Saison 06 : (R)évolution(s) http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique218 Déjà cinq ans d’existence et l’Agora des Savoirs repart pour une 6e saison. Grâce à l’aide d’un conseil scientifique composé désormais d’une quarantaine d’universitaires montpelliérains, cette manifestation populaire ouvre, cette année encore, une fenêtre sur les connaissances scientifiques et les dernières avancées de la recherche. Cette année, 24 conférences, à une ou deux voix, seront l’occasion d’explorer le thème des (R)évolutions : certaines évoqueront les crises, bouleversements ou lentes transformations qui ont abouti à l’apparition du monde qui est le nôtre ; d’autres interrogeront la constitution et l’évolution des savoirs et des sciences, l’idée de « révolution scientifique » et de « révolution artistique » ; d’autres enfin tenteront de mieux cerner les enjeux et défis du monde qui vient, ses incertitudes et ses espoirs. Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.2.1 [23954] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2015 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) Saison 06 : (R)évolution(s) http://paroledechercheurs.net/local/cache-vignettes/L600xH600/rubon218-ed79b.jpg?1540351147 http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique218 Des femmes rebelles, Olympe de Gouges, Flora Tristan, George Sand <p>Marie-Eve</p> Thérenty <p>Michelle</p> Perrot <p>Marie-Eve</p> Thérenty <p>Michelle</p> Perrot Michelle Perrot rend hommage à trois figures féminines du XVIIIe et XIXe siècle. Trois femmes de lettres qui ont marqué leur époque en s’engageant contre la violence de l’ordre établi. Trois vies soumises à la brutalité de l’opinion publique et de la sphère privée. Olympe De Gouges (1748-1793), auteur de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », rabaissée, méprisée puis guillotinée à la sortie de la Révolution qu’elle avait tant souhaitée. Flora Tristan (1803-1844), harcelée à mort par son mari, voyageuse infatigable (Pérou, Angleterre…), qui avait pour ambition d’unifier le monde ouvrier. George Sand (1804-1876), « l’égérie de la révolution de 1848 », amie de Balzac, Dumas, Flaubert et pourtant dédaignée, par misogynie et jalousie, par une grande partie de la société. Dans ses portraits enrichis des textes des trois auteurs, Michelle Perrot réhabilite la mémoire et l’héritage de personnalités longtemps oubliées et qui ont tant contribué à la cause des femmes. Michelle Perrot rend hommage à trois figures féminines du XVIIIe et XIXe siècle. Trois femmes de lettres qui ont marqué leur époque en s’engageant contre la violence de l’ordre établi. Trois vies soumises à la brutalité de l’opinion publique et de la sphère privée. Olympe De Gouges (1748-1793), auteur de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », rabaissée, méprisée puis guillotinée à la sortie de la Révolution qu’elle avait tant souhaitée. Flora Tristan (1803-1844), harcelée à mort par son mari, voyageuse infatigable (Pérou, Angleterre…), qui avait pour ambition d’unifier le monde ouvrier. George Sand (1804-1876), « l’égérie de la révolution de 1848 », amie de Balzac, Dumas, Flaubert et pourtant dédaignée, par misogynie et jalousie, par une grande partie de la société. Dans ses portraits enrichis des textes des trois auteurs, Michelle Perrot réhabilite la mémoire et l’héritage de personnalités longtemps oubliées et qui ont tant contribué à la cause des femmes. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article648 Wed, 27 May 2015 20:30:00 +0200 2:00:45 Le politique qui vient : les nouveaux horizons de la démocratie <p>Albert</p> Ogien <p>Albert</p> Ogien Le monde vit un épisode d’effervescence politique dont la fin ne semble pas encore proche. Rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis : tous ces mouvements expriment certes le mécontentement, le sentiment d’injustice, la colère et le désespoir, mais aussi la volonté des citoyens ordinaires de s’organiser pour exercer directement leur contrôle sur ce que font ceux qui les dirigent. Ce réveil de la protestation vient rappeler un fait que les professionnels de la politique ont tendance à oublier : jamais les gouvernés n’abandonnent l’idée d’exiger le droit de s’occuper de la manière dont les questions qui relèvent du bien commun sont prises en charge. C’est l’expression de cette exigence qu’on découvre dans les mouvements qui se développent aujourd’hui au nom de la démocratie et dont on peut penser qu’ils préfigurent les formes que prendra le politique de demain. Le monde vit un épisode d’effervescence politique dont la fin ne semble pas encore proche. Rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis : tous ces mouvements expriment certes le mécontentement, le sentiment d’injustice, la colère et le désespoir, mais aussi la volonté des citoyens ordinaires de s’organiser pour exercer directement leur contrôle sur ce que font ceux qui les dirigent. Ce réveil de la protestation vient rappeler un fait que les professionnels de la politique ont tendance à oublier : jamais les gouvernés n’abandonnent l’idée d’exiger le droit de s’occuper de la manière dont les questions qui relèvent du bien commun sont prises en charge. C’est l’expression de cette exigence qu’on découvre dans les mouvements qui se développent aujourd’hui au nom de la démocratie et dont on peut penser qu’ils préfigurent les formes que prendra le politique de demain. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article644 Wed, 20 May 2015 20:30:00 +0200 1:59:30 L'Esprit démocratique des lois <p>Dominique</p> Schnapper <p>Alexandre</p> Viala <p>Dominique</p> Schnapper <p>Alexandre</p> Viala Si la démocratie devenait « extrême », les grands principes qui la fondent - l'autonomie, la liberté et l'égalité de tous les citoyens -, risqueraient de se « corrompre », pour reprendre des concepts de Montesquieu. L'autonomie se transformerait alors en indépendance, la liberté en licence et l'égalité en indistinction généralisée. C'est de la responsabilité des citoyens que de lutter contre ces risques de corruption et de faire vivre les règles de l'Etat de droit et les institutions démocratiques. Les citoyens libres, légitimement critiques des institutions et de leurs gouvernants, doivent respecter les institutions de la démocratie pour que celle-ci reste fidèle à ses propres principes et à ses propres valeurs. Si la démocratie devenait « extrême », les grands principes qui la fondent - l'autonomie, la liberté et l'égalité de tous les citoyens -, risqueraient de se « corrompre », pour reprendre des concepts de Montesquieu. L'autonomie se transformerait alors en indépendance, la liberté en licence et l'égalité en indistinction généralisée. C'est de la responsabilité des citoyens que de lutter contre ces risques de corruption et de faire vivre les règles de l'Etat de droit et les institutions démocratiques. Les citoyens libres, légitimement critiques des institutions et de leurs gouvernants, doivent respecter les institutions de la démocratie pour que celle-ci reste fidèle à ses propres principes et à ses propres valeurs. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article643 Wed, 13 May 2015 20:30:00 +0200 1:43:47 L'art contemporain : une révolution artistique ? <p>Nathalie</p> Heinich <p>Carole</p> Talon-Hugon <p>Nathalie</p> Heinich <p>Carole</p> Talon-Hugon L'épistémologue Thomas Kuhn utilisa le terme de « paradigme » pour désigner une structuration générale des conceptions admises à un moment donné du temps à propos d'un domaine de l'activité humaine : en l'occurrence, l'activité scientifique, où le progrès procède selon lui par « changements de paradigmes », qui sont autant de « révolutions ». Cette analyse est transposable à l'histoire de l'art, en y incluant non seulement la création des oeuvres mais aussi leur perception et leur réception, tant par les spécialistes que par le grand public. Ainsi prennent sens les grandes controverses artistiques, et notamment celle de l'art contemporain, en tant qu'il rompt, sur tous les plans, avec le paradigme de l'art classique et, surtout, avec celui de l'art moderne. L'épistémologue Thomas Kuhn utilisa le terme de « paradigme » pour désigner une structuration générale des conceptions admises à un moment donné du temps à propos d'un domaine de l'activité humaine : en l'occurrence, l'activité scientifique, où le progrès procède selon lui par « changements de paradigmes », qui sont autant de « révolutions ». Cette analyse est transposable à l'histoire de l'art, en y incluant non seulement la création des oeuvres mais aussi leur perception et leur réception, tant par les spécialistes que par le grand public. Ainsi prennent sens les grandes controverses artistiques, et notamment celle de l'art contemporain, en tant qu'il rompt, sur tous les plans, avec le paradigme de l'art classique et, surtout, avec celui de l'art moderne. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article639 Wed, 06 May 2015 20:30:00 +0200 1:35:55 Les (r)évolutions de la planète Web <p>Mathieu</p> Roche <p>Fabien</p> Gandon <p>Mathieu</p> Roche <p>Fabien</p> Gandon Nous lisons régulièrement que le Web révolutionne notre monde et provoque des évolutions dans toutes les dimensions de notre société. Mais le Web lui-même, ses usages et la compréhension que nous en avons n’ont pas cessé d’évoluer depuis la proposition à l’origine de sa création en 1989. C’est un espace en perpétuelle recréation qui nous demande sans cesse de nouvelles explorations et reconsidérations. Ce sont certains de ces changements passés, actuels, et à venir du Web que nous allons regarder ensemble en insistant sur la complexité de cet artefact qui en fait un objet de recherches pluridisciplinaires. Nous lisons régulièrement que le Web révolutionne notre monde et provoque des évolutions dans toutes les dimensions de notre société. Mais le Web lui-même, ses usages et la compréhension que nous en avons n’ont pas cessé d’évoluer depuis la proposition à l’origine de sa création en 1989. C’est un espace en perpétuelle recréation qui nous demande sans cesse de nouvelles explorations et reconsidérations. Ce sont certains de ces changements passés, actuels, et à venir du Web que nous allons regarder ensemble en insistant sur la complexité de cet artefact qui en fait un objet de recherches pluridisciplinaires. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article632 Wed, 29 Apr 2015 20:30:00 +0200 1:50:05 L'allocation universelle, bricolage ou révolution au cœur de l'État-Providence ? <p>Philippe</p> Van Parijs <p>Valérie</p> Clément <p>Philippe</p> Van Parijs <p>Valérie</p> Clément L’idée d’une allocation universelle, d’un revenu de base inconditionnel, n’est pas neuve. Elle apparaît pour la première fois au lendemain de la révolution française, fait l’objet d’un premier débat public au lendemain de la première guerre mondiale, d’un second à la fin des golden sixties. James Tobin, James Meade, Herbert Simon et d’autres prix Nobel la défendent. Un réseau est créé en Europe en 1986 pour la promouvoir et a aujourd’hui essaimé dans les cinq continents. En 2016, elle fera l’objet d’un référendum national en Suisse. Son insertion au cœur de nos dispositifs de distribution des revenus ne serait-elle qu’un ajustement à la marge ? Ou constitue-t-elle une révolution indispensable pour permettre à nos États-Providence d’affronter au mieux les défis inédits de ce siècle ? L’idée d’une allocation universelle, d’un revenu de base inconditionnel, n’est pas neuve. Elle apparaît pour la première fois au lendemain de la révolution française, fait l’objet d’un premier débat public au lendemain de la première guerre mondiale, d’un second à la fin des golden sixties. James Tobin, James Meade, Herbert Simon et d’autres prix Nobel la défendent. Un réseau est créé en Europe en 1986 pour la promouvoir et a aujourd’hui essaimé dans les cinq continents. En 2016, elle fera l’objet d’un référendum national en Suisse. Son insertion au cœur de nos dispositifs de distribution des revenus ne serait-elle qu’un ajustement à la marge ? Ou constitue-t-elle une révolution indispensable pour permettre à nos États-Providence d’affronter au mieux les défis inédits de ce siècle ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article631 Wed, 08 Apr 2015 20:30:00 +0200 1:42:08 Les îles et les littoraux à l'heure du changement climatique <p>Virginie</p> Duvat <p>Stéphanie</p> Defossez <p>Virginie</p> Duvat <p>Stéphanie</p> Defossez Les îles et les littoraux de notre planète sont touchés par des catastrophes naturelles de plus en plus nombreuses. Ces territoires sont de surcroît situés en première ligne des impacts du changement