepticisme", lui-même assez tardif dans la philosophie antique, a fini, notamment à travers l'utilisation de la figure de Voltaire, par lui donner le sens d'opposition aux croyances religieuses. Dans la version caricaturale de cette acception, Monsieur Homais, l'inénarrable pharmacien de Madame Bovary, représente l'esprit fort qui prétend ne faire confiance qu'aux certitudes de la raison et de la science. La réalité historique du scepticisme fut tout autre. Le pyrrhonisme originel respectait les rites religieux et, s'il est vrai que les Néoacadémiciens tournaient en dérision la divination, cela ne les empêchait pas d'épargner la religion de la cité. Avec l'arrivée du monothéisme, le scepticisme devint, dans ce qu'on appelle le fidéisme, le complément indispensable de la foi, chez Philon d'Alexandrie, ou, au contraire, chez Saint Augustin, l'occasion pour la foi de montrer ce qu'elle contient en elle-même de puissante rationalité. Une plongée érudite aux sources antiques du doute ! L'évolution du terme "scepticisme", lui-même assez tardif dans la philosophie antique, a fini, notamment à travers l'utilisation de la figure de Voltaire, par lui donner le sens d'opposition aux croyances religieuses. Dans la version caricaturale de cette acception, Monsieur Homais, l'inénarrable pharmacien de Madame Bovary, représente l'esprit fort qui prétend ne faire confiance qu'aux certitudes de la raison et de la science. La réalité historique du scepticisme fut tout autre. Le pyrrhonisme originel respectait les rites religieux et, s'il est vrai que les Néoacadémiciens tournaient en dérision la divination, cela ne les empêchait pas d'épargner la religion de la cité. Avec l'arrivée du monothéisme, le scepticisme devint, dans ce qu'on appelle le fidéisme, le complément indispensable de la foi, chez Philon d'Alexandrie, ou, au contraire, chez Saint Augustin, l'occasion pour la foi de montrer ce qu'elle contient en elle-même de puissante rationalité. Une plongée érudite aux sources antiques du doute ! http://paroledechercheurs.net/spip.php?article425 Wed, 23 May 2012 20:30:00 +0200 1:09:36 Agora des Savoirs, La crise du capitalisme financier : 2007-... ? <p>Paul</p> Jorion <p>Paul</p> Jorion Où en sommes-nous ? Alors que la crise née en février 2007 entre dans sa cinquième année, que sommes-nous aujourd'hui en mesure de craindre et d'espérer ? Les États ont été entraînés dans l'abysse par un secteur bancaire mortellement blessé par des dizaines d'années de crédit excessif - le crédit ayant remplacé les salaires. Aucune des demi-mesures prises n'ayant eu le moindre effet, sommes nous entrés dans le temps des mesures radicales ? Où en sommes-nous ? Alors que la crise née en février 2007 entre dans sa cinquième année, que sommes-nous aujourd'hui en mesure de craindre et d'espérer ? Les États ont été entraînés dans l'abysse par un secteur bancaire mortellement blessé par des dizaines d'années de crédit excessif - le crédit ayant remplacé les salaires. Aucune des demi-mesures prises n'ayant eu le moindre effet, sommes nous entrés dans le temps des mesures radicales ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article424 Wed, 16 May 2012 20:30:00 +0200 1:02:08 Agora des Savoirs, La construction européenne, 60 ans après : le pari de Jean Monnet a-t-il été tenu ? <p>Rémy</p> Pech <p>Rémy</p> Pech À 64 ans, muni d'une grande expérience de financier international, de diplomate et de grand commis de l'État, Jean Monnet accède en 1952 à la présidence de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), première réalisation d'une construction européenne aujourd'hui en forte crise. Réfléchir sur les projets et les motivations de ce visionnaire pragmatique peut nous permettre une évaluation lucide des péripéties de l'Europe, à travers six décennies d'avancées et de piétinements, d'élargissements pas toujours réussis, d'approfondissements toujours remis en cause. Mais un tel débat comporte aussi l'analyse du présent et l'effort pour discerner les chances de l'Europe, à l'heure d'une mondialisation accélérée. À 64 ans, muni d'une grande expérience de financier international, de diplomate et de grand commis de l'État, Jean Monnet accède en 1952 à la présidence de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), première réalisation d'une construction européenne aujourd'hui en forte crise. Réfléchir sur les projets et les motivations de ce visionnaire pragmatique peut nous permettre une évaluation lucide des péripéties de l'Europe, à travers six décennies d'avancées et de piétinements, d'élargissements pas toujours réussis, d'approfondissements toujours remis en cause. Mais un tel débat comporte aussi l'analyse du présent et l'effort pour discerner les chances de l'Europe, à l'heure d'une mondialisation accélérée. