Saison 05 : un abécédaire de A à Z http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique206 Pour fêter son 5ème anniversaire, et après des saisons consacrées aux origines, aux valeurs, aux (in) certitudes et aux usages des savoirs et des sciences, l’Agora des savoirs adoptera cette fois la forme d’un abécédaire : de A comme Arbre à Z comme Zéro, 24 conférences originales, ludiques et savantes composeront un véritable alphabet des savoirs et des sciences. Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.2.1 [23954] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2014 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) Saison 05 : un abécédaire de A à Z http://paroledechercheurs.net/local/cache-vignettes/L600xH600/rubon206-271c9.jpg?1540351119 http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique206 Z comme Zéro <p>Thomas</p> Hausberger <p>Christine</p> Proust <p>Thomas</p> Hausberger <p>Christine</p> Proust Histoires de zéros Une des traces les plus anciennes de signe écrit représentant un zéro se trouve au Musée du Louvre, sur une tablette d’argile provenant d’Uruk, en Mésopotamie, et datant du troisième siècle avant notre ère. Des précurseurs d’un tel signe, sous la forme de simples espaces vides, sont attestés dans des textes mathématiques mésopotamiens vieux de plus de 4000 ans. Des signes qui peuvent être considérés comme des formes de « zéro » sont apparus dans plusieurs endroits du monde, à des époques différentes : non seulement en Mésopotamie, mais aussi en Inde, en Chine, ou encore en Amérique centrale dans les codex mayas. Ces signes expriment-ils tous la même idée ? Quels sont leurs points communs et leurs différences ? Pourquoi, les premiers, les mathématiciens de Mésopotamie ont-ils inventé un signe pour désigner un chiffre manquant dans un nombre ? Pourquoi à l’inverse les mathématiciens égyptiens n’ont-ils pas eu besoin de signe de cette sorte ? Dans cette conférence, je montrerai la diversité des contextes qui ont vu apparaître des notations que nous appelons aujourd’hui zéro, ainsi que la diversité des notions auxquelles renvoient ces notations (chiffre en position médiane, chiffre en position finale, nombre). Une place particulière sera accordée aux textes mathématiques les plus anciens qui soient parvenus jusqu’à nous, ceux qui ont été écrits sur des tablettes d’argile par des écoliers et des savants en Mésopotamie. Histoires de zéros Une des traces les plus anciennes de signe écrit représentant un zéro se trouve au Musée du Louvre, sur une tablette d’argile provenant d’Uruk, en Mésopotamie, et datant du troisième siècle avant notre ère. Des précurseurs d’un tel signe, sous la forme de simples espaces vides, sont attestés dans des textes mathématiques mésopotamiens vieux de plus de 4000 ans. Des signes qui peuvent être considérés comme des formes de « zéro » sont apparus dans plusieurs endroits du monde, à des époques différentes : non seulement en Mésopotamie, mais aussi en Inde, en Chine, ou encore en Amérique centrale dans les codex mayas. Ces signes expriment-ils tous la même idée ? Quels sont leurs points communs et leurs différences ? Pourquoi, les premiers, les mathématiciens de Mésopotamie ont-ils inventé un signe pour désigner un chiffre manquant dans un nombre ? Pourquoi à l’inverse les mathématiciens égyptiens n’ont-ils pas eu besoin de signe de cette sorte ? Dans cette conférence, je montrerai la diversité des contextes qui ont vu apparaître des notations que nous appelons aujourd’hui zéro, ainsi que la diversité des notions auxquelles renvoient ces notations (chiffre en position médiane, chiffre en position finale, nombre). Une place particulière sera accordée aux textes mathématiques les plus anciens qui soient parvenus jusqu’à nous, ceux qui ont été écrits sur des tablettes d’argile par des écoliers et des savants en Mésopotamie. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article600 Wed, 28 May 2014 20:30:00 +0200 01:30:09 X comme Rayons X <p>Pablo</p> Jensen <p>Stievano</p> Lorenzo <p>Pablo</p> Jensen <p>Stievano</p> Lorenzo Que nous disent les rayons X sur la matière ? Voici cent ans, deux prix Nobel de physique d'affilée furent attribués pour "l'analyse des structures cristallines à l'aide des rayons X". Belle destinée pour des rayons découverts 20 ans plus tôt par Röngten et qui, faute de savoir comment les appeler, leur colla ce nom boîteux. Ces avancées, qualifiées par Albert Einstein de "plus belle découverte de la physique", apportèrent une preuve décisive, aux yeux des scientifiques, de la vision atomique de la matière, qui est enseignée depuis à tous les écoliers. Sans du tout remettre en cause l'importance des expériences ainsi menées, dans quelle mesure peut-on dire que la matière est "vraiment faite d'atomes" ? Qu'est-ce que cela apporte à notre connaissance du monde quotidien ? A quoi servent les atomes ? Que nous disent les rayons X sur la matière ? Voici cent ans, deux prix Nobel de physique d'affilée furent attribués pour "l'analyse des structures cristallines à l'aide des rayons X". Belle destinée pour des rayons découverts 20 ans plus tôt par Röngten et qui, faute de savoir comment les appeler, leur colla ce nom boîteux. Ces avancées, qualifiées par Albert Einstein de "plus belle découverte de la physique", apportèrent une preuve décisive, aux yeux des scientifiques, de la vision atomique de la matière, qui est enseignée depuis à tous les écoliers. Sans du tout remettre en cause l'importance des expériences ainsi menées, dans quelle mesure peut-on dire que la matière est "vraiment faite d'atomes" ? Qu'est-ce que cela apporte à notre connaissance du monde quotidien ? A quoi servent les atomes ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article599 Wed, 21 May 2014 20:30:00 +0200 01:25:13 V/W comme Village <p>Jean-Pierre</p> Le Goff <p>Arnauld</p> Chandivert <p>Jean-Pierre</p> Le Goff <p>Arnauld</p> Chandivert La fin du village, miroir du malaise français Le « village » continue d’être présent dans la mémoire et l’imaginaire des Français, mais le divorce entre le mythe et la réalité n’a jamais été aussi flagrant. À l’heure du « changement » et de la « mondialisation », qu’en est-il de la réalité et de l’avenir des villes et des villages ? À partir d’une enquête menée pendant plusieurs années sur un bourg du Luberon, Jean-Pierre Le Goff, dans son livre La Fin du village. Une histoire française, souligne les fractures sociales et culturelles, les nouveaux défis, à rebours des clichés et d’une vision idéalisée de la Provence. Le « village bariolé » qui succède à l’ancienne collectivité villageoise fait coexister des catégories sociales et des mondes séparés à l’intérieur d’un même espace géographique. La « fin du village » miroir du mal-être français ? Entre nostalgie et fuite en avant, entre anciens et nouveaux habitants, quelles perspectives et quel avenir commun ? La fin du village, miroir du malaise français Le « village » continue d’être présent dans la mémoire et l’imaginaire des Français, mais le divorce entre le mythe et la réalité n’a jamais été aussi flagrant. À l’heure du « changement » et de la « mondialisation », qu’en est-il de la réalité et de l’avenir des villes et des villages ? À partir d’une enquête menée pendant plusieurs années sur un bourg du Luberon, Jean-Pierre Le Goff, dans son livre La Fin du village. Une histoire française, souligne les fractures sociales et culturelles, les nouveaux défis, à rebours des clichés et d’une vision idéalisée de la Provence. Le « village bariolé » qui succède à l’ancienne collectivité villageoise fait coexister des catégories sociales et des mondes séparés à l’intérieur d’un même espace géographique. La « fin du village » miroir du mal-être français ? Entre nostalgie et fuite en avant, entre anciens et nouveaux habitants, quelles perspectives et quel avenir commun ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article585 Wed, 14 May 2014 20:30:00 +0200 02:09:24 U comme Urbanisme <p>Michel</p> Gras <p>Patrick</p> Gilli <p>Michel</p> Gras <p>Patrick</p> Gilli Naissance de l’urbanisme occidental dans la Sicile grecque (en partenariat avec Les Mercredis de l’Antiquité) Les recherches archéologiques de l’Ecole française de Rome sur le site côtier de Mégara Hyblaea en Sicile, à 20 km au Nord de Syracuse, ont depuis 1949 permis de connaître - dans des conditions de conservation exceptionnelles - le plan d’une cité grecque, d’une superficie de 60 hectares à l’intérieur de sa fortification, qui n’a vécu qu’un peu plus de deux siècles (fin du VIIIe- début du Ve siècle avant J.-C). Ce plan montre que l’urbanisme est apparu en Occident dès la fin du VIIIe siècle (donc vers 700 avant notre ère), bien avant Hippodamos de Milet (Ve siècle) qui passait pour l’inventeur de l’urbanisme sur la base d’un texte ambigu d’Aristote. En vérité l’urbanisme, connu dans le Proche et le Moyen-Orient depuis longtemps, a été mis en œuvre à grande échelle, par les Grecs, dans le contexte du phénomène dit de la colonisation grecque, c’est-à-dire au moment de la fondation de villes nouvelles par des émigrés grecs cherchant des terres. Il est donc possible, à partir des témoignages archéologiques, de comprendre comment une cité grecque – une polis – était organisée avec des lots réguliers contenant des pièces d’habitation avec cour et puits, des rues, des espaces publics (dont l’agora), des sanctuaires. Ces découvertes ouvrent des perspectives sur l’organisation de l’espace urbain dans le monde occidental. Naissance de l’urbanisme occidental dans la Sicile grecque (en partenariat avec Les Mercredis de l’Antiquité) Les recherches archéologiques de l’Ecole française de Rome sur le site côtier de Mégara Hyblaea en Sicile, à 20 km au Nord de Syracuse, ont depuis 1949 permis de connaître - dans des conditions de conservation exceptionnelles - le plan d’une cité grecque, d’une superficie de 60 hectares à l’intérieur de sa fortification, qui n’a vécu qu’un peu plus de deux siècles (fin du VIIIe- début du Ve siècle avant J.