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article423 Wed, 09 May 2012 20:30:00 +0200 1:29:48 Agora des Savoirs, Événements climatiques extrèmes en Languedoc depuis l'an 1000 <p>Laurent</p> Dezileau <p>Laurent</p> Dezileau Le Languedoc-Roussillon est particulièrement exposé à l'aléa climatique : crues cévenoles violentes et risques d'érosion/submersion du littoral en période de tempète. Ces risques sont lourds d'enjeux sociétaux. En prélevant des sédiments par carottage dans les deltas ou les étangs littoraux, on dispose d'une archive sédimentaire où se sont inscrites les crues et les tempètes dont on va pouvoir étudier la récurrence. Nos premiers résultats montrent que la fréquence de ces extrèmes augmente très clairement en période froide (Petit âge Glaciaire caractérisée par un climat plus froid en Europe et Méditerranée). Nous cherchons ainsi à savoir si les crues cévenoles et les tempètes récentes s'inscrivent dans l'évolution perceptible du climat actuel... et ce qu'il est possible d'en déduire pour notre futur climat. Le Languedoc-Roussillon est particulièrement exposé à l'aléa climatique : crues cévenoles violentes et risques d'érosion/submersion du littoral en période de tempète. Ces risques sont lourds d'enjeux sociétaux. En prélevant des sédiments par carottage dans les deltas ou les étangs littoraux, on dispose d'une archive sédimentaire où se sont inscrites les crues et les tempètes dont on va pouvoir étudier la récurrence. Nos premiers résultats montrent que la fréquence de ces extrèmes augmente très clairement en période froide (Petit âge Glaciaire caractérisée par un climat plus froid en Europe et Méditerranée). Nous cherchons ainsi à savoir si les crues cévenoles et les tempètes récentes s'inscrivent dans l'évolution perceptible du climat actuel... et ce qu'il est possible d'en déduire pour notre futur climat. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article428 Wed, 02 May 2012 20:30:00 +0200 52:13 Agora des Savoirs, Vers un droit sans limites ? <p>Michel</p> Miaille <p>Michel</p> Miaille Le droit n'apparaît qu'aux yeux des profanes comme un objet clair et bien délimité, dans des constructions où la logique imperturbable et les définitions semblent s'imposer sans conteste. Pourtant, vu de l'intérieur, les juristes savent que les choses sont plus compliquées. Si l'on prend le droit comme un système de règles, force est de constater que le champ juridique, c'est-à-dire le domaine dans lequel les règles de droit s'exercent, a beaucoup varié dans le temps ; aujourd'hui, plus qu'hier, la nouveauté de certaines techniques comme le changement de modes sociaux font apparaître des objets qui, non seulement n'ont pas de consistance juridique mais dont on se demande s'il faut qu'ils entrent dans le droit. Si l'on prend le droit comme système de savoir constitué, on voit rapidement que, dans le temps et encore plus aujourd'hui, la délimitation des frontières de la discipline pose problème : la sociologie, la science politique et l'économie viennent perturber le savoir juridique et posent la question du renouvellement de la science du droit . Preuve que la question des limites, dans le réel comme dans la pensée est, peut-ètre, la question centrale d'existence de tout objet. Mais l'objet droit n'est pas neutre et le problème de ses limites est à la fois théorique et politique. Le droit n'apparaît qu'aux yeux des profanes comme un objet clair et bien délimité, dans des constructions où la logique imperturbable et les définitions semblent s'imposer sans conteste. Pourtant, vu de l'intérieur, les juristes savent que les choses sont plus compliquées. Si l'on prend le droit comme un système de règles, force est de constater que le champ juridique, c'est-à-dire le domaine dans lequel les règles de droit s'exercent, a beaucoup varié dans le temps ; aujourd'hui, plus qu'hier, la nouveauté de certaines techniques comme le changement de modes sociaux font apparaître des objets qui, non seulement n'ont pas de consistance juridique mais dont on se demande s'il faut qu'ils entrent dans le droit. Si l'on prend le droit comme système de savoir constitué, on voit rapidement que, dans le temps et encore plus aujourd'hui, la délimitation des frontières de la discipline pose problème : la sociologie, la science politique et l'économie viennent perturber le savoir juridique et posent la question du renouvellement de la science du droit . Preuve que la question des limites, dans le réel comme dans la pensée est, peut-ètre, la question centrale d'existence de tout objet. Mais l'objet droit n'est pas neutre et le problème de ses limites est à la fois théorique et politique. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article427 Wed, 04 Apr 2012 20:30:00 +0200 1:19:15 Agora des Savoirs, Des hommes probables dans un monde incertain <p>Jacques</p> Testart <p>Jacques</p> Testart La science a été longtemps source d'affirmations, même si elle se trompait parfois. Et la nature pouvait être considérée comme un environnement durablement stable malgré des crises de temps à autre (éruptions, épidémies...). Ainsi le monde des humains prétendait avancer sans trop d'angoisse vers un progrès paisible, linéaire, forcément un mieux. Nous avons découvert le plus facile : comment passer du gène à la protéine, des gamètes à l'enfant, des ressources fossiles à l'énergie pas chère, des éléments chimiques à la synthèse, etc. Et nous voici dans le doute parce que la réalité nous accuse de simplisme et d'avoir nié la complexité dans la pensée comme dans l'action, aussi bien pour les mécanismes du vivant que pour les effets de nos activités sur l'environnement ou la croyance en la pérennité de ressources devenues indispensables. Les belles certitudes ont alors fait place aux aléas, qu'on mesure avec la statistique, aux facteurs de risque, à la probabilité d'occurrence de tout événement. Ainsi nous évaluons la probabilité des risques naturels ou technologiques pour en déduire la précaution, nous sondons les risques de pathologies pour en faire de la médecine prédictive... Mais nous usons de plus en plus de systèmes d'assurance car la probabilité n'est jamais sûre... Pris dans ces loteries qui nourrissent de nouvelles industries, nul ne sait ce que nous deviendrons. Le moment que propose la technoscience est celui de l'homme probable dans un monde incertain. Et après ?... Seule la démocratie effective, celle qui peut libérer les intelligences, est susceptible de répondre aux situations d'incertitude sans céder aux intérêts particuliers. En partenariat avec la Fondation Sciences Citoyennes La science a été longtemps source d'affirmations, même si elle se trompait parfois. Et la nature pouvait être considérée comme un environnement durablement stable malgré des crises de temps à autre (éruptions, épidémies...). Ainsi le monde des humains prétendait avancer sans trop d'angoisse vers un progrès paisible, linéaire, forcément un mieux. Nous avons découvert le plus facile : comment passer du gène à la protéine, des gamètes à l'enfant, des ressources fossiles à l'énergie pas chère, des éléments chimiques à la synthèse, etc. Et nous voici dans le doute parce que la réalité nous accuse de simplisme et d'avoir nié la complexité dans la pensée comme dans l'action, aussi bien pour les mécanismes du vivant que pour les effets de nos activités sur l'environnement ou la croyance en la pérennité de ressources devenues indispensables. Les belles certitudes ont alors fait place aux aléas, qu'on mesure avec la statistique, aux facteurs de risque, à la probabilité d'occurrence de tout événement. Ainsi nous évaluons la probabilité des risques naturels ou technologiques pour en déduire la précaution, nous sondons les risques de pathologies pour en faire de la médecine prédictive... Mais nous usons de plus en plus de systèmes d'assurance car la probabilité n'est jamais sûre... Pris dans ces loteries qui nourrissent de nouvelles industries, nul ne sait ce que nous deviendrons. Le moment que propose la technoscience est celui de l'homme probable dans un monde incertain. Et après ?... Seule la démocratie effective, celle qui peut libérer les intelligences, est susceptible de répondre aux situations d'incertitude sans céder aux intérêts particuliers. En partenariat avec la Fondation Sciences Citoyennes http://paroledechercheurs.net/spip.php?article422 Wed, 28 Mar 2012 20:30:00 +0200 1:23:38 Agora des Savoirs, Les certitudes négatives <p>Jean-Luc</p> Marion <p>Jean-Luc</p> Marion Connaître signifie connaître avec certitude des objets, donc, suivant les sciences : il n'y aurait de certitude qu'affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs, en philosophie ou littérature, n'apporterait aucune certitude. Voilà ce que nous tenons tous, spontanément, pour allant de soi. Ce livre veut le mettre en question. Car précisément une question, à condition qu'elle ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous comprenions pourquoi et comment elle doit rester sans réponse. Les questions sansréponse donnent aussi des certitudes, mais des certitudes négatives. Ainsi ne doit-il pas y avoir de réponse à la question sur la définition de l'homme - car définir l'homme aboutit toujours à en finir avec certains hommes. Ainsi la question de Dieu survit-elle à tout argument sur l'impossibilité de l'expérience de Dieu, précisément, parce que Dieu, par hypothèse, concerne ce qui nous reste impossible. Ainsi le don, et ce qui le confirme par redondance, le pardon et le sacrifice, n'admet-il aucune condition de possibilité, précisément parce qu'il transcende l'économie des échanges. Ainsi l'événement advient sans aucune prévision et contre toute attente, parce qu'il ne pourra jamais devenir l'objet d'une compréhension exhaustive, comme un objet ou un spectacle. Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu'aucune théorie ou expérience à venir ne viendra corriger ou invalider, nous offrent infiniment plus de certitude que toute affirmation. Connaître signifie connaître avec certitude des objets, donc, suivant les sciences : il n'y aurait de certitude qu'affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs, en philosophie ou littérature, n'apporterait aucune certitude. Voilà ce que nous tenons tous, spontanément, pour allant de soi. Ce livre veut le mettre en question. Car précisément une question, à condition qu'elle ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous comprenions pourquoi et comment elle doit rester sans réponse. Les questions sansréponse donnent aussi des certitudes, mais des certitudes négatives. Ainsi ne doit-il pas y avoir de réponse à la question sur la définition de l'homme - car définir l'homme aboutit toujours à en finir avec certains hommes. Ainsi la question de Dieu survit-elle à tout argument sur l'impossibilité de l'expérience de Dieu, précisément, parce que Dieu, par hypothèse, concerne ce qui nous reste impossible. Ainsi le don, et ce qui le confirme par redondance, le pardon et le sacrifice, n'admet-il aucune condition de possibilité, précisément parce qu'il transcende l'économie des échanges. Ainsi l'événement advient sans aucune prévision et contre toute attente, parce qu'il ne pourra jamais devenir l'objet d'une compréhension exhaustive, comme un objet ou un spectacle. Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu'aucune théorie ou expérience à venir ne viendra corriger ou invalider, nous offrent infiniment plus de certitude que toute affirmation. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article437 Wed, 21 Mar 2012 20:30:00 +0100 01:26:19 Agora des Savoirs, Raconter le monde : la fiction et la science à l'aube de la modernité <p>Frédérique</p> Aït-Touati <p>Frédérique</p> Aït-Touati A l'heure où la division entre culture "littéraire" et culture "scientifique" fait tant de ravages, il peut être utile de se pencher sur une époque où elles faisaient bon ménage, pour mieux dire, où elles étaient inséparables, car participant d'une même vision du monde et d'une même culture humaniste. Les textes scientifiques du xviie siècle, et ceux touchant à l'astronomie en particulier, recèlent bien des surprises : ils racontent des histoires, inventent des fictions et des personnages. Ce n'est pas seulement pour séduire ou par prudence, mais bien pour explorer les nouveaux mondes de la science et pour tâcher de se représenter l'invisible de l'infiniment lointain. Bien plus qu'un simple divertissement, la fiction est alors un outil de savoir et un moyen de comprendre le monde. A l'heure où la division entre culture "littéraire" et culture "scientifique" fait tant de ravages, il peut être utile de se pencher sur une époque où elles faisaient bon ménage, pour mieux dire, où elles étaient inséparables, car participant d'une même vision du monde et d'une même culture humaniste. Les textes scientifiques du xviie siècle, et ceux touchant à l'astronomie en particulier, recèlent bien des surprises : ils racontent des histoires, inventent des fictions et des personnages. Ce n'est pas seulement pour séduire ou par prudence, mais bien pour explorer les nouveaux mondes de la science et pour tâcher de se représenter l'invisible de l'infiniment lointain. Bien plus qu'un simple divertissement, la fiction est alors un outil de savoir et un moyen de comprendre le monde. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article434 Wed, 14 Mar 2012 20:30:00 +0100 01:06:44 Agora des Savoirs, L'énergie, le concept des concepts ! <p>Muriel</p> Guedj <p>Muriel</p> Guedj "Super loi", concept unificateur aux pouvoirs explicatifs et prédictifs considérables, l'énergie est un concept scientifique singulier. Omniprésent dans les débats de sociétés et les médias, le terme d'énergie est tout autant usité dans le langage courant qu'il ne l'est dans des domaines aussi divers que les sciences, l'économie, les arts et les lettres. Paradoxalement l'énergie reste difficile à définir et les acceptions du terme semblent aussi nombreuses que les domaines d'usages sont variés. Mais alors qu'est-ce que l'énergie ? Peut-on, selon les domaines abordés, évoquer des savoirs certains, aberrants ou excentriques ? Plus encore, cette cacophonie sémantique est-elle neutre et sans risque ou bien laisse-t-elle la porte ouverte à l'instrumentalisation du concept à des fins plus ou moins avouables ? "Super loi", concept unificateur aux pouvoirs explicatifs et prédictifs considérables, l'énergie est un concept scientifique singulier. Omniprésent dans les débats de sociétés et les médias, le terme d'énergie est tout autant usité dans le langage courant qu'il ne l'est dans des domaines aussi divers que les sciences, l'économie, les arts et les lettres. Paradoxalement l'énergie reste difficile à définir et les acceptions du terme semblent aussi nombreuses que les domaines d'usages sont variés. Mais alors qu'est-ce que l'énergie ? Peut-on, selon les domaines abordés, évoquer des savoirs certains, aberrants ou excentriques ? Plus encore, cette cacophonie sémantique est-elle neutre et sans risque ou bien laisse-t-elle la porte ouverte à l'instrumentalisation du concept à des fins plus ou moins avouables ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article433 Wed, 07 Mar 2012 20:30:00 +0100 01:07:44 Energie, concept, Agora des Savoirs, Les offensives créationnistes de part et d'autre de l'Atlantique <p>Olivier</p> Brosseau <p>Cyrille</p> Baudouin <p>Olivier</p> Brosseau <p>Cyrille</p> Baudouin Les créationnistes - qu'ils soient fondamentalement opposés à la théorie de l'évolution ou, plus subtilement,évolutionnistes mais anti-darwiniens - tentent de réintroduire une transcendance dans l'explication scientifique du monde réel et de son origine. Très organisés et médiatisés aux Etats-Unis, ils sont souvent considérés comme un problème essentiellement nord-américain. Pourtant, en octobre 2007, le Conseil de l'Europe s'est inquiété de la progression de courants créationnistes au sein des États membres dans le rapport sur les dangers du créationnisme dans l'éducation. Les difficultés même à adopter ce rapport, d'abord renvoyé en commission, puis objet de pressions par le Saint-Siège, témoignent des enjeux politiques que revêt cette problématique. En quoi la France est-elle concernée par ces mouvements ? Quels sont les enjeux sociaux et politiques de ces démarches anti-scientifiques ? Les créationnistes - qu'ils soient fondamentalement opposés à la théorie de l'évolution ou, plus subtilement,évolutionnistes mais anti-darwiniens - tentent de réintroduire une transcendance dans l'explication scientifique du monde réel et de son origine. Très organisés