-C). Ce plan montre que l’urbanisme est apparu en Occident dès la fin du VIIIe siècle (donc vers 700 avant notre ère), bien avant Hippodamos de Milet (Ve siècle) qui passait pour l’inventeur de l’urbanisme sur la base d’un texte ambigu d’Aristote. En vérité l’urbanisme, connu dans le Proche et le Moyen-Orient depuis longtemps, a été mis en œuvre à grande échelle, par les Grecs, dans le contexte du phénomène dit de la colonisation grecque, c’est-à-dire au moment de la fondation de villes nouvelles par des émigrés grecs cherchant des terres. Il est donc possible, à partir des témoignages archéologiques, de comprendre comment une cité grecque – une polis – était organisée avec des lots réguliers contenant des pièces d’habitation avec cour et puits, des rues, des espaces publics (dont l’agora), des sanctuaires. Ces découvertes ouvrent des perspectives sur l’organisation de l’espace urbain dans le monde occidental. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article583 Wed, 23 Apr 2014 20:30:00 +0200 01:34:13 T comme Twitter <p>Mathieu</p> Roche <p>Maguelonne</p> Teisseire <p>Mathieu</p> Roche <p>Maguelonne</p> Teisseire Les réseaux sociaux, structures dynamiques formées d’individus et/ou d’organisations, ont toujours joué un rôle majeur dans nos sociétés. Ils se sont développés et diversifiés avec le Web 2.0 qui ouvre la possibilité aux utilisateurs de créer et de partager du contenu par l’intermédiaire de multiples plates-formes (blogs, micro-blogs, wikis, sites de partage, etc.). Dans ce contexte, le volume sans précédent des données textuelles, leur variété ainsi que le réseau d’interaction des utilisateurs représentent de nouvelles opportunités pour la compréhension du comportement sociétal. L’étude des messages échangés tels que les tweets constitue un nouveau défi dans le domaine de l'extraction de connaissances et plus particulièrement de la fouille de textes. Les nouvelles méthodes mises en oeuvre reposent sur la combinaison d'approches statistiques et linguistiques qui permettent de prendre en compte les spécificités lexicales, syntaxiques voire sémantiques de ces nouveaux modes de communication. Les réseaux sociaux, structures dynamiques formées d’individus et/ou d’organisations, ont toujours joué un rôle majeur dans nos sociétés. Ils se sont développés et diversifiés avec le Web 2.0 qui ouvre la possibilité aux utilisateurs de créer et de partager du contenu par l’intermédiaire de multiples plates-formes (blogs, micro-blogs, wikis, sites de partage, etc.). Dans ce contexte, le volume sans précédent des données textuelles, leur variété ainsi que le réseau d’interaction des utilisateurs représentent de nouvelles opportunités pour la compréhension du comportement sociétal. L’étude des messages échangés tels que les tweets constitue un nouveau défi dans le domaine de l'extraction de connaissances et plus particulièrement de la fouille de textes. Les nouvelles méthodes mises en oeuvre reposent sur la combinaison d'approches statistiques et linguistiques qui permettent de prendre en compte les spécificités lexicales, syntaxiques voire sémantiques de ces nouveaux modes de communication. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article582 Wed, 16 Apr 2014 20:30:00 +0200 01:43:14 S comme Science-fiction et sciences <p>Roland</p> Lehoucq <p>Thierry</p> Brassac <p>Roland</p> Lehoucq <p>Thierry</p> Brassac Les œuvres de science-fiction regorgent de références aux sciences et aux techniques. Les films de SF fournissent de bons prétextes pour aborder les connaissances scientifiques actuelles en réveillant la curiosité, en développant l’esprit critique et la capacité à analyser un problème et, surtout, en s’amusant avec les sciences. Cette démarche sera largement illustrée par des exemples tirés de la fameuse saga cinématographique Star Wars, du blockbuster Avatar ou des films de super-héros. Quelle est la nature de l’Étoile Mystérieuse ? Qu’est-ce que la force qu’utilisent les chevaliers Jedi ? Où se trouve la planète Pandora ? D’où vient la force de Superman ? De façon assez étonnante, ce questionnement transforme le spectateur en un « chercheur » qui mène l’enquête et dont la démarche intellectuelle se rapproche de celle d’un véritable scientifique… Les œuvres de science-fiction regorgent de références aux sciences et aux techniques. Les films de SF fournissent de bons prétextes pour aborder les connaissances scientifiques actuelles en réveillant la curiosité, en développant l’esprit critique et la capacité à analyser un problème et, surtout, en s’amusant avec les sciences. Cette démarche sera largement illustrée par des exemples tirés de la fameuse saga cinématographique Star Wars, du blockbuster Avatar ou des films de super-héros. Quelle est la nature de l’Étoile Mystérieuse ? Qu’est-ce que la force qu’utilisent les chevaliers Jedi ? Où se trouve la planète Pandora ? D’où vient la force de Superman ? De façon assez étonnante, ce questionnement transforme le spectateur en un « chercheur » qui mène l’enquête et dont la démarche intellectuelle se rapproche de celle d’un véritable scientifique… http://paroledechercheurs.net/spip.php?article580 Wed, 09 Apr 2014 20:30:00 +0200 02:01:00 R comme Rhinocéros d’or <p>François-Xavier</p> Fauvelle-Aymar <p>Vincent</p> Challet <p>François-Xavier</p> Fauvelle-Aymar <p>Vincent</p> Challet Le Rhinocéros d’or. En Afrique au Moyen-Âge Les restes engloutis d’une église chrétienne dans le nord du Soudan ; la description d’une ville aux douze mosquées dans un récit arabe consacré aux royaumes du Sahel ; une lettre d’un marchand juif à propos d’une caravane venue du Pays des Noirs. Ou encore la découverte de ballots de coquillages au milieu du Sahara ; l’effigie d’un roi du Mali sur une carte catalane ; les ruines d’une ville de sel ou de corail. Et puis de l’or : un bouclier d’or dans une tombe au Sénégal ; des monnaies d’or trouvées puis perdues dans un monastère chrétien d’Ethiopie ; un rhinocéros d’or pillé puis retrouvé en Afrique du Sud. Autant de fragments, autant de documents qui témoignent de la diversité et de la richesse de l’Afrique au Moyen-Âge. De ces fragments, François-Xavier Fauvelle-Aymar fait un vitrail, qui nous révèle des royaumes de toute taille, des empires de la savane d’Afrique de l’ouest aux principautés côtières du Kenya et de la Tanzanie. Là, entre le VIIIe et le XVe siècle, des rois et des marchands ont accumulé des richesses grâce au grand commerce avec le monde musulman et, plus loin encore, avec l’Inde et la Chine. Là des sociétés qui n’ont que rarement laissé d’écrits ont développé des formes élaborées de pouvoirs et d’architecture, ont laissé des villes et des palais encore enfouis dans la savane ou la mangrove. Guidés par les voyageurs et les géographes anciens, renseignés par les recherches archéologiques récentes, on peut reconstituer l’histoire des siècles d’or de l’Afrique médiévale. Le Rhinocéros d’or. En Afrique au Moyen-Âge Les restes engloutis d’une église chrétienne dans le nord du Soudan ; la description d’une ville aux douze mosquées dans un récit arabe consacré aux royaumes du Sahel ; une lettre d’un marchand juif à propos d’une caravane venue du Pays des Noirs. Ou encore la découverte de ballots de coquillages au milieu du Sahara ; l’effigie d’un roi du Mali sur une carte catalane ; les ruines d’une ville de sel ou de corail. Et puis de l’or : un bouclier d’or dans une tombe au Sénégal ; des monnaies d’or trouvées puis perdues dans un monastère chrétien d’Ethiopie ; un rhinocéros d’or pillé puis retrouvé en Afrique du Sud. Autant de fragments, autant de documents qui témoignent de la diversité et de la richesse de l’Afrique au Moyen-Âge. De ces fragments, François-Xavier Fauvelle-Aymar fait un vitrail, qui nous révèle des royaumes de toute taille, des empires de la savane d’Afrique de l’ouest aux principautés côtières du Kenya et de la Tanzanie. Là, entre le VIIIe et le XVe siècle, des rois et des marchands ont accumulé des richesses grâce au grand commerce avec le monde musulman et, plus loin encore, avec l’Inde et la Chine. Là des sociétés qui n’ont que rarement laissé d’écrits ont développé des formes élaborées de pouvoirs et d’architecture, ont laissé des villes et des palais encore enfouis dans la savane ou la mangrove. Guidés par les voyageurs et les géographes anciens, renseignés par les recherches archéologiques récentes, on peut reconstituer l’histoire des siècles d’or de l’Afrique médiévale. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article579 Wed, 02 Apr 2014 20:30:00 +0200 01:43:32 Q comme Quantique <p>Nicolas</p> Feltin <p>Boris</p> Chenaud <p>Nicolas</p> Feltin <p>Boris</p> Chenaud De nouveaux outils pour la métrologie : de la physique des quantas aux nanotechnologies La métrologie est une discipline essentielle pour la maîtrise des mesurages et pour vérifier la cohérence des résultats expérimentaux effectués entre laboratoires. La principale mission du Laboratoire National de métrologie et d’Essais est d’assurer la mise en œuvre des unités du Système International d'unités (SI) et l'accès des utilisateurs d’instruments aux références métrologiques dont ils ont besoin, dans le cadre d’une traçabilité rigoureusement établie. L’idée d’un système d’unités universel est né sous la Révolution française au travers de la mise en place du système métrique. Depuis cette époque le système d’unités à évoluer et la métrologie a su tirer partie des découvertes de la physique pour élaborer des étalons toujours plus performants, stables et reproductibles. Depuis une quarantaine d’années, la métrologie est marquée par l’introduction de la physique quantique pour établir de nouvelles références dans le domaine du temps/fréquence et de l’électricité/magnétisme. Ce rapprochement entre physique fondamentale et métrologie a permis de renouer avec le vieux rêve de Stoney et Planck d’imaginer un SI fondé sur un nombre restreint de constantes fondamentales. Un certain nombre d’expériences actuellement menées et mettant en œuvre des nanodispositifs permet d’envisager une telle refonte du SI dans un avenir proche. Dans le même temps, le développement des nanotechnologies nécessite de se doter d’outils capables de mesurer les propriétés de la matière à des échelles nanométriques. Cette instrumentation adaptée exige le développement d’une nouvelle métrologie, la nanométrologie, qui se distingue de la métrologie traditionnelle par son aspect multidisciplinaire et qui nécessite l’émergence de nouveaux concepts. De nouveaux outils pour la métrologie : de la physique des quantas aux nanotechnologies La métrologie est une discipline essentielle pour la maîtrise des mesurages et pour vérifier la cohérence des résultats expérimentaux effectués entre laboratoires. La principale mission du Laboratoire National de métrologie et d’Essais est d’assurer la mise en œuvre des unités du Système International d'unités (SI) et l'accès des utilisateurs d’instruments aux références métrologiques dont ils ont besoin, dans le cadre d’une traçabilité rigoureusement établie. L’idée d’un système d’unités universel est né sous la Révolution française au travers de la mise en place du système métrique. Depuis cette époque le système d’unités à évoluer et la métrologie a su tirer partie des découvertes de la physique pour élaborer des étalons toujours plus performants, stables et reproductibles. Depuis une quarantaine d’années, la métrologie est marquée par l’introduction de la physique quantique pour établir de nouvelles références dans le domaine du temps/fréquence et de l’électricité/magnétisme. Ce rapprochement entre physique fondamentale et métrologie a permis de renouer avec le vieux rêve de Stoney et Planck d’imaginer un SI fondé sur un nombre restreint de constantes fondamentales. Un certain nombre d’expériences actuellement menées et mettant en œuvre des nanodispositifs permet d’envisager une telle refonte du SI dans un avenir proche. Dans le même temps, le développement des nanotechnologies nécessite de se doter d’outils capables de mesurer les propriétés de la matière à des échelles nanométriques. Cette instrumentation adaptée exige le développement d’une nouvelle métrologie, la nanométrologie, qui se distingue de la métrologie traditionnelle par son aspect multidisciplinaire et qui nécessite l’émergence de nouveaux concepts. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article578 Wed, 26 Mar 2014 20:30:00 +0100 01:36:05 P comme Porte <p>Pascal</p> Dibie <p>Pascal</p> Dibie Qu’est-ce qu’une porte ? Dans sa définition même elle implique l’existence d’un "dehors", autrement dit de ce qui est "hors de la porte". Nous y sommes : la porte est d’abord vue de l’intérieur de la maison par celui qui s’y inscrit... A partir de là tout est à penser : le dedans, le dehors, l’ouvert, le fermé, le bien-être, le danger, et c’est pour elle que nous nous sommes institués, nous les hommes, en grands paranoïaques autant qu’en dieux et en techniciens ! Pas un lieu où nous avons voulu dormir que nous n’avons barricadé, pas un champ que nous n’avons borné, pas un temple que nous n’avons chargé, pas une famille ni une ville que nous n’avons protégées. Nos portes sont partout, issues étroites ou portes monumentales. Des Magdaléniens d’Etiolles à la porte d’Ishtar à Babylone quelle folie nous a prise ? Portiques grecs, arcs de triomphe romains, Jésus qui prêche aux portes, L’enfer qui s’en invente, notre imaginaire de la porte se construit petit à petit. On arme les châteaux de pont-levis et de symboles, on enclot les femmes et puis on fait des Entrées solennelles, on s’invente des étiquettes autant pour les hommes que pour les livres. On dresse partout des barrières jusqu’à inventer les frontières. La ville s’avance, la société se discipline, se numérote, s’invente des règles qu’elle affiche aux portes : prestige, convenances, mort, on peut tout lire à la porte de nos vies. Le folklore s’est emparé des seuils, a nourri nos croyances et nos étranges rites de passage. Nos semblables d’un ailleurs proche ou lointain n’ont pas fait moins : jnouns et serrures veillent en Afrique pendant qu’en Chine on calcule encore l’orientation des ouvertures et qu’à chaque porte se joue l’équilibre de l’univers entier. En Amazonie la porte est en soi alors qu’en Océanie elle est un long chemin d’alliance. La porte est pour chacun un bonheur et une inquiétude quotidiens tout simplement parce que, de tous nos objets du quotidien, elle représente un monde inépuisable de pensées. Qu’est-ce qu’une porte ? Dans sa définition même elle implique l’existence d’un "dehors", autrement dit de ce qui est "hors de la porte". Nous y sommes : la porte est d’abord vue de l’intérieur de la maison par celui qui s’y inscrit... A partir de là tout est à penser : le dedans, le dehors, l’ouvert, le fermé, le bien-être, le danger, et c’est pour elle que nous nous sommes institués, nous les hommes, en grands paranoïaques autant qu’en dieux et en techniciens ! Pas un lieu où nous avons voulu dormir que nous n’avons barricadé, pas un champ que nous n’avons borné, pas un temple que nous n’avons chargé, pas une famille ni une ville que nous n’avons protégées. Nos portes sont partout, issues étroites ou portes monumentales. Des Magdaléniens d’Etiolles à la porte d’Ishtar à Babylone quelle folie nous a prise ? Portiques grecs, arcs de triomphe romains, Jésus qui prêche aux portes, L’enfer qui s’en invente, notre imaginaire de la porte se construit petit à petit. On arme les châteaux de pont-levis et de symboles, on enclot les femmes et puis on fait des Entrées solennelles, on s’invente des étiquettes autant pour les hommes que pour les livres. On dresse partout des barrières jusqu’à inventer les frontières. La ville s’avance, la société se discipline, se numérote, s’invente des règles qu’elle affiche aux portes : prestige, convenances, mort, on peut tout lire à la porte de nos vies. Le folklore s’est emparé des seuils, a nourri nos croyances et nos étranges rites de passage. Nos semblables d’un ailleurs proche ou lointain n’ont pas fait moins : jnouns et serrures veillent en Afrique pendant qu’en Chine on calcule encore l’orientation des ouvertures et qu’à chaque porte se joue l’équilibre de l’univers entier. En Amazonie la porte est en soi alors qu’en Océanie elle est un long chemin d’alliance. La porte est pour chacun un bonheur et une inquiétude quotidiens tout simplement parce que, de tous nos objets du quotidien, elle représente un monde inépuisable de pensées. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article577 Wed, 19 Mar 2014 20:30:00 +0100 01:36:51 O comme Obsessions <p>Pierre-Henri</p> Castel <p>Jean-Bernard</p> Paturet <p>Pierre-Henri</p> Castel <p>Jean-Bernard</p> Paturet Histoire des obsessions, histoire de l’individu moderne Les « troubles obsessionnels-compulsifs », les TOC, avec leur traitement (psychotropes et « thérapies cognitivo-comportementales », les TCC), sont aujourd'hui bien connus. Mais leurs symptômes souvent spectaculaires, en particulier le sentiment de contrainte à répéter certains gestes ou formules mécaniques, ou, de façon symétrique, l'angoisse de ne pas pouvoir se retenir de commettre un acte horrible, ou de prononcer certaines paroles, intriguent toujours. Car, au rebours de l'idée banale de la folie, les malades ont conscience de l'absurdité de leurs idées « monstrueuses » ou des rituels qu'ils croient efficaces pour les écarter. Pour les neurosciences, la cause est entendue : il s'agit, au moins dans les cas graves, d'une lésion cérébrale subtile (sur laquelle on sait intervenir depuis peu). Je proposerai une approche des obsessions toute différente, historique et anthropologique. L'idée est la suivante : c'est une souffrance psychique et morale qui a pris tout son sens dans notre civilisation, parce qu'elle est indissociable de la formation de l'« individu » en Occident et de la fabrique de son « intériorité ». Ce que j'illustrerai avec trois exemples : l'explosion des obsessions au 17e siècle ; l'invention de la névrose obsessionnelle par Freud ; l'origine et le développement si problématique des TCC des TOC. Les obsessions, ainsi, nous tendent un miroir où se reflète l'histoire de nos âmes tourmentées par la culpabilité et par l'impératif cruel d'être toujours plus « autonomes ». Histoire des obsessions, histoire de l’individu moderne Les « troubles obsessionnels-compulsifs », les TOC, avec leur traitement (psychotropes et « thérapies cognitivo-comportementales », les TCC), sont aujourd'hui bien connus. Mais leurs symptômes souvent spectaculaires, en particulier le sentiment de contrainte à répéter certains gestes ou formules mécaniques, ou, de façon symétrique, l'angoisse de ne pas pouvoir se retenir de commettre un acte horrible, ou de prononcer certaines paroles, intriguent toujours. Car, au rebours de l'idée banale de la folie, les malades ont conscience de l'absurdité de leurs idées « monstrueuses » ou des rituels qu'ils croient efficaces pour les écarter. Pour les neurosciences, la cause est entendue : il s'agit, au moins dans les cas graves, d'une lésion cérébrale subtile (sur laquelle on sait intervenir depuis peu). Je proposerai une approche des obsessions toute différente, historique et anthropologique. L'idée est la suivante : c'est une souffrance psychique et morale qui a pris tout son sens dans notre civilisation, parce qu'elle est indissociable de la formation de l'« individu » en Occident et de la fabrique de son « intériorité ». Ce que j'illustrerai avec trois exemples : l'explosion des obsessions au 17e siècle ; l'invention de la névrose obsessionnelle par Freud ; l'origine et le développement si problématique des TCC des TOC. Les obsessions, ainsi, nous tendent un miroir où se reflète l'histoire de nos âmes tourmentées par la culpabilité et par l'impératif cruel d'être toujours plus « autonomes ». http://paroledechercheurs.net/spip.php?article576 Wed, 26 Feb 2014 20:30:00 +0100 01:59:39 N comme Néolithique <p>Jean</p> Guilaine <p>Xavier</p> Gutherz <p>Jean</p> Guilaine <p>Xavier</p> Gutherz La « révolution néolithique » et les portes de l’Histoire Vers 10 000 ans avant notre ère, en quelques régions du monde, s’opère un profond changement qui va faire de l’homme, jusque-là exclusivement chasseur-cueilleur, un agriculteur et un éleveur. Cette transformation s’accomplit dans un contexte dynamique particulièrement créatif : sédentarisation et premiers villages, domestication des plantes et des animaux, innovations techniques, pression démographique, développement des échanges, transformation des paysages, mais aussi mise en place de nouvelles idéologies et de leurs traductions symboliques, apparition des inégalités sociales. Cette « révolution néolithique » ouvrait ainsi la porte aux premières civilisations historiques : émergence des villes et d’organisations sociales plus intégrées (l’état), progressive artificialisation du milieu et engrenage de la « croissance ». L’orateur évoquera quelques aspects de cette période cruciale qui devait finir par aboutir à une sorte de « domestication » de l’homme lui-même. La « révolution néolithique » et les portes de l’Histoire Vers 10 000 ans avant notre ère, en quelques régions du monde, s’opère un profond changement qui va faire de l’homme, jusque-là exclusivement chasseur-cueilleur, un agriculteur et un éleveur. Cette transformation s’accomplit dans un contexte dynamique particulièrement créatif : sédentarisation et premiers villages, domestication des plantes et des animaux, innovations techniques, pression démographique, développement des échanges, transformation des paysages, mais aussi mise en place de nouvelles idéologies et de leurs traductions symboliques, apparition des inégalités sociales. Cette « révolution néolithique » ouvrait ainsi la porte aux premières civilisations historiques : émergence des villes et d’organisations sociales plus intégrées (l’état), progressive artificialisation du milieu et engrenage de la « croissance ». L’orateur évoquera quelques aspects de cette période cruciale qui devait finir par aboutir à une sorte de « domestication » de l’homme lui-même. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article575 Wed, 19 Feb 2014 20:30:00 +0100 01:56:04 M comme monde <p>Michel</p> Lussault <p>Michel</p> Lussault L’habitation urbaine de la terre Il a fallu un demi-siècle, depuis les années 1960, pour que tout soit bouleversé par l’avènement du Monde. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de dire que le monde a changé puisqu’il n’existait pas en tant que tel (l’espace social d’échelle terrestre) il y a peu de temps encore ! Il est apparu, subvertissant les ordres anciens &mdash; ce qui ne signifie pas qu’il ne soit pas en lien(s) avec ce qui préexistait. Mais le Monde (avec une majuscule) diffère de toutes les situations précédentes, en termes d’organisation des sociétés humaines. Dans cette perspective, la mondialisation est bien plus qu’une simple accentuation de l’internationalisation des fonctionnements des sociétés. Elle bouleverse tout sur son passage et elle construit de nouveaux cadres de vie. Cette conférence souhaite présenter quelques-unes des forces instituantes et imaginantes du Monde, toutes peu ou prou liées à l’urbanisation, car il s’agit d’un processus clef pour comprendre la mondialité et ses territoires et pour bien saisir à quel point nous avons en quelques décennies changés d’époque. Le cœur du propos est de montrer que la mondialisation urbaine se manifeste d’abord par de nouvelles manières d’habiter collectivement la terre. L’habitation urbaine de la terre Il a fallu un demi-siècle, depuis les années 1960, pour que tout soit bouleversé par l’avènement du Monde. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de dire que le monde a changé puisqu’il n’existait pas en tant que tel (l’espace social d’échelle terrestre) il y a peu de temps encore ! Il est apparu, subvertissant les ordres anciens &mdash; ce qui ne signifie pas qu’il ne soit pas en lien(s) avec ce qui préexistait. Mais le Monde (avec une majuscule) diffère de toutes les situations précédentes, en termes d’organisation des sociétés humaines. Dans cette perspective, la mondialisation est bien plus qu’une simple accentuation de l’internationalisation des fonctionnements des sociétés. Elle bouleverse tout sur son passage et elle construit de nouveaux cadres de vie. Cette conférence souhaite présenter quelques-unes des forces instituantes et imaginantes du Monde, toutes peu ou prou liées à l’urbanisation, car il s’agit d’un processus clef pour comprendre la mondialité et ses territoires et pour bien saisir à quel point nous avons en quelques décennies changés d’époque. Le cœur du propos est de montrer que la mondialisation urbaine se manifeste d’abord par de nouvelles manières d’habiter collectivement la terre. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article574 Wed, 12 Feb 2014 20:30:00 +0100 02:01:14 L comme Lanceurs d’alerte <p>Francis</p> Chateaurayaud <p>Scotto d'Apollonia</p> Lionel <p>Francis</p> Chateaurayaud <p>Scotto d'Apollonia</p> Lionel La dynamique des controverses. Une sociologie des processus critiques saisis par leurs rebondissements À partir d’un modèle de balistique sociologique conçu au fil de l’analyse de multiples dossiers de controverse, cette conférence s’intéressera aux processus dynamiques de longue durée par lesquels se forment, et se déforment, des jeux d’acteurs et d’arguments. Elle portera une attention particulière aux points de basculement (turning points) au cours desquels se jouent la trajectoire des causes publiques et la redéfinition des régulations politiques associées aux questions d’expertise, et plus généralement aux technosciences. L’exposé montrera comment les processus d’alerte, les mobilisations collectives, les procédures d’expertise et les jeux institutionnels concourent à la transformation des valeurs, des modes de connaissance et des formes d’expérience pratique portés par les milieux qui se saisissent des conflits et des incertitudes de la « société du risque ». Si les cas du nucléaire, des OGM, du changement climatique et des gaz de schiste donneront lieu à un focus particulier, on privilégiera une approche comparative des configurations engendrées par des dossiers, à la fois proches et différents, comme l’amiante, les pesticides, les nanotechnologies ou encore les ondes électromagnétiques. La dynamique des controverses. Une sociologie des processus critiques saisis par leurs rebondissements À partir d’un modèle de balistique sociologique conçu au fil de l’analyse de multiples dossiers de controverse, cette conférence s’intéressera aux processus dynamiques de longue durée par lesquels se forment, et se déforment, des jeux d’acteurs et d’arguments. Elle portera une attention particulière aux points de basculement (turning points) au cours desquels se jouent la trajectoire des causes publiques et la redéfinition des régulations politiques associées aux questions d’expertise, et plus généralement aux technosciences. L’exposé montrera comment les processus d’alerte, les mobilisations collectives, les procédures d’expertise et les jeux institutionnels concourent à la transformation des valeurs, des modes de connaissance et des formes d’expérience pratique portés par les milieux qui se saisissent des conflits et des incertitudes de la « société du risque ». Si les cas du nucléaire, des OGM, du changement climatique et des gaz de schiste donneront lieu à un focus particulier, on privilégiera une approche comparative des configurations engendrées par des dossiers, à la fois proches et différents, comme l’amiante, les pesticides, les nanotechnologies ou encore les ondes électromagnétiques. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article573 Wed, 05 Feb 2014 20:30:00 +0100 01:56:12 K comme Kitsch <p>Valérie</p> Arrault <p>Karine</p> Pinel <p>Valérie</p> Arrault <p>Karine</p> Pinel Le kitsch, une esthétique sans règles Qui se souvient de la critique sans appel d’Hermann Broch qui définissait l’attitude kitsch comme celle de : « celui qui veut plaire à tout prix et au plus grand nombre » ? Après avoir été ostracisé et remisé au rang de non-art, tout au long de la modernité artistique, le kitsch, à la fin du XXe siècle, se voit attribuer pour sa subversion des anciens critères une reconnaissance inédite par l’industrie culturelle et le marché de l’art contemporain. Un tel renversement des critères serait-il une question à circonscrire aux seuls domaines de l’art et de l’esthétique ? Que le kitsch suscite émotion et plaisir esthétique n’est pas chose nouvelle. Mais que le monde de l’art encense ce qu’il qualifiait de non-art autrefois, témoigne d’une volonté d’éradiquer tout critère de hiérarchie des valeurs. Si la bonne réception du kitsch peut s’examiner à l’aune d’un contexte de profonde mutation culturelle et anthropologique, la conférence l’envisagera également comme un symptôme d’une vision du monde indifférente aux règles épousant en cela la logique culturelle du postmodernisme et celle du système économique néolibéral triomphant. Le kitsch, une esthétique sans règles Qui se souvient de la critique sans appel d’Hermann Broch qui définissait l’attitude kitsch comme celle de : « celui qui veut plaire à tout prix et au plus grand nombre » ? Après avoir été ostracisé et remisé au rang de non-art, tout au long de la modernité artistique, le kitsch, à la fin du XXe siècle, se voit attribuer pour sa subversion des anciens critères une reconnaissance inédite par l’industrie culturelle et le marché de l’art contemporain. Un tel renversement des critères serait-il une question à circonscrire aux seuls domaines de l’art et de l’esthétique ? Que le kitsch suscite émotion et plaisir esthétique n’est pas chose nouvelle. Mais que le monde de l’art encense ce qu’il qualifiait de non-art autrefois, témoigne d’une volonté d’éradiquer tout critère de hiérarchie des valeurs. Si la bonne réception du kitsch peut s’examiner à l’aune d’un contexte de profonde mutation culturelle et anthropologique, la conférence l’envisagera également comme un symptôme d’une vision du monde indifférente aux règles épousant en cela la logique culturelle du postmodernisme et celle du système économique néolibéral triomphant. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article572 Wed, 29 Jan 2014 20:30:00 +0100 01:40:31 J comme Jardins potagers <p>Florent</p> Quellier <p>Michel</p> Chauvet <p>Florent</p> Quellier <p>Michel</p> Chauvet L’histoire d’une société par ses jardins potagers Le jardin potager n’a pas la place de choix qu’il devrait avoir dans nos livres d’histoire. Alors qu’il existe une multitude d’ouvrages sur les jardins exclusivement d’agrément, le potager, un jardin ordinaire vécu quotidiennement, est grandement ignoré, voire mésestimé. Il serait par définition l’espace d’une culture routinière, casanière, non innovante, pire, un archaïsme dans une économie de marché. Et pourtant, la longue histoire du potager est tout autre. Elle est avant tout celle de la modernité, ne serait-ce que par l’acclimatation, l’hybridation et la sélection des plantes. Jardin du quotidien, d’aucuns diraient trivial, destiné à produire les légumes du pot, le potager nous plonge de fait au cœur du fonctionnement d’une société, de ses réussites techniques, de ses peurs et de ses aspirations, de ses imaginaires enfin, de la pauvreté longtemps associée aux légumes à l’excellence sociale des primeurs. Qu’il soit de curé, ouvrier ou de quartier, le jardin potager est manifeste d’un rapport au monde, d’un ordre social réel ou souhaité. Derrière les plates-bandes de choux, de salades et de carottes, l’humble potager répond à des enjeux économiques, sociaux et politiques majeurs, exacerbés lors des crises et des conflits. A ces enjeux historiques, le monde occidental actuel ajoute la question du patrimoine et des espaces récréatifs, sans oublier les préoccupations environnementales. D’ailleurs, entre éco-citoyenneté, développement durable et redécouverte des circuits courts d’approvisionnement, le potager semble bien avoir été ré-enchanté en ce début de XXIe siècle. L’histoire d’une société par ses jardins potagers Le jardin potager n’a pas la place de choix qu’il devrait avoir dans nos livres d’histoire. Alors qu’il existe une multitude d’ouvrages sur les jardins exclusivement d’agrément, le potager, un jardin ordinaire vécu quotidiennement, est grandement ignoré, voire mésestimé. Il serait par définition l’espace d’une culture routinière, casanière, non innovante, pire, un archaïsme dans une économie de marché. Et pourtant, la longue histoire du potager est tout autre. Elle est avant tout celle de la modernité, ne serait-ce que par l’acclimatation, l’hybridation et la sélection des plantes. Jardin du quotidien, d’aucuns diraient trivial, destiné à produire les légumes du pot, le potager nous plonge de fait au cœur du fonctionnement d’une société, de ses réussites techniques, de ses peurs et de ses aspirations, de ses imaginaires enfin, de la pauvreté longtemps associée aux légumes à l’excellence sociale des primeurs. Qu’il soit de curé, ouvrier ou de quartier, le jardin potager est manifeste d’un rapport au monde, d’un ordre social réel ou souhaité. Derrière les plates-bandes de choux, de salades et de carottes, l’humble potager répond à des enjeux économiques, sociaux et politiques majeurs, exacerbés lors des crises et des conflits. A ces enjeux historiques, le monde occidental actuel ajoute la question du patrimoine et des espaces récréatifs, sans oublier les préoccupations environnementales. D’ailleurs, entre éco-citoyenneté, développement durable et redécouverte des circuits courts d’approvisionnement, le potager semble bien avoir été ré-enchanté en ce début de XXIe siècle. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article570 Wed, 22 Jan 2014 20:30:00 +0100 01:55:40 I comme Inégalités <p>Vincent</p> Taissère <p>Thomas</p> Piketty <p>Vincent</p> Taissère <p>Thomas</p> Piketty Le capital au XXIe siècle La répartition des richesses est l’une des questions les plus débattues aujourd’hui. Pour les uns, les inégalités n’en finiraient pas de se creuser dans un monde toujours plus injuste. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts et toute intervention risquerait de perturber cette tendance harmonieuse. Mais que sait-on vraiment de l’évolution des inégalités sur le long terme ? En réalité, les analyses économiques supposées nous éclairer se fondent plus souvent sur des spéculations théoriques que sur des faits établis. Fruit de quinze ans de recherches, cette étude, la plus ambitieuse jamais entreprise sur cette question, s’appuie sur des données historiques et comparatives bien plus vastes que tous les travaux antérieurs. Parcourant trois siècles et plus de vingt pays, elle renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital. Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d’égalisation des conditions sur le long terme, à l’heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques. En tirant de l’expérience des siècles passés des leçons pour l’avenir, les travaux de Thomas Piketty montrent que des moyens existent pour inverser cette tendance. Le capital au XXIe siècle La répartition des richesses est l’une des questions les plus débattues aujourd’hui. Pour les uns, les inégalités n’en finiraient pas de se creuser dans un monde toujours plus injuste. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts et toute intervention risquerait de perturber cette tendance harmonieuse. Mais que sait-on vraiment de l’évolution des inégalités sur le long terme ? En réalité, les analyses économiques supposées nous éclairer se fondent plus souvent sur des spéculations théoriques que sur des faits établis. Fruit de quinze ans de recherches, cette étude, la plus ambitieuse jamais entreprise sur cette question, s’appuie sur des données historiques et comparatives bien plus vastes que tous les travaux antérieurs. Parcourant trois siècles et plus de vingt pays, elle renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital. Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d’égalisation des conditions sur le long terme, à l’heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques. En tirant de l’expérience des siècles passés des leçons pour l’avenir, les travaux de Thomas Piketty montrent que des moyens existent pour inverser cette tendance. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article569 Wed, 15 Jan 2014 20:30:00 +0100 02:11:07 H comme Homo historicus <p>Christophe</p> Charle <p>Pierre-Yves</p> Lacour <p>Christophe</p> Charle <p>Pierre-Yves</p> Lacour La modernité, une idée neuve de l’histoire ? Les historiens mais aussi tous ceux qui réfléchissent sur le cours de l’histoire ont fréquemment recours à la catégorie commode, et apparemment claire de « modernité », conception d’un temps historique orienté vers un sens en général positif mais aussi, de plus en plus depuis plusieurs décennies anxiogène. Cette représentation du temps historique a elle aussi une histoire : sa genèse et son imposition de plus en plus large dans l’opinion savante ou non sont passée par des phases distinctes qu’on s’efforcera de retracer et d’expliquer. On n’hésitera pas pour cela à remonter beaucoup plus haut dans le temps qu’on ne le fait d’ordinaire. La représentation commune des manuels et des histoires reçues affirmerait sans doute que la vraie modernité n’est pas celle-là, mais celle qui émerge à nouveau au lendemain des tables rases de l’après Seconde Guerre mondiale, dans l’ivresse modernisatrice des « trente glorieuses », dans l’exaltation de la « révolution scientifique et technique » ou des nouvelles technologies de l’information, dans les multiples prédictions d’abondance des futurologues, dans les utopies libératrices des années soixante, ou les brèves illusions de l’après-communisme sur la « fin de l’histoire », voire dans le discours lui aussi déjà largement remis en cause de divers côtés de la « mondialisation », ou de la « globalisation » heureuse, selon que l’on parle français ou franglais. On réfléchira également à ce nouveau cycle de la modernité récente en tâchant de l’éclairer par le premier cycle plus ancien du XIXe siècle. La modernité, une idée neuve de l’histoire ? Les historiens mais aussi tous ceux qui réfléchissent sur le cours de l’histoire ont fréquemment recours à la catégorie commode, et apparemment claire de « modernité », conception d’un temps historique orienté vers un sens en général positif mais aussi, de plus en plus depuis plusieurs décennies anxiogène. Cette représentation du temps historique a elle aussi une histoire : sa genèse et son imposition de plus en plus large dans l’opinion savante ou non sont passée par des phases distinctes qu’on s’efforcera de retracer et d’expliquer. On n’hésitera pas pour cela à remonter beaucoup plus haut dans le temps qu’on ne le fait d’ordinaire. La représentation commune des manuels et des histoires reçues affirmerait sans doute que la vraie modernité n’est pas celle-là, mais celle qui émerge à nouveau au lendemain des tables rases de l’après Seconde Guerre mondiale, dans l’ivresse modernisatrice des « trente glorieuses », dans l’exaltation de la « révolution scientifique et technique » ou des nouvelles technologies de l’information, dans les multiples prédictions d’abondance des futurologues, dans les utopies libératrices des années soixante, ou les brèves illusions de l’après-communisme sur la « fin de l’histoire », voire dans le discours lui aussi déjà largement remis en cause de divers côtés de la « mondialisation », ou de la « globalisation » heureuse, selon que l’on parle français ou franglais. On réfléchira également à ce nouveau cycle de la modernité récente en tâchant de l’éclairer par le premier cycle plus ancien du XIXe siècle. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article562 Wed, 08 Jan 2014 20:30:00 +0100 01:47:24 G comme Genre <p>Geneviève</p> Fraisse <p>Geneviève</p> Fraisse Entre l’invention remarquable du concept de genre et le modèle usagé de la dualité nature/culture, il faut faire place à un questionnement propice à l’historicité, à l’histoire possible des sexes. Entre l’ambition conceptuelle et la ritournelle anthropologique, on peut tracer un chemin qui ne soit pas seulement à rebours : le social fabriquant le biologique, l’identité triomphant du politique. Comment l’historicité peut-elle alors déjouer le rappel permanent de l’atemporalité des sexes, l’injonction à la répétition immuable de leur rapport ; comment permet-elle d’échapper à la « ritournelle » ? "La réflexion sur la question "sexe/genre" a pour ambition de constituer un champ de connaissances qui croise l'ontologie et le politique, les identités et les conflits, la domination et l'émancipation. Lire l'histoire des émancipations à l'ère démocratique conduit à souligner les moments de rupture historique, mais aussi les contretemps de cette histoire. L'émancipation des femmes, accompagnerait la dynamique démocratique. Or, réfléchir à ses contretemps met en perspective une généalogie politique surprenante : condition ou conséquence, instrument ou mesure, nécessité ou moyen d'échange. Geneviève Fraisse est notamment l’auteur de La Fabrique du féminisme (textes et entretiens, Le Passager clandestin, 2012), À côté du genre, sexe et philosophie de l’égalité (Le Bord de l’eau, 2010) et de Muse de la raison, la démocratie exclusive et la différence des sexes (Folio Gallimard, 1995). Geneviève Fraisse a co-dirigé Histoire des femmes en occident, volume 4 (XIXe siècle), sous la direction de G. Duby et M. Perrot (Tempus, 2002) Entre l’invention remarquable du concept de genre et le modèle usagé de la dualité nature/culture, il faut faire place à un questionnement propice à l’historicité, à l’histoire possible des sexes. Entre l’ambition conceptuelle et la ritournelle anthropologique, on peut tracer un chemin qui ne soit pas seulement à rebours : le social fabriquant le biologique, l’identité triomphant du politique. Comment l’historicité peut-elle alors déjouer le rappel permanent de l’atemporalité des sexes, l’injonction à la répétition immuable de leur rapport ; comment permet-elle d’échapper à la « ritournelle » ? "La réflexion sur la question "sexe/genre" a pour ambition de constituer un champ de connaissances qui croise l'ontologie et le politique, les identités et les conflits, la domination et l'émancipation. Lire l'histoire des émancipations à l'ère démocratique conduit à souligner les moments de rupture historique, mais aussi les contretemps de cette histoire. L'émancipation des femmes, accompagnerait la dynamique démocratique. Or, réfléchir à ses contretemps met en perspective une généalogie politique surprenante : condition ou conséquence, instrument ou mesure, nécessité ou moyen d'échange. Geneviève Fraisse est notamment l’auteur de La Fabrique du féminisme (textes et entretiens, Le Passager clandestin, 2012), À côté du genre, sexe et philosophie de l’égalité (Le Bord de l’eau, 2010) et de Muse de la raison, la démocratie exclusive et la différence des sexes (Folio Gallimard, 1995). Geneviève Fraisse a co-dirigé Histoire des femmes en occident, volume 4 (XIXe siècle), sous la direction de G. Duby et M. Perrot (Tempus, 2002) http://paroledechercheurs.net/spip.php?article564 Wed, 18 Dec 2013 20:30:00 +0100 01:53:52 F comme Femmes de science <p>Muriel</p> Guedj <p>Anne-Sophie</p> Godfroy <p>Muriel</p> Guedj <p>Anne-Sophie</p> Godfroy Le champ de recherche « genre et sciences » a contribué à redéfinir l’histoire et la philosophie des sciences, les sciences elles-mêmes, et à introduire de nouvelles méthodologies. L’histoire des femmes scientifiques, illustrée par les travaux de Margaret Rossiter, a rendu visibles les femmes en sciences. Au fil du travail de recherche biographique et des portraits de femmes scientifiques, des facettes peu explorées de l’activité scientifique sont apparues, comme le rôle joué par les techniciennes de laboratoire, par les personnes sans postes définis ou permanents, les conjointes, etc… ce qui a conduit à réévaluer leur importance et à redéfinir les frontières de l’activité scientifique. Cette visibilité a permis une meilleure compréhension du rôle que jouent les relations de genre dans la fabrique de la science. L’article de Margaret Rossiter sur “L’effet Matthieu/Matilda” cherche à comprendre pourquoi les femmes sont invisibles. Dans un même effort de compréhension du “pourquoi”, la théorie du point de vue a montré comment l’appartenance à un groupe dominant ou marginalisé influe sur les points de vue et la visibilité des travaux scientifiques, remettant en cause une supposée objectivité scientifique. La notion d’ « objectivité forte » et les travaux de Sandra Harding cherchent à introduire le point de vue des personnes marginalisées pour retrouver une science plus objective. Cette ambition d’utiliser le genre pour une “meilleure” science nous conduit à un troisième moment, très récent. Il s’agit d’introduire une perpective de sexe ou de genre dans les sciences et techniques elles-mêmes, comme ressource pour innover. Le projet “Gendered Innovations”, financé par l’Union Européenne, propose aux scientifiques et aux ingénieurs de nouveaux outils et méthodologies pour introduire le sexe et le genre dans leur recherche comme opérateurs d’innovation, et décline des études de cas dans tous les domaines scientifiques et techniques. Le champ de recherche « genre et sciences » a contribué à redéfinir l’histoire et la philosophie des sciences, les sciences elles-mêmes, et à introduire de nouvelles méthodologies. L’histoire des femmes scientifiques, illustrée par les travaux de Margaret Rossiter, a rendu visibles les femmes en sciences. Au fil du travail de recherche biographique et des portraits de femmes scientifiques, des facettes peu explorées de l’activité scientifique sont apparues, comme