et médiatisés aux Etats-Unis, ils sont souvent considérés comme un problème essentiellement nord-américain. Pourtant, en octobre 2007, le Conseil de l'Europe s'est inquiété de la progression de courants créationnistes au sein des États membres dans le rapport sur les dangers du créationnisme dans l'éducation. Les difficultés même à adopter ce rapport, d'abord renvoyé en commission, puis objet de pressions par le Saint-Siège, témoignent des enjeux politiques que revêt cette problématique. En quoi la France est-elle concernée par ces mouvements ? Quels sont les enjeux sociaux et politiques de ces démarches anti-scientifiques ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article432 Wed, 29 Feb 2012 20:30:00 +0100 01:00:29 Evolution, Darwin, Agora des Savoirs, Le droit... à l'envers <p>Éric</p> Millard <p>Éric</p> Millard Dans les représentations communes, le droit ne laisse pas place à l'incertitude, et si tel était le cas, ce serait un "mauvais" droit, qui ne remplirait pas ses fonctions naturelles. Objet réputé sûr, il permet une connaissance dogmatique qui construit le juriste comme maître de savoir et de savoirfaire. Ces représentations communes ne résistent pas à l'analyse théorique classique ou critique. Au contraire, celle-ci met en évidence dans le droit ou dans le savoir à propos de celui-ci les ambiguïtés, le flou, les subjectivités, etc. Surtout, elle souligne que les représentations communes sont nécessaires pour que le droit remplisse ses fonctions, justement parce que ce sont des représentations. Voilà deux faces d'un même objet : ce qu'il donne à voir et ce qu'il est, l'endroit et l'envers. C'est cet envers que la conférence entend présenter, en assumant la possibilité d'un savoir juridique incertain, et d'un savoir sur le droit limité. Dans les représentations communes, le droit ne laisse pas place à l'incertitude, et si tel était le cas, ce serait un "mauvais" droit, qui ne remplirait pas ses fonctions naturelles. Objet réputé sûr, il permet une connaissance dogmatique qui construit le juriste comme maître de savoir et de savoirfaire. Ces représentations communes ne résistent pas à l'analyse théorique classique ou critique. Au contraire, celle-ci met en évidence dans le droit ou dans le savoir à propos de celui-ci les ambiguïtés, le flou, les subjectivités, etc. Surtout, elle souligne que les représentations communes sont nécessaires pour que le droit remplisse ses fonctions, justement parce que ce sont des représentations. Voilà deux faces d'un même objet : ce qu'il donne à voir et ce qu'il est, l'endroit et l'envers. C'est cet envers que la conférence entend présenter, en assumant la possibilité d'un savoir juridique incertain, et d'un savoir sur le droit limité. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article431 Wed, 08 Feb 2012 20:30:00 +0100 01:18:21 ambiguïtés, Agora des Savoirs, La Construction du Panthéon national, de l'époque romantique à nos jours <p>Christian</p> Amalvi <p>Christian</p> Amalvi Les Français, à l'aube du xxie siècle, aiment les destinées héroïques : biographies, téléfilms, expositions portant sur des personnages hors normes du roman national suscitent toujours chez eux un vif intérêt. Ce goût pour les figures de proue du passé national - de Vercingétorix à François Mitterrand - semble si bien partagé que certains historiens considèrent même que ce culte du passé permettrait aux Français de dépasser les rudes affrontements de la vie politique. Or, qu'en est-il réellement ? A partir d'un vaste corpus composé de textes de manuels scolaires, d'extraits de, biographies destinées au grand public, d'images populaires et de représentations de monuments commémoratifs - statues en place publique, notamment - et à partir des vives controverses que ces matériaux de mémoire suscitent dans la société depuis près de deux siècles, la conférence tentera d'éclairer les enjeux des passions, politiques, religieuses, culturelles, liées au souvenir des grands hommes familiers à tous les Français et de répondre à cette question de fond : les Héros rassemblent-ils ou divisent-ils la société française ? Les Français, à l'aube du xxie siècle, aiment les destinées héroïques : biographies, téléfilms, expositions portant sur des personnages hors normes du roman national suscitent toujours chez eux un vif intérêt. Ce goût pour les figures de proue du passé national - de Vercingétorix à François Mitterrand - semble si bien partagé que certains historiens considèrent même que ce culte du passé permettrait aux Français de dépasser les rudes affrontements de la vie politique. Or, qu'en est-il réellement ? A partir d'un vaste corpus composé de textes de manuels scolaires, d'extraits de, biographies destinées au grand public, d'images populaires et de représentations de monuments commémoratifs - statues en place publique, notamment - et à partir des vives controverses que ces matériaux de mémoire suscitent dans la société depuis près de deux siècles, la conférence tentera d'éclairer les enjeux des passions, politiques, religieuses, culturelles, liées au souvenir des grands hommes familiers à tous les Français et de répondre à cette question de fond : les Héros rassemblent-ils ou divisent-ils la société française ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article430 Wed, 25 Jan 2012 20:30:00 +0100 52:41 héros, panthéon, Agora des Savoirs, Erreurs et fraudes en science <p>Kamil</p> Fadel <p>Kamil</p> Fadel Aux yeux du grand public la science progresse grâce à ses piliers que sont la raison et l'objectivité. Cette vision idéaliste et parfaite de l'activité scientifique est également largement partagée par les scientifiques eux-mêmes. L'histoire des sciences montre en fait que le scientifique est souvent guidé par une conviction intime ou diverses motivations. On accuse les conduites qui sont loin d'être exemplaires et qui conduisent à des échecs, mais on les oublie toutes les fois où elles permettent une avancée... Aux yeux du grand public la science progresse grâce à ses piliers que sont la raison et l'objectivité. Cette vision idéaliste et parfaite de l'activité scientifique est également largement partagée par les scientifiques eux-mêmes. L'histoire des sciences montre en fait que le scientifique est souvent guidé par une conviction intime ou diverses motivations. On accuse les conduites qui sont loin d'être exemplaires et qui conduisent à des échecs, mais on les oublie toutes les fois où elles permettent une avancée... http://paroledechercheurs.net/spip.php?article429 Wed, 18 Jan 2012 20:30:00 +0100 01:01:44 activité scientifique, fraude, Agora des Savoirs, La Terre avant les dinosaures : redonner vie aux animaux de la préhistoire <p>Jean-Sebastien</p> Steyer <p>Marc</p> Boulay <p>Jean-Sebastien</p> Steyer <p>Marc</p> Boulay Comment était la vie avant les dinosaures ? Et comment les paléontologues reconstituent-ils cette biodiversité du passé ? Les dinosaures, T-rex, Triceratops, Stegosaurus et autres, sont les stars incontestées de la préhistoire. Pourtant, avant eux, un monde tout aussi fantastique évoluait sur Terre il y a 300 millions d'années. Libellules géantes, salamandres géantes, reptiles cuirassés, cornus, ou à dents de sabre, comment les paléontologues d'aujourd'hui sont-ils capables de redonner vie à ces mondes perdus ? De la recherche sur le terrain à la reconstitution numérique en 3D, le travail des paléontologues s'apparente à une longue enquête policière mais où les victimes dorment ensevelies depuis des millions d'années... Grâce à ces minutieuses investigations, nous commençons seulement à dessiner les contours de la Pangée, cette immense masse continentale qui regroupait alors tous les continents, avant les dinosaures. Cette Pangée abritait, en son centre, des forêts profondes et luxuriantes, théâtre de l'évolution des premières formes de vie terrestre. De la région de Montpellier et Lodève en passant par le Sahara nigérien, du Muséum de Paris au studio numérique du sculpteur, le travail de ces nouveaux "experts" de la préhistoire est passionnant et semé d'embûches. Comment était la vie avant les dinosaures ? Et comment les paléontologues reconstituent-ils cette biodiversité du passé ? Les dinosaures, T-rex, Triceratops, Stegosaurus et autres, sont les stars incontestées de la préhistoire. Pourtant, avant eux, un monde tout aussi fantastique évoluait sur Terre il y a 300 millions d'années. Libellules géantes, salamandres géantes, reptiles cuirassés, cornus, ou à dents de sabre, comment les paléontologues d'aujourd'hui sont-ils capables de redonner vie à ces mondes perdus ? De la recherche sur le terrain à la reconstitution numérique en 3D, le travail des paléontologues s'apparente à une longue enquête policière mais où les victimes dorment ensevelies depuis des millions d'années... Grâce à ces minutieuses investigations, nous commençons seulement à dessiner les contours de la Pangée, cette immense masse continentale qui regroupait alors tous les continents, avant les dinosaures. Cette Pangée abritait, en son centre, des forêts profondes et luxuriantes, théâtre de l'évolution des premières formes de vie terrestre. De la région de Montpellier et Lodève en passant par le Sahara nigérien, du Muséum de Paris au studio numérique du sculpteur, le travail de ces nouveaux "experts" de la préhistoire est passionnant et semé d'embûches. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article438 Wed, 11 Jan 2012 20:30:00 +0100 01:08:01 Agora des Savoirs, Les chemins incertains de l'histoire de la vie sur terre <p>Monique</p> Vianey-Liaud <p>Monique</p> Vianey-Liaud La paléontologie est une discipline scientifique qui a pour objectif général de retracer l'histoire de la vie sur Terre. Mais les indices sont rares et fragmentaires, et il faut faire revivre des organismes disparus il y a des millions voire des milliards d'années, et qu'aucun humain (bien évidemment) ne verra jamais... Pour autant ce n'est pas mission impossible car, même si les incertitudes sont nombreuses, les éléments de l'histoire de la vie au cours du temps long sont étayés par des preuves qui peuvent être vérifiées ou réfutées. Depuis ses prémices, et pendant 4 milliards d'années donc, l'histoire de la vie s'est déroulée à des rythmes variés, en suivant des chemins que nous seuls humains (et plus particulièrement nous, paléontologues) sommes à même de retracer a posteriori : aucun plan préétabli au départ, donc ! Ensuite, des hasards et des contraintes diverses, imprévisibles par qui que ce soit, se mêlent, se succèdent, au fil de l'évolution de la planète et de ses climats, en interactions continuelles avec les mondes vivants... Comprendre cela, c'est mesurer, en quelque sorte, le