le rôle joué par les techniciennes de laboratoire, par les personnes sans postes définis ou permanents, les conjointes, etc… ce qui a conduit à réévaluer leur importance et à redéfinir les frontières de l’activité scientifique. Cette visibilité a permis une meilleure compréhension du rôle que jouent les relations de genre dans la fabrique de la science. L’article de Margaret Rossiter sur “L’effet Matthieu/Matilda” cherche à comprendre pourquoi les femmes sont invisibles. Dans un même effort de compréhension du “pourquoi”, la théorie du point de vue a montré comment l’appartenance à un groupe dominant ou marginalisé influe sur les points de vue et la visibilité des travaux scientifiques, remettant en cause une supposée objectivité scientifique. La notion d’ « objectivité forte » et les travaux de Sandra Harding cherchent à introduire le point de vue des personnes marginalisées pour retrouver une science plus objective. Cette ambition d’utiliser le genre pour une “meilleure” science nous conduit à un troisième moment, très récent. Il s’agit d’introduire une perpective de sexe ou de genre dans les sciences et techniques elles-mêmes, comme ressource pour innover. Le projet “Gendered Innovations”, financé par l’Union Européenne, propose aux scientifiques et aux ingénieurs de nouveaux outils et méthodologies pour introduire le sexe et le genre dans leur recherche comme opérateurs d’innovation, et décline des études de cas dans tous les domaines scientifiques et techniques. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article563 Wed, 11 Dec 2013 20:30:00 +0100 01:33:24 E comme Écrire <p>Jean-Claude</p> Monod <p>Julien</p> Peronnet <p>Jean-Claude</p> Monod <p>Julien</p> Peronnet Le surprenant triomphe de l’écriture Il n’y a pas si longtemps, on a pu penser et annoncer que non seulement le livre mais l’écrit en général seraient promis à une disparition inéluctable avec le développement de nouveaux médias audiovisuels, - téléphone, télévision, vidéoconférence, webcam… Et nous vivons assurément un bouleversement de la civilisation de l’imprimé : le livre classique, les journaux connaissent une érosion et un déclin certains, au profit de formes électroniques (sites web, e-books, échanges de vidéos…). Mais tout se passe comme si l’écriture, elle, s’était émancipée du livre et de l’imprimé et connaissait une nouvelle vie avec ces nouveaux supports : emails sur les ordinateurs et maintenant les tablettes, textos ou sms sur les téléphones mobiles et les smartphones, « statuts » et commentaires sur les réseaux sociaux, tweets... Loin d’une disparition de l’écriture, on assiste plutôt à la démultiplication de ses formes (brèves de préférence). On peut dire qu’on n’a jamais autant écrit qu’aujourd’hui, mais cette graphomanie défie ou détruit les normes de la grammaire et de l’orthographe, les conventions de la « belle écriture », les partages entre « lettré » et « vulgaire », savant et profane… Quels sont les effets de cette métamorphose de l’écriture pour nos manières de communiquer, d’apprendre, de penser, d’aimer peut-être ? Le surprenant triomphe de l’écriture Il n’y a pas si longtemps, on a pu penser et annoncer que non seulement le livre mais l’écrit en général seraient promis à une disparition inéluctable avec le développement de nouveaux médias audiovisuels, - téléphone, télévision, vidéoconférence, webcam… Et nous vivons assurément un bouleversement de la civilisation de l’imprimé : le livre classique, les journaux connaissent une érosion et un déclin certains, au profit de formes électroniques (sites web, e-books, échanges de vidéos…). Mais tout se passe comme si l’écriture, elle, s’était émancipée du livre et de l’imprimé et connaissait une nouvelle vie avec ces nouveaux supports : emails sur les ordinateurs et maintenant les tablettes, textos ou sms sur les téléphones mobiles et les smartphones, « statuts » et commentaires sur les réseaux sociaux, tweets... Loin d’une disparition de l’écriture, on assiste plutôt à la démultiplication de ses formes (brèves de préférence). On peut dire qu’on n’a jamais autant écrit qu’aujourd’hui, mais cette graphomanie défie ou détruit les normes de la grammaire et de l’orthographe, les conventions de la « belle écriture », les partages entre « lettré » et « vulgaire », savant et profane… Quels sont les effets de cette métamorphose de l’écriture pour nos manières de communiquer, d’apprendre, de penser, d’aimer peut-être ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article561 Wed, 04 Dec 2013 20:30:00 +0100 01:42:42 D comme Dinosaures <p>Ronan</p> Allain <p>Ronan</p> Allain De simples dinosaures ! Récentes avancées dans le débat sur l'origine dinosaurienne des oiseaux La paléontologie est avant tout une science de terrain, et les grandes avancées dans la compréhension de l'histoire du vivant restent conditionnées à la découverte de nouveaux fossiles. Ainsi, le regard porté sur les dinosaures a considérablement changé ces vingt dernières années. Du statut de gros reptiles voués à disparaitre, juste à bons à frapper l'imagination populaire, ils ont acquis celui de véritable succès évolutif. On sait qu'ils constituent aujourd'hui l'un des groupes de vertébrés les plus diversifiés : celui des oiseaux. Le débat sur l’origine des oiseaux occupe les paléontologues depuis près de deux siècles. La multiplication des découvertes de nouveaux fossiles, en particulier celle des dinosaures à plumes chinois, sont venus conforter et valider l’hypothèse d’une origine dinosaurienne des oiseaux. L’acquisition des caractères aviens est le fruit d’une évolution en mosaïque. De simples dinosaures ! Récentes avancées dans le débat sur l'origine dinosaurienne des oiseaux La paléontologie est avant tout une science de terrain, et les grandes avancées dans la compréhension de l'histoire du vivant restent conditionnées à la découverte de nouveaux fossiles. Ainsi, le regard porté sur les dinosaures a considérablement changé ces vingt dernières années. Du statut de gros reptiles voués à disparaitre, juste à bons à frapper l'imagination populaire, ils ont acquis celui de véritable succès évolutif. On sait qu'ils constituent aujourd'hui l'un des groupes de vertébrés les plus diversifiés : celui des oiseaux. Le débat sur l’origine des oiseaux occupe les paléontologues depuis près de deux siècles. La multiplication des découvertes de nouveaux fossiles, en particulier celle des dinosaures à plumes chinois, sont venus conforter et valider l’hypothèse d’une origine dinosaurienne des oiseaux. L’acquisition des caractères aviens est le fruit d’une évolution en mosaïque. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article560 Wed, 27 Nov 2013 20:30:00 +0100 53:44 C comme Chaos <p>Gilles</p> Kepel <p>Gilles</p> Kepel Chaos : chronique des révolutions arabes Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, une ville du centre de la Tunisie, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes, s'immole par le feu - et embrase le monde arabe. Les régimes de Ben Ali, Moubarak, Kadhafi sont précipités dans les flammes, et l'incendie porte à Bahreïn, au Yémen et jusqu'en Syrie. En deux ans, les révolutions ont abattu des dictatures, mais fréquemment porté au pouvoir les Frères musulmans. Le salafisme prolifère, nourri du désenchantement de jeunes et de déshérités dont la pauvreté s'est accrue. Et al-Qaida, qu'on croyait enterrée, resurgit de la Syrie au Mali. Que sont devenues la liberté, la démocratie, la justice sociale revendiquées par les « printemps arabes » ? Quel est le rôle des pétromonarchies du Golfe dans l'arrivée au pouvoir des partis islamistes ? Pourquoi le conflit entre sunnites et chiites est-il en train de détourner l'énergie des révolutions, tandis que la Syrie s'enfonce dans des souffrances inouïes ? Gilles Kepel, familier du monde arabe depuis quatre décennies, est retourné partout - Palestine, Israël, Égypte, Tunisie, Libye, Oman, Yémen, Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite, Liban, Turquie, Syrie - et a rencontré tout le monde - salafistes et laïcs, Frères musulmans et militaires, djihadistes et intellectuels, ministres et fellahs, diplômés-chômeurs et rentiers de l'or noir... Chaos : chronique des révolutions arabes Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, une ville du centre de la Tunisie, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes, s'immole par le feu - et embrase le monde arabe. Les régimes de Ben Ali, Moubarak, Kadhafi sont précipités dans les flammes, et l'incendie porte à Bahreïn, au Yémen et jusqu'en Syrie. En deux ans, les révolutions ont abattu des dictatures, mais fréquemment porté au pouvoir les Frères musulmans. Le salafisme prolifère, nourri du désenchantement de jeunes et de déshérités dont la pauvreté s'est accrue. Et al-Qaida, qu'on croyait enterrée, resurgit de la Syrie au Mali. Que sont devenues la liberté, la démocratie, la justice sociale revendiquées par les « printemps arabes » ? Quel est le rôle des pétromonarchies du Golfe dans l'arrivée au pouvoir des partis islamistes ? Pourquoi le conflit entre sunnites et chiites est-il en train de détourner l'énergie des révolutions, tandis que la Syrie s'enfonce dans des souffrances inouïes ? Gilles Kepel, familier du monde arabe depuis quatre décennies, est retourné partout - Palestine, Israël, Égypte, Tunisie, Libye, Oman, Yémen, Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite, Liban, Turquie, Syrie - et a rencontré tout le monde - salafistes et laïcs, Frères musulmans et militaires, djihadistes et intellectuels, ministres et fellahs, diplômés-chômeurs et rentiers de l'or noir... http://paroledechercheurs.net/spip.php?article559 Wed, 20 Nov 2013 20:30:00 +0100 01:55:39 B comme Big Bang <p>Denis</p> Puy <p>Aurélien</p> Barrau <p>Denis</p> Puy <p>Aurélien</p> Barrau Du Big Bang aux trous noirs, en passant par les univers parallèles… Seront présentées lors de cette soirée les avancées récentes en cosmologie physique. Seront parcourus les différents visages de l'Univers et les théories qui sous-tendent notre compréhension contemporaine, des trous noirs au Big Bang, de la relativité générale au satellite Planck et à l'accélérateur LHC. Il s'agira de comprendre le microcosme pour aborder le macrocosme. De cerner des concepts de la physique des particules pour faire face à l'accélération de l'expansion cosmologique. Mais des difficultés ébranlent aussi ce paradigme : matière noire, énergie noire et singularités… Jusqu'à la révolution que pourrait constituer l'existence d'univers multiples, qui sera abordée en guise de conclusion et d'ouverture philosophique. En termes simples et accessibles à tous, une interrogation d’ordre proprement métaphysique surgira ainsi, en contrepoint de l'exposé scientifique… Du Big Bang aux trous noirs, en passant par les univers parallèles… Seront présentées lors de cette soirée les avancées récentes en cosmologie physique. Seront parcourus les différents visages de l'Univers et les théories qui sous-tendent notre compréhension contemporaine, des trous noirs au Big Bang, de la relativité générale au satellite Planck et à l'accélérateur LHC. Il s'agira de comprendre le microcosme pour aborder le macrocosme. De cerner des concepts de la physique des particules pour faire face à l'accélération de l'expansion cosmologique. Mais des difficultés ébranlent aussi ce paradigme : matière noire, énergie noire et singularités… Jusqu'à la révolution que pourrait constituer l'existence d'univers multiples, qui sera abordée en guise de conclusion et d'ouverture philosophique. En termes simples et accessibles à tous, une interrogation d’ordre proprement métaphysique surgira ainsi, en contrepoint de l'exposé scientifique… http://paroledechercheurs.net/spip.php?article558 Wed, 13 Nov 2013 20:30:00 +0100 01:42:42 A comme Arbre <p>Francis</p> Hallé <p>Doyle</p> McKey <p>Francis</p> Hallé <p>Doyle</p> McKey Après 50 ans de découvertes, les arbres ne sont plus comme les voyaient nos grands-parents ; d’où mon titre « Un arbre tout neuf ». Une réussite biologique à l’échelle mondiale ; un effectif de 70 000 espèces, augmentant chaque année par la découverte d’arbres nouveaux dans les Tropiques. Les forêts tropicales contiennent les formes ancestrales et arborescentes des herbes d’Europe : pervenches, myosotis, et pâquerettes. Les êtres vivants les plus grands et ceux qui vivent le plus longtemps sont et ont toujours été des arbres, les records actuels étant de 130 mètres et de 43 000 ans. Arbres et forêts existent depuis le Dévonien (350 millions d’années), alors que l’Homme n’a que 150 mille ans. Il est cocasse que ce « nouveau venu » se donne le beau rôle : il faut, dit-il, tailler les arbres sinon ils dépérissent, et exploiter les forêts sinon elles disparaissent. C’est un contresens de tailler les arbres en ville pour éviter que, devenant trop grands, ils ne deviennent dangereux, car c’est de tailler les arbres qui les rend dangereux, en ouvrant la porte aux pathogènes. Y a-t-il une différence entre tailler la branche d’un arbre et couper la patte d’un chien ? Un bon sujet de réflexion. Lorsque l’on plante des arbres en ville en leur laissant la place dont ils auront besoin dans l’avenir, les tailler est inutile. En arboriculture fruitière, tailler est utile pour obtenir des fruits abondants, mais c’est à notre avantage : l’arbre lui-même n’a nul besoin d’être taillé. L’homme est le seul ennemi de l’arbre ; un paradoxe puisque nos ancêtres étaient arboricoles, comme Darwin l’avait compris. L’arbre a des sensibilités inattendues, récemment découvertes ; sensibilité à l’attraction lunaire et aux variations du champ magnétique terrestre ; en revanche il aurait une forte résilience à la radioactivité. On sait depuis peu que les arbres communiquent entre eux par voie aérienne, de même qu’ils communiquent avec les animaux et même avec l’atmosphère. Ils ont des « feuilles souterraines » et communiquent entre eux dans le sol grâce aux champignons symbiotes. La forme 3D d’un arbre est contrôlée par ses gènes ; dans la cime de vieux arbres coexistent des variants du génome. Des gènes peuvent passer d’un arbre à l’autre par des voies non sexuelles : ces « transferts horizontaux » entraîneraient des convergences de formes entre espèces différentes. Les arbres épurent l’air que nous respirons et peuvent induire une sensation d’euphorie. Jouant un rôle dans notre santé, ils sont capables de diminuer les violences urbaines, d’accroître le lien social et de réduire l’exclusion. Les arbres le long des routes ? Les conclusions sont surprenantes. Eloge du vieil arbre : plus il est grand, mieux il remplit ses fonctions écologiques. « Place aux jeunes » est valable pour nos sociétés : l’appliquer aux arbres est absurde. Grâce aux arbres, nous renouons avec le temps long, avec l’altérité et la non-violence invincible de Gandhi ; ils ouvrent sur l’esthétique, l’art, la poésie, la spiritualité et les religions. Beaux, utiles, sobres, autonomes, discrets et non-violents, ils sont nos meilleurs alliés contre les perturbations écologiques et les meilleurs antidotes contre les contraintes de la vie moderne : fric, frime, vitesse, béton, bitume, bagnoles. Nous ferions bien de nous inspirer des arbres. Après 50 ans de découvertes, les arbres ne sont plus comme les voyaient nos grands-parents ; d’où mon titre « Un arbre tout neuf ». Une réussite biologique à l’échelle mondiale ; un effectif de 70 000 espèces, augmentant chaque année par la découverte d’arbres nouveaux dans les Tropiques. Les forêts tropicales contiennent les formes ancestrales et arborescentes des herbes d’Europe : pervenches, myosotis, et pâquerettes. Les êtres vivants les plus grands et ceux qui vivent le plus longtemps sont et ont toujours été des arbres, les records actuels étant de 130 mètres et de 43 000 ans. Arbres et forêts existent depuis le Dévonien (350 millions d’années), alors que l’Homme n’a que 150 mille ans. Il est cocasse que ce « nouveau venu » se donne le beau rôle : il faut, dit-il, tailler les arbres sinon ils dépérissent, et exploiter les forêts sinon elles disparaissent. C’est un contresens de tailler les arbres en ville pour éviter que, devenant trop grands, ils ne deviennent dangereux, car c’est de tailler les arbres qui les rend dangereux, en ouvrant la porte aux pathogènes. Y a-t-il une différence entre tailler la branche d’un arbre et couper la patte d’un chien ? Un bon sujet de réflexion. Lorsque l’on plante des arbres en ville en leur laissant la place dont ils auront besoin dans l’avenir, les tailler est inutile. En arboriculture fruitière, tailler est utile pour obtenir des fruits abondants, mais c’est à notre avantage : l’arbre lui-même n’a nul besoin d’être taillé. L’homme est le seul ennemi de l’arbre ; un paradoxe puisque nos ancêtres étaient arboricoles, comme Darwin l’avait compris. L’arbre a des sensibilités inattendues, récemment découvertes ; sensibilité à l’attraction lunaire et aux variations du champ magnétique terrestre ; en revanche il aurait une forte résilience à la radioactivité. On sait depuis peu que les arbres communiquent entre eux par voie aérienne, de même qu’ils communiquent avec les animaux et même avec l’atmosphère. Ils ont des « feuilles souterraines » et communiquent entre eux dans le sol grâce aux champignons symbiotes. La forme 3D d’un arbre est contrôlée par ses gènes ; dans la cime de vieux arbres coexistent des variants du génome. Des gènes peuvent passer d’un arbre à l’autre par des voies non sexuelles : ces « transferts horizontaux » entraîneraient des convergences de formes entre espèces différentes. Les arbres épurent l’air que nous respirons et peuvent induire une sensation d’euphorie. Jouant un rôle dans notre santé, ils sont capables de diminuer les violences urbaines, d’accroître le lien social et de réduire l’exclusion. Les arbres le long des routes ? Les conclusions sont surprenantes. Eloge du vieil arbre : plus il est grand, mieux il remplit ses fonctions écologiques. « Place aux jeunes » est valable pour nos sociétés : l’appliquer aux arbres est absurde. Grâce aux arbres, nous renouons avec le temps long, avec l’altérité et la non-violence invincible de Gandhi ; ils ouvrent sur l’esthétique, l’art, la poésie, la spiritualité et les religions. Beaux, utiles, sobres, autonomes, discrets et non-violents, ils sont nos meilleurs alliés contre les perturbations écologiques et les meilleurs antidotes contre les contraintes de la vie moderne : fric, frime, vitesse, béton, bitume, bagnoles. Nous ferions bien de nous inspirer des arbres. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article555 Wed, 06 Nov 2013 20:30:00 +0100 01:43:02