défi passionnant auquel se mesurent chaque jour les paléontologues du monde entier ! La paléontologie est une discipline scientifique qui a pour objectif général de retracer l'histoire de la vie sur Terre. Mais les indices sont rares et fragmentaires, et il faut faire revivre des organismes disparus il y a des millions voire des milliards d'années, et qu'aucun humain (bien évidemment) ne verra jamais... Pour autant ce n'est pas mission impossible car, même si les incertitudes sont nombreuses, les éléments de l'histoire de la vie au cours du temps long sont étayés par des preuves qui peuvent être vérifiées ou réfutées. Depuis ses prémices, et pendant 4 milliards d'années donc, l'histoire de la vie s'est déroulée à des rythmes variés, en suivant des chemins que nous seuls humains (et plus particulièrement nous, paléontologues) sommes à même de retracer a posteriori : aucun plan préétabli au départ, donc ! Ensuite, des hasards et des contraintes diverses, imprévisibles par qui que ce soit, se mêlent, se succèdent, au fil de l'évolution de la planète et de ses climats, en interactions continuelles avec les mondes vivants... Comprendre cela, c'est mesurer, en quelque sorte, le défi passionnant auquel se mesurent chaque jour les paléontologues du monde entier ! http://paroledechercheurs.net/spip.php?article439 Wed, 04 Jan 2012 20:30:00 +0100 01:12:06 Agora des Savoirs, Certitude et incertitude dans le développement animal <p>Alain</p> Ghysen <p>Alain</p> Ghysen S'il est certain qu'une chatte engendrera toujours des chatons, il est tout aussi évident que le programme de développement n'est pas capable de préciser le sort de chacune des milliards de cellules qui forment ces chatons. Seront décrites quelques-unes des stratégies utilisées pour permettre aux cellules de s'auto-organiser et de générer elles-mêmes, de manière reproductible, des structures ordonnées et efficaces. Nous verrons aussi comment, une fois mis en place, ces systèmes structurants ont été conservés tout au long de l'évolution, témoins de l'unité de la Vie et formant, selon les mots d'Henri Michaux, "une sorte d'alphabet, mais un alphabet qui eût pu servir dans l'autre monde, dans n'importe quel monde". S'il est certain qu'une chatte engendrera toujours des chatons, il est tout aussi évident que le programme de développement n'est pas capable de préciser le sort de chacune des milliards de cellules qui forment ces chatons. Seront décrites quelques-unes des stratégies utilisées pour permettre aux cellules de s'auto-organiser et de générer elles-mêmes, de manière reproductible, des structures ordonnées et efficaces. Nous verrons aussi comment, une fois mis en place, ces systèmes structurants ont été conservés tout au long de l'évolution, témoins de l'unité de la Vie et formant, selon les mots d'Henri Michaux, "une sorte d'alphabet, mais un alphabet qui eût pu servir dans l'autre monde, dans n'importe quel monde". http://paroledechercheurs.net/spip.php?article440 Wed, 14 Dec 2011 20:30:00 +0100 01:09:17 Agora des Savoirs, Le cerveau a-t-il un sexe ? <p>Catherine</p> Vidal <p>Catherine</p> Vidal Avec l'avancée des connaissances en neurosciences, on serait tenté de croire que les idées reçues sur les différences biologiques entre les hommes et les femmes ont été balayées. Or médias et magazines continuent de nous abreuver de vieux clichés qui prétendent que les femmes sont "naturellement" bavardes et incapables de lire une carte routière, alors que les hommes seraient nés bons en maths et compétitifs. Ces discours laissent croire que nos aptitudes et nos personnalités sont câblées dans des structures mentales immuables. Or les progrès des recherches montrent le contraire : le cerveau, grâce à ses formidables propriétés de "plasticité", fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l'apprentissage et de l'expérience vécue. Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences sont présentes dans le cerveau depuis la naissance, ni qu'elles y resteront ! L'objectif de cette conférence est de donner à comprendre le rôle de la biologie mais aussi l'influence de l'environnement social et culturel dans la construction de nos identités d'hommes et de femmes. Avec l'avancée des connaissances en neurosciences, on serait tenté de croire que les idées reçues sur les différences biologiques entre les hommes et les femmes ont été balayées. Or médias et magazines continuent de nous abreuver de vieux clichés qui prétendent que les femmes sont "naturellement" bavardes et incapables de lire une carte routière, alors que les hommes seraient nés bons en maths et compétitifs. Ces discours laissent croire que nos aptitudes et nos personnalités sont câblées dans des structures mentales immuables. Or les progrès des recherches montrent le contraire : le cerveau, grâce à ses formidables propriétés de "plasticité", fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l'apprentissage et de l'expérience vécue. Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences sont présentes dans le cerveau depuis la naissance, ni qu'elles y resteront ! L'objectif de cette conférence est de donner à comprendre le rôle de la biologie mais aussi l'influence de l'environnement social et culturel dans la construction de nos identités d'hommes et de femmes. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article441 Wed, 07 Dec 2011 20:30:00 +0100 50:04 Agora des Savoirs, Les mathématiques ou l'origine des certitudes <p>Ivar</p> Ekeland <p>Ivar</p> Ekeland On n'est sûr de rien, sauf des mathématiques. Mais pourquoi cela ? Et peut-on se tromper en mathématiques ? Peut-on aussi y découvrir du neuf ? Peut-on, encore, en tirer des leçons valables dans d'autres domaines, ou même dans la vie de tous les jours ? En s'appuyant sur un certain nombre d'exemples célèbres tirés de l'histoire des mathématiques (Poincaré et le chaos déterministe, Lebesgue et la pluralité des infinis...), Ivar Ekeland se livre dans cette conférence à une savante et séduisante introduction aux mathématiques ! On n'est sûr de rien, sauf des mathématiques. Mais pourquoi cela ? Et peut-on se tromper en mathématiques ? Peut-on aussi y découvrir du neuf ? Peut-on, encore, en tirer des leçons valables dans d'autres domaines, ou même dans la vie de tous les jours ? En s'appuyant sur un certain nombre d'exemples célèbres tirés de l'histoire des mathématiques (Poincaré et le chaos déterministe, Lebesgue et la pluralité des infinis...), Ivar Ekeland se livre dans cette conférence à une savante et séduisante introduction aux mathématiques ! http://paroledechercheurs.net/spip.php?article442 Wed, 23 Nov 2011 20:30:00 +0100 01:11:14 Agora des Savoirs, Faut-il croire aux univers parallèles ? <p>Thomas</p> Lepeltier <p>Thomas</p> Lepeltier Depuis une trentaine d'années, les concepts d'univers parallèles et de multivers occupent une place croissante en physique et en cosmologie. Dans le sillage des réflexions sur le principe anthropique, on assiste en effet au renforcement de l'idée que notre univers ne serait qu'un élément d'un ensemble très vaste d'univers, tous présentant des caractéristiques légèrement différentes. Certains théoriciens envisagent même que de nouveaux univers se créeraient en permanence, voire qu'il y aurait un processus de sélection naturelle assurant une plus grande prolifération des univers propices au développement de la vie. Que faut-il penser de ces spéculations ? Depuis une trentaine d'années, les concepts d'univers parallèles et de multivers occupent une place croissante en physique et en cosmologie. Dans le sillage des réflexions sur le principe anthropique, on assiste en effet au renforcement de l'idée que notre univers ne serait qu'un élément d'un ensemble très vaste d'univers, tous présentant des caractéristiques légèrement différentes. Certains théoriciens envisagent même que de nouveaux univers se créeraient en permanence, voire qu'il y aurait un processus de sélection naturelle assurant une plus grande prolifération des univers propices au développement de la vie. Que faut-il penser de ces spéculations ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article388 Wed, 09 Nov 2011 20:30:00 +0100 1:00:59 multivers, théories, Agora des Savoirs, Conférence inaugurale : Comment savons-nous ce que nous savons ? <p>Etienne</p> Klein <p>Etienne</p> Klein Ce que nous disent aujourd'hui les physiciens de leurs recherches et découvertes met souvent à mal notre sens commun, nos manières devoir et de nous représenter le monde, bousculent nos évidences... Au fin fond de la physique moderne se trouve l'idée, assez platonicienne, qu'il existe deux mondes distincts : un premier monde fait de concepts, de principes formels, de lois mathématiques, dont l'agencement est censé permettre de comprendre les phénomènes physiques qui se déroulent dans le second monde, qui est le monde empirique. Mais quelle est la nature du lien qui existe entre les théories physiques "qui ont fait leurs preuves" et la réalité ? S'agit-il d'une véritable rencontre ou simplement d'un effleurement ? Et comment s'assurer que les théories physiques ne divaguent pas à propos des objets qu'elles visent ? Inlassable « passeur » des savoirs scientifiques auprès du grand public, ardent défenseur du dialogue des disciplines entre elles, du nécessaire rapprochement entre sciences et humanités, Étienne Klein est aussi depuis l'origine le parrain bienveillant et précieux de l'Agora des savoirs. Ce que nous disent aujourd'hui les physiciens de leurs recherches et découvertes met souvent à mal notre sens commun, nos manières devoir et de nous représenter le monde, bousculent nos évidences... Au fin fond de la physique moderne se trouve l'idée, assez platonicienne, qu'il existe deux mondes distincts : un premier monde fait de concepts, de principes formels, de lois mathématiques, dont l'agencement est censé permettre de comprendre les phénomènes physiques qui se déroulent dans le second monde, qui est le monde empirique. Mais quelle est la nature du lien qui existe entre les théories physiques "qui ont fait leurs preuves" et la réalité ? S'agit-il d'une véritable rencontre ou simplement d'un effleurement ? Et comment s'assurer que les théories physiques ne divaguent pas à propos des objets qu'elles visent ? Inlassable « passeur » des savoirs scientifiques auprès du grand public, ardent défenseur du dialogue des disciplines entre elles, du nécessaire rapprochement entre sciences et humanités, Étienne Klein est aussi depuis l'origine le parrain bienveillant et précieux de l'Agora des savoirs. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article387 Wed, 02 Nov 2011 20:30:00 +0100 1:18:37 savoir, connaissance, Agora des Savoirs,