climatique, dont la manifestation la mieux établie est l’élévation du niveau de la mer. Dans un tel contexte, il n’y a rien d’étonnant à ce que les médias et certaines études scientifiques annoncent pour un futur proche la submersion de vastes espaces côtiers et la disparition de nations entières (Maldives, Tuvalu et Kiribati). Mais qu’en est-il vraiment ? Jusqu’à quel point les catastrophes qui nous affectent sont-elles « naturelles » ? Leur augmentation est-elle due au changement climatique ? Quelles menaces réelles ce dernier fait-il peser sur nos territoires et nos manières de vivre ? Nous contraindra-t-il à les réinventer ? Les îles et les littoraux de notre planète sont touchés par des catastrophes naturelles de plus en plus nombreuses. Ces territoires sont de surcroît situés en première ligne des impacts du changement climatique, dont la manifestation la mieux établie est l’élévation du niveau de la mer. Dans un tel contexte, il n’y a rien d’étonnant à ce que les médias et certaines études scientifiques annoncent pour un futur proche la submersion de vastes espaces côtiers et la disparition de nations entières (Maldives, Tuvalu et Kiribati). Mais qu’en est-il vraiment ? Jusqu’à quel point les catastrophes qui nous affectent sont-elles « naturelles » ? Leur augmentation est-elle due au changement climatique ? Quelles menaces réelles ce dernier fait-il peser sur nos territoires et nos manières de vivre ? Nous contraindra-t-il à les réinventer ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article630 Wed, 01 Apr 2015 20:30:00 +0200 1:45:39 Technocritiques : Du refus des machines à la contestation des technosciences <p>Vincent</p> Taissère <p>François</p> Jarrige <p>Vincent</p> Taissère <p>François</p> Jarrige Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être, ont souvent été contestés et passés au crible de la critique. Contre l’immense condescendance de la postérité, il s’agira d’explorer ces discours et luttes foisonnantes et multiformes pour mieux comprendre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences. Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être, ont souvent été contestés et passés au crible de la critique. Contre l’immense condescendance de la postérité, il s’agira d’explorer ces discours et luttes foisonnantes et multiformes pour mieux comprendre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article629 Wed, 25 Mar 2015 20:30:00 +0100 1:54:19 L'économie du bonheur : Peut-on être heureux sans croissance <p>Claudia</p> Senik <p>Brice</p> Magdalou <p>Claudia</p> Senik <p>Brice</p> Magdalou Nos sociétés modernes ont fait du bonheur une idée neuve, un principe constitutionnel, presque un devoir. Le bonheur de l’individu, figure centrale de la société, est devenu l’objectif suprême des choix politiques. Mais peut-on mesurer quelque chose d’aussi subjectif, impalpable et même indéfinissable que le bonheur ? Depuis une trentaine d’année, certains économistes ont tenté de relever ce défi. Ils ont fait le pari de mesurer le bonheur tel qu’il est ressenti et déclaré par les individus eux-mêmes. Leur enquête concerne plus particulièrement le rôle de la richesse. L’argent fait-il le bonheur ? La croissance rend-elle les gens plus heureux ? Dans le cas contraire, faut-il opter pour la décroissance, ou du moins mesurer le bien-être au-delà du PIB ? Ou bien, au contraire, le cas de la France illustre-il les effets délétères d’une économie dont la croissance faiblit et décroche par rapport à ses voisins, depuis les années 1970 ? Nos sociétés modernes ont fait du bonheur une idée neuve, un principe constitutionnel, presque un devoir. Le bonheur de l’individu, figure centrale de la société, est devenu l’objectif suprême des choix politiques. Mais peut-on mesurer quelque chose d’aussi subjectif, impalpable et même indéfinissable que le bonheur ? Depuis une trentaine d’année, certains économistes ont tenté de relever ce défi. Ils ont fait le pari de mesurer le bonheur tel qu’il est ressenti et déclaré par les individus eux-mêmes. Leur enquête concerne plus particulièrement le rôle de la richesse. L’argent fait-il le bonheur ? La croissance rend-elle les gens plus heureux ? Dans le cas contraire, faut-il opter pour la décroissance, ou du moins mesurer le bien-être au-delà du PIB ? Ou bien, au contraire, le cas de la France illustre-il les effets délétères d’une économie dont la croissance faiblit et décroche par rapport à ses voisins, depuis les années 1970 ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article628 Wed, 18 Mar 2015 20:30:00 +0100 1:36:39 L’ultime atome : de Démocrite au Boson de Higgs et au-delà <p>Etienne</p> Klein <p>Heinz</p> Wismann <p>Etienne</p> Klein <p>Heinz</p> Wismann Forgé au Ve siècle avant notre ère dans une bourgade de la Mer Noire, aux confins du monde grec, le concept d’atome n’évoque d’abord qu’une idée, celle de l’indivisibilité. Mais au terme d'une suite de réinterprétations sur ce qu'il représente, une tradition s’est établie, qui fait des atomistes anciens les précurseurs des matérialistes modernes. Or la physique moderne, dans un mouvement inverse, n’a eu de cesse de déconstruire le matérialisme corpusculaire en vogue au XIXe siècle, pour rejoindre, par les voies qui lui sont propres, les intuitions radicales de l’atomisme premier. Ainsi, l’atome physique, découvert au début du XXe siècle n’est pas insécable. Il contient des particules quantiques qui, loin d’être des objets corpusculaires, semblent, elles, correspondre à la définition initiale de l’atome. La découverte récente du boson de Higgs va en tout cas dans le sens de cette hypothèse. En conjuguant leurs compétences, le physicien Étienne Klein et le philosophe Heinz Wismann reconstruisent, non sans bousculer nombre de certitudes admises, l’histoire d’une idée fondatrice, qui témoigne du lien intime entre la pensée scientifique et la pensée tout court. Forgé au Ve siècle avant notre ère dans une bourgade de la Mer Noire, aux confins du monde grec, le concept d’atome n’évoque d’abord qu’une idée, celle de l’indivisibilité. Mais au terme d'une suite de réinterprétations sur ce qu'il représente, une tradition s’est établie, qui fait des atomistes anciens les précurseurs des matérialistes modernes. Or la physique moderne, dans un mouvement inverse, n’a eu de cesse de déconstruire le matérialisme corpusculaire en vogue au XIXe siècle, pour rejoindre, par les voies qui lui sont propres, les intuitions radicales de l’atomisme premier. Ainsi, l’atome physique, découvert au début du XXe siècle n’est pas insécable. Il contient des particules quantiques qui, loin d’être des objets corpusculaires, semblent, elles, correspondre à la définition initiale de l’atome. La découverte récente du boson de Higgs va en tout cas dans le sens de cette hypothèse. En conjuguant leurs compétences, le physicien Étienne Klein et le philosophe Heinz Wismann reconstruisent, non sans bousculer nombre de certitudes admises, l’histoire d’une idée fondatrice, qui témoigne du lien intime entre la pensée scientifique et la pensée tout court. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article627 Wed, 11 Mar 2015 20:30:00 +0100 2:20:27 Suffit-il d'être patriote pour partir à la guerre ? Retours sur le succès des mobilisations de 1914 <p>Frédéric</p> Rousseau <p>Magali</p> Charreire <p>Frédéric</p> Rousseau <p>Magali</p> Charreire en partenariat avec les Archives Municipales L’intervention de Frédéric Rousseau s’inscrit dans une controverse historiographique dont les enjeux dépassent très largement la seule interprétation de la Grande Guerre : elle pose notamment une question qui anime en réalité toutes les sciences sociales dès lors qu’elles cherchent à éclairer les comportements individuels et collectifs : pourquoi les acteurs sociaux font-ils ce qu’ils font ? Et inversement, pourquoi ne font-ils pas ce qu’ils ne font pas ? En fait, et pour ce qui concerne directement l’objet de cette communication, derrière la question du patriotisme et de la ténacité des combattants de la Grande Guerre, c’est la question des motivations des acteurs qui est posée : or que peuvent dire les chercheurs en sciences sociales et les historiens ? Personne ne doute de l’attachement que les hommes et les femmes de cette époque portaient à leur patrie. Mais pour autant, peut-on déduire les croyances et les motivations des individus de l’observation de leurs comportements collectifs ? Peut-on déduire le patriotisme des hommes mobilisés de l’observation du succès (indéniable) des mobilisations ? Au-delà, peut-on déduire le patriotisme des poilus de leur longue patience-obéissance (indéniable elle aussi) à supporter les horreurs de la guerre ? D’autres facteurs que le sentiment patriotique ne jouent-ils pas un rôle plus actif encore ? D’une façon plus générale, il s’agira de questionner « le point de vue de l’historien » et notre façon d’écrire l’histoire ainsi que le rôle de l’historien au sein de nos sociétés. En définitive, pour qui, pourquoi, pour quoi écrit-il ? en partenariat avec les Archives Municipales L’intervention de Frédéric Rousseau s’inscrit dans une controverse historiographique dont les enjeux dépassent très largement la seule interprétation de la Grande Guerre : elle pose notamment une question qui anime en réalité toutes les sciences sociales dès lors qu’elles cherchent à éclairer les comportements individuels et collectifs : pourquoi les acteurs sociaux font-ils ce qu’ils font ? Et inversement, pourquoi ne font-ils pas ce qu’ils ne font pas ? En fait, et pour ce qui concerne directement l’objet de cette communication, derrière la question du patriotisme et de la ténacité des combattants de la Grande Guerre, c’est la question des motivations des acteurs qui est posée : or que peuvent dire les chercheurs en sciences sociales et les historiens ? Personne ne doute de l’attachement que les hommes et les femmes de cette époque portaient à leur patrie. Mais pour autant, peut-on déduire les croyances et les motivations des individus de l’observation de leurs comportements collectifs ? Peut-on déduire le patriotisme des hommes mobilisés de l’observation du succès (indéniable) des mobilisations ? Au-delà, peut-on déduire le patriotisme des poilus de leur longue patience-obéissance (indéniable elle aussi) à supporter les horreurs de la guerre ? D’autres facteurs que le sentiment patriotique ne jouent-ils pas un rôle plus actif encore ? D’une façon plus générale, il s’agira de questionner « le point de vue de l’historien » et notre façon d’écrire l’histoire ainsi que le rôle de l’historien au sein de nos sociétés. En définitive, pour qui, pourquoi, pour quoi écrit-il ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article625 Wed, 04 Mar 2015 20:30:00 +0100 1:49:18 France : un espace juste ? Une géographie à inventer <p>Jacques</p> Lévy <p>Maud</p> Lasseur <p>Jacques</p> Lévy <p>Maud</p> Lasseur En partenariat avec le Café géo de Montpellier La France est-elle divisée entre des métropoles productives et des campagnes délaissées ? Le périurbain est-il en train de faire sécession ? Selon quels principes, peut-on définir un nouveau découpage des collectivités territoriales ? Par tous ces angles, la question de la justice spatiale s’invite dans le débat public. Tout invite à une réflexion de fond qui relie les discussions sur la justice à l’invention d’un nouveau modèle de développement. En partenariat avec le Café géo de Montpellier La France est-elle divisée entre des métropoles productives et des campagnes délaissées ? Le périurbain est-il en train de faire sécession ? Selon quels principes, peut-on définir un nouveau découpage des collectivités territoriales ? Par tous ces angles, la question de la justice spatiale s’invite dans le débat public. Tout invite à une réflexion de fond qui relie les discussions sur la justice à l’invention d’un nouveau modèle de développement. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article620 Wed, 25 Feb 2015 20:30:00 +0100 1:54:58 Automatismes et désautomatisations : l'avenir du travail <p>Bernard</p> Stiegler <p>Bernard</p> Stiegler Avec la numérisation totale qui installe la société automatique et l’automatisation intégrale et généralisée (c’est à dire la destruction de l’emploi dans tous les secteurs de l’économie), il y a désintégration des sociétés industrielles issues de l’Aufklärung par les sociétés hyperindustrielles parce que celle-ci constituent le troisième stade de la prolétarisation. Après la perte des savoir-faire au XIXe siècle, puis des savoir-vivre au XXe siècle, le temps vient au XXIe siècle de la perte des savoirs théoriques comme si la sidération était provoquée par un devenir absolument impensable. La fin de l’emploi, qui est promise par l'automatisation intégrale, nécessite de généraliser le statut des intermittents du spectacle sous la forme d’un revenu contributif soutenant un vaste processus de déprolétarisation de la société. Cela permettra à tout un chacun de profiter des automates en ayant acquis des capacités de les désautomatiser, de produire de la néguentropie contre l’entropie qu’autrement ils généraliseraient - et en fin de compte, de réinventer le travail libéré de l'emploi. Avec la numérisation totale qui installe la société automatique et l’automatisation intégrale et généralisée (c’est à dire la destruction de l’emploi dans tous les secteurs de l’économie), il y a désintégration des sociétés industrielles issues de l’Aufklärung par les sociétés hyperindustrielles parce que celle-ci constituent le troisième stade de la prolétarisation. Après la perte des savoir-faire au XIXe siècle, puis des savoir-vivre au XXe siècle, le temps vient au XXIe siècle de la perte des savoirs théoriques comme si la sidération était provoquée par un devenir absolument impensable. La fin de l’emploi, qui est promise par l'automatisation intégrale, nécessite de généraliser le statut des intermittents du spectacle sous la forme d’un revenu contributif soutenant un vaste processus de déprolétarisation de la société. Cela permettra à tout un chacun de profiter des automates en ayant acquis des capacités de les désautomatiser, de produire de la néguentropie contre l’entropie qu’autrement ils généraliseraient - et en fin de compte, de réinventer le travail libéré de l'emploi. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article621 Wed, 18 Feb 2015 20:30:00 +0100 2:08:11 Les médecins et la sexualité au XIXe siècle <p>Sylvie</p> Chaperon <p>Sylvie</p> Chaperon Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, tout un savoir médical se constitue autour des questions sexuelles. Les médecins élaborent une hygiène conjugale pour les couples, surtout préoccupée par les naissances ; les vénérologues mettent au point une prophylaxie, les anatomistes explorent les organes génitaux, tandis que les aliénistes échafaudent une psychopathologie sexuelle, classant toutes les déviations. Quelles sont les raisons qui poussent ainsi le corps médical à investir l’intime ? Qui sont les spécialistes et les institutions de ce domaine ? Quelle rationalité scientifique se trouve à l’œuvre dans ce savoir ? Telles sont les questions qui guideront notre investigation. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, tout un savoir médical se constitue autour des questions sexuelles. Les médecins élaborent une hygiène conjugale pour les couples, surtout préoccupée par les naissances ; les vénérologues mettent au point une prophylaxie, les anatomistes explorent les organes génitaux, tandis que les aliénistes échafaudent une psychopathologie sexuelle, classant toutes les déviations. Quelles sont les raisons qui poussent ainsi le corps médical à investir l’intime ? Qui sont les spécialistes et les institutions de ce domaine ? Quelle rationalité scientifique se trouve à l’œuvre dans ce savoir ? Telles sont les questions qui guideront notre investigation. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article619 Wed, 04 Feb 2015 20:30:00 +0100 01:50:51 Voyager dans le temps : la science moderne et la temporalité <p>Marc</p> Lachièze-Rey <p>Muriel</p> Guedj <p>Marc</p> Lachièze-Rey <p>Muriel</p> Guedj L’idée de voyage temporel est l’une des plus séduisantes que nous propose la littérature, de science-fiction en particulier. Mais l’examen de ses évocations révèle bien vite contradictions, incohérences, paradoxes… Peut-on tenter, à la lumière des acquis de la science contemporaine, de définir ce que seraient des voyages dans le temps et d’évaluer leur possibilité effective ? Marc Lachièze-Rey nous initie à certains des travaux actuels les plus subtils de la physique contemporaine sur la temporalité, et nous amène à la lisière de ses hypothèses les plus novatrices, que proposent les théories des cordes, la gravité quantique, ou d’autres approches. Au-delà de la seule physique, ces débats concernent ses relations avec d’autres disciplines (biologie, théorie de l’information, philosophie…). Sans oublier les développements historiques, littéraires, cinématographiques… que le thème a suscités. C’est finalement la notion même de temps qui se trouve ici profondément remaniée. L’idée de voyage temporel est l’une des plus séduisantes que nous propose la littérature, de science-fiction en particulier. Mais l’examen de ses évocations révèle bien vite contradictions, incohérences, paradoxes… Peut-on tenter, à la lumière des acquis de la science contemporaine, de définir ce que seraient des voyages dans le temps et d’évaluer leur possibilité effective ? Marc Lachièze-Rey nous initie à certains des travaux actuels les plus subtils de la physique contemporaine sur la temporalité, et nous amène à la lisière de ses hypothèses les plus novatrices, que proposent les théories des cordes, la gravité quantique, ou d’autres approches. Au-delà de la seule physique, ces débats concernent ses relations avec d’autres disciplines (biologie, théorie de l’information, philosophie…). Sans oublier les développements historiques, littéraires, cinématographiques… que le thème a suscités. C’est finalement la notion même de temps qui se trouve ici profondément remaniée. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article618 Wed, 28 Jan 2015 20:30:00 +0100 1:51:51 La sérendipité ou l’art de la découverte <p>Sylvie</p> Catellin <p>Sylvie</p> Catellin Le mot « sérendipité » nous vient de l’anglais serendipity, un néologisme créé en 1754 par l’écrivain Horace Walpole en référence à un conte persan. L’histoire raconte comment trois frères se montrent capables de reconstituer par l’imagination l’aspect d’un animal qu’ils n’ont jamais vu. Ce motif fictionnel a circulé dans nombre de contes orientaux et véhicule un savoir ancestral : l’art de découvrir en interprétant des traces qui fonctionnent comme des indices. Voltaire en tire une adaptation magistrale dans Zadig (1748) et présente l’art de l’interprétation des indices comme une méthode d’enquête. Depuis 1945 en anglais, et depuis le tournant du XXIe siècle en français, le mot « sérendipité » permet aux chercheurs de dire l’importance de la liberté, de l’intuition, de l’interprétation, en réaction aux risques de déshumanisation des conceptions et des pratiques scientifiques. Aujourd’hui, ce mot prend la valeur d’un concept, essentiel pour défendre une conception humaniste du savoir. Le mot « sérendipité » nous vient de l’anglais serendipity, un néologisme créé en 1754 par l’écrivain Horace Walpole en référence à un conte persan. L’histoire raconte comment trois frères se montrent capables de reconstituer par l’imagination l’aspect d’un animal qu’ils n’ont jamais vu. Ce motif fictionnel a circulé dans nombre de contes orientaux et véhicule un savoir ancestral : l’art de découvrir en interprétant des traces qui fonctionnent comme des indices. Voltaire en tire une adaptation magistrale dans Zadig (1748) et présente l’art de l’interprétation des indices comme une méthode d’enquête. Depuis 1945 en anglais, et depuis le tournant du XXIe siècle en français, le mot « sérendipité » permet aux chercheurs de dire l’importance de la liberté, de l’intuition, de l’interprétation, en réaction aux risques de déshumanisation des conceptions et des pratiques scientifiques. Aujourd’hui, ce mot prend la valeur d’un concept, essentiel pour défendre une conception humaniste du savoir. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article617 Wed, 21 Jan 2015 20:30:00 +0100 1:24:44 Les romanciers du XIXe siècle et la Révolution française <p>Aude</p> Déruelle <p>Jean-Marie</p> Roulin <p>Héléna</p> Demirdjian <p>Aude</p> Déruelle <p>Jean-Marie</p> Roulin <p>Héléna</p> Demirdjian Tout au long du XIXe siècle, la Révolution française a suscité de nombreux débats chez les historiens. On sait moins qu’elle a éveillé l’intérêt des romanciers comme Balzac, Dumas, Barbey d’Aurevilly, Hugo ou de nombreux autres auteurs, souvent inconnus, qui se sont tous passionnément emparés de cet objet dès les lendemains de la prise de la Bastille. Passionnément, car ces romanciers, qu’ils soient de tendance républicaine ou conservatrice, ont pensé la vie politique agitée du xixe siècle au miroir de l’événement fondateur. Mêlant les personnages de fiction et les grandes figures historiques, entrecroisant les faits romancés et les événements attestés, ils ont largement contribué à la légende de la Révolution. Le regard du roman est toutefois forcément décalé : il ne prétend pas à l’objectivité de l’histoire, mais vise une autre vérité, celle de l’expérience individuelle, offrant une perspective nouvelle sur des événements qui pendant des décennies ont suscité bien des controverses. Tout au long du XIXe siècle, la Révolution française a suscité de nombreux débats chez les historiens. On sait moins qu’elle a éveillé l’intérêt des romanciers comme Balzac, Dumas, Barbey d’Aurevilly, Hugo ou de nombreux autres auteurs, souvent inconnus, qui se sont tous passionnément emparés de cet objet dès les lendemains de la prise de la Bastille. Passionnément, car ces romanciers, qu’ils soient de tendance républicaine ou conservatrice, ont pensé la vie politique agitée du xixe siècle au miroir de l’événement fondateur. Mêlant les personnages de fiction et les grandes figures historiques, entrecroisant les faits romancés et les événements attestés, ils ont largement contribué à la légende de la Révolution. Le regard du roman est toutefois forcément décalé : il ne prétend pas à l’objectivité de l’histoire, mais vise une autre vérité, celle de l’expérience individuelle, offrant une perspective nouvelle sur des événements qui pendant des décennies ont suscité bien des controverses. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article614 Thu, 15 Jan 2015 20:30:00 +0100 1:49:07 La monnaie ciselée par la cité grecque <p>Éric</p> Perrin-Saminadayar <p>Olivier</p> Picard <p>Éric</p> Perrin-Saminadayar <p>Olivier</p> Picard En partenariat avec les Mercredis de l’Antiquité La monnaie n’a pas été créée par la cité, mais par le royaume lydien, qui a su utiliser au mieux ses richesses en or pour construire un Empire en Asie Mineure. Mais elle sera très vite adoptée par la cité qui la remodèle selon ses institutions et ses besoins Cette dualité se retrouve dans la double dénomination de la monnaie Nomisma (objet légal) et Chrèma (objet utile). En adoptant la monnaie, la cité doit se reconstruire elle-même et cela implique d’importants changements dans trois domaines : à la différence du royaume, la cité n’avait pas d’institution pour gérer la monnaie : il lui a fallu en créer ; la monnaie a très vite été utilisée pour faire la guerre ; en retour la guerre suscite les inventions monétaires ; comme le note Aristote, le commerce voit la monnaie s’inscrire dans les vieilles relations de philia (amitié). Les images monétaires et les textes illustrent ces pratiques qui révolutionnent la société grecque archaïque. En partenariat avec les Mercredis de l’Antiquité La monnaie n’a pas été créée par la cité, mais par le royaume lydien, qui a su utiliser au mieux ses richesses en or pour construire un Empire en Asie Mineure. Mais elle sera très vite adoptée par la cité qui la remodèle selon ses institutions et ses besoins Cette dualité se retrouve dans la double dénomination de la monnaie Nomisma (objet légal) et Chrèma (objet utile). En adoptant la monnaie, la cité doit se reconstruire elle-même et cela implique d’importants changements dans trois domaines : à la différence du royaume, la cité n’avait pas d’institution pour gérer la monnaie : il lui a fallu en créer ; la monnaie a très vite été utilisée pour faire la guerre ; en retour la guerre suscite les inventions monétaires ; comme le note Aristote, le commerce voit la monnaie s’inscrire dans les vieilles relations de philia (amitié). Les images monétaires et les textes illustrent ces pratiques qui révolutionnent la société grecque archaïque. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article613 Wed, 07 Jan 2015 20:30:00 +0100 2:01:24 Hommage Alexandre Grothendieck : "Quelques éléments de la pensée mathématique révolutionnaire d'Alexandre Grothendieck" <p>Thomas</p> Hausberger <p>Bertrand</p> Toen <p>Jean</p> Malgoire <p>Thomas</p> Hausberger <p>Bertrand</p> Toen <p>Jean</p> Malgoire Alexandre Grothendieck nous a quittés le 13 Novembre 2014. Personnalité d'exception à la vie atypique, il fût l'un des plus grands mathématiciens du XXe siècle. Son œuvre, d'une profondeur et d'une ampleur hors du commun, a littéralement bouleversé le panorama des mathématiques contemporaines. Aujourd'hui, l'ensemble de ses travaux mais aussi sa vision exceptionnelle et singulière sur les objets mathématiques, constituent un héritage présent dans de très nombreux domaines de recherche. Il continuera, sans nul doute, d'inspirer plusieurs générations de chercheurs. C'est à Montpellier, ville qui l'a connu d'abord comme étudiant, qu'il a souhaité revenir comme professeur d'université après vingt années (principalement à l'IHES) d'une extraordinaire fertilité mathématique. C'est donc ici que nous chercherons à appréhender ensemble, à travers une sélection de quelques idées maitresses de son œuvre, le caractère visionnaire et révolutionnaire de sa pensée. Alexandre Grothendieck nous a quittés le 13 Novembre 2014. Personnalité d'exception à la vie atypique, il fût l'un des plus grands mathématiciens du XXe siècle. Son œuvre, d'une profondeur et d'une ampleur hors du commun, a littéralement bouleversé le panorama des mathématiques contemporaines. Aujourd'hui, l'ensemble de ses travaux mais aussi sa vision exceptionnelle et singulière sur les objets mathématiques, constituent un héritage présent dans de très nombreux domaines de recherche. Il continuera, sans nul doute, d'inspirer plusieurs générations de chercheurs. C'est à Montpellier, ville qui l'a connu d'abord comme étudiant, qu'il a souhaité revenir comme professeur d'université après vingt années (principalement à l'IHES) d'une extraordinaire fertilité mathématique. C'est donc ici que nous chercherons à appréhender ensemble, à travers une sélection de quelques idées maitresses de son œuvre, le caractère visionnaire et révolutionnaire de sa pensée. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article612 Wed, 17 Dec 2014 20:30:00 +0100 1:57:29 Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre <p>Élisabeth</p> Roudinesco <p>Élisabeth</p> Roudinesco Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd’hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud. Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l’essentiel de la correspondance est désormais accessible. L’occasion était d’autant plus belle d’y revenir qu’il restait beaucoup à dire sur l’homme et son œuvre. Le fondateur de la psychanalyse est d’abord un Viennois de la Belle-Époque, sujet de l’empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n’aura cessé d’agir en contradiction avec son œuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières. Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d’hésitations à l’heure de l’exil à Londres, où il finira sa vie. Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions. Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd’hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud. Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l’essentiel de la correspondance est désormais accessible. L’occasion était d’autant plus belle d’y revenir qu’il restait beaucoup à dire sur l’homme et son œuvre. Le fondateur de la psychanalyse est d’abord un Viennois de la Belle-Époque, sujet de l’empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n’aura cessé d’agir en contradiction avec son œuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières. Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d’hésitations à l’heure de l’exil à Londres, où il finira sa vie. Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article611 Wed, 10 Dec 2014 20:30:00 +0100 49:57 Histoire de deux statues : les Tyrannicides d’Athènes <p>Éric</p> Perrin-Saminadayar <p>Vincent</p> Azoulay <p>Éric</p> Perrin-Saminadayar <p>Vincent</p> Azoulay Nous vous invitons à mieux connaître deux statues parmi les plus célèbres de l’Antiquité, les Tyrannicides d’Athènes. Représentant les meurtriers du tyran Hipparque en pleine action, ces statues érigées sur l’Agora ont eu un destin exceptionnel : tour à tour vénérées, outragées et imitées, elles ont connu alternativement des moments de gloire et d'épreuves qui, loin d’affaiblir leur rayonnement, en ont fait de véritables icônes de la démocratie athénienne. En reconstituant la vie mouvementée de ces effigies, de leur naissance jusqu’à leur disparition, il s’agira de prendre la mesure de leur caractère tout à fait exceptionnel. Suscitant des réactions passionnées, tantôt positives, tantôt négatives, ces deux statues en bronze méritent d’être considérées comme de véritables acteurs de l’histoire grecque, au même titre que Périclès ou Démosthène. Nous vous invitons à mieux connaître deux statues parmi les plus célèbres de l’Antiquité, les Tyrannicides d’Athènes. Représentant les meurtriers du tyran Hipparque en pleine action, ces statues érigées sur l’Agora ont eu un destin exceptionnel : tour à tour vénérées, outragées et imitées, elles ont connu alternativement des moments de gloire et d'épreuves qui, loin d’affaiblir leur rayonnement, en ont fait de véritables icônes de la démocratie athénienne. En reconstituant la vie mouvementée de ces effigies, de leur naissance jusqu’à leur disparition, il s’agira de prendre la mesure de leur caractère tout à fait exceptionnel. Suscitant des réactions passionnées, tantôt positives, tantôt négatives, ces deux statues en bronze méritent d’être considérées comme de véritables acteurs de l’histoire grecque, au même titre que Périclès ou Démosthène. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article609 Wed, 03 Dec 2014 20:30:00 +0100 01:30:25 Féminiser la langue française ou revenir sur sa masculinisation ? <p>Éliane</p> Viennot <p>Corinne</p> Saminadayar-Perrin <p>Éliane</p> Viennot <p>Corinne</p> Saminadayar-Perrin La plupart des initiatives visant à infléchir la langue française pour rendre plus visibles ou plus audibles les mots et les tournures qui représentent les femmes prônent sa « féminisation ». Et la plupart des personnes ou des institutions qui s’y refusent dénoncent ces initiatives comme contraires au fonctionnement de la langue et venues d’une confusion entre le domaine de la grammaire et celui de la société. Ce désaccord très idéologique repose sur une méconnaissance de l’histoire du français. L’origine et les usages de cette langue l’avaient en effet conduite à des traitements quasi égalitaires des deux sexes, jusqu’à ce que des intellectuels clairement opposés à l’égalité entreprennent de la masculiniser. Effort laborieux : de préconisations en interdictions, il leur a fallu batailler jusqu’au beau milieu du XIXe siècle pour aboutir au résultat que nous connaissons. Un résultat partiel, toujours mis en échec par le fonctionnement organique du français, toujours objet de polémiques… et qu’il ne tient qu’à nous d’annuler. La plupart des initiatives visant à infléchir la langue française pour rendre plus visibles ou plus audibles les mots et les tournures qui représentent les femmes prônent sa « féminisation ». Et la plupart des personnes ou des institutions qui s’y refusent dénoncent ces initiatives comme contraires au fonctionnement de la langue et venues d’une confusion entre le domaine de la grammaire et celui de la société. Ce désaccord très idéologique repose sur une méconnaissance de l’histoire du français. L’origine et les usages de cette langue l’avaient en effet conduite à des traitements quasi égalitaires des deux sexes, jusqu’à ce que des intellectuels clairement opposés à l’égalité entreprennent de la masculiniser. Effort laborieux : de préconisations en interdictions, il leur a fallu batailler jusqu’au beau milieu du XIXe siècle pour aboutir au résultat que nous connaissons. Un résultat partiel, toujours mis en échec par le fonctionnement organique du français, toujours objet de polémiques… et qu’il ne tient qu’à nous d’annuler. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article608 Wed, 26 Nov 2014 20:30:00 +0100 01:53:09 L'aventure de la biodiversité : de l'océan à la cité <p>Gilles</p> Bœuf <p>Vincent</p> Devictor <p>Gilles</p> Bœuf <p>Vincent</p> Devictor Les océans recouvrent aujourd’hui 71 % de la surface de la Terre et constituent le plus grand volume offert au vivant sur la planète « bleue ». Ils abritent plus de 235 000 espèces vivantes décrites. La Vie est apparue dans les océans il y a plus de 3 900 millions d’années et il s’y est produit des événements déterminants pour le Vivant, de l’apparition du noyau de la cellule au développement de la sexualité, en passant par la « pluricellularité » et la capture de bactéries qui deviendront, par symbioses, des organites, éléments-clés de la cellule. La sexualité aussi y a trouvé son origine. Les relations entre océan et santé publique sont de divers ordres, tant physiques, chimiques que biologiques ou physiologiques. Certains modèles marins ont été à la base de découvertes essentielles en Sciences du vivant et à l’origine de l’obtention de Prix Nobel de physiologie et de médecine. Les milieux aquatiques fournissent à l’humanité des ressources renouvelables, pêche et aquaculture réunies, tous groupes confondus. Mais ces ressources sont également très menacées. L’océan s’échauffe et s’acidifie, son niveau monte et les zones côtières s‘étouffent ! La biodiversité, si indispensable pour l’avenir de l’humanité, est bien menacée. On détruit notre capital. De quoi sera fait le futur et quelle Terre, quels océans laisserons-nous à nos enfants ? Les océans recouvrent aujourd’hui 71 % de la surface de la Terre et constituent le plus grand volume offert au vivant sur la planète « bleue ». Ils abritent plus de 235 000 espèces vivantes décrites. La Vie est apparue dans les océans il y a plus de 3 900 millions d’années et il s’y est produit des événements déterminants pour le Vivant, de l’apparition du noyau de la cellule au développement de la sexualité, en passant par la « pluricellularité » et la capture de bactéries qui deviendront, par symbioses, des organites, éléments-clés de la cellule. La sexualité aussi y a trouvé son origine. Les relations entre océan et santé publique sont de divers ordres, tant physiques, chimiques que biologiques ou physiologiques. Certains modèles marins ont été à la base de découvertes essentielles en Sciences du vivant et à l’origine de l’obtention de Prix Nobel de physiologie et de médecine. Les milieux aquatiques fournissent à l’humanité des ressources renouvelables, pêche et aquaculture réunies, tous groupes confondus. Mais ces ressources sont également très menacées. L’océan s’échauffe et s’acidifie, son niveau monte et les zones côtières s‘étouffent ! La biodiversité, si indispensable pour l’avenir de l’humanité, est bien menacée. On détruit notre capital. De quoi sera fait le futur et quelle Terre, quels océans laisserons-nous à nos enfants ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article607 Wed, 19 Nov 2014 20:30:00 +0100 01:53:00 Les deux derniers millions d'années d'évolution humaine. Nouvelles découvertes et innovations méthodologiques <p>Priscilla</p> Bayle <p>Lionel</p> Hautier <p>Priscilla</p> Bayle <p>Lionel</p> Hautier Où et quand le genre Homo est-il apparu ? A-t-il été le seul acteur des premiers développements culturels ? Homo erectus est-il le premier à avoir quitté le berceau africain ? Les Néandertaliens et les Hommes modernes se sont-ils rencontrés ? Quand et pourquoi les premiers ont-ils disparu ? Quels changements biologiques Homo sapiens a-t-il connu depuis son origine ? Ces changements sont-ils en lien avec des transitions culturelles et/ou des fluctuations environnementales ? Les découvertes archéologiques et paléoanthropologiques ainsi que les innovations méthodologiques s'enchaînent à un rythme toujours plus soutenu. Elles renouvellent profondément notre regard sur l'évolution biologique et culturelle de l'Homme au cours des deux ou trois derniers millions d'années, quand elles ne le transforment pas. Où et quand le genre Homo est-il apparu ? A-t-il été le seul acteur des premiers développements culturels ? Homo erectus est-il le premier à avoir quitté le berceau africain ? Les Néandertaliens et les Hommes modernes se sont-ils rencontrés ? Quand et pourquoi les premiers ont-ils disparu ? Quels changements biologiques Homo sapiens a-t-il connu depuis son origine ? Ces changements sont-ils en lien avec des transitions culturelles et/ou des fluctuations environnementales ? Les découvertes archéologiques et paléoanthropologiques ainsi que les innovations méthodologiques s'enchaînent à un rythme toujours plus soutenu. Elles renouvellent profondément notre regard sur l'évolution biologique et culturelle de l'Homme au cours des deux ou trois derniers millions d'années, quand elles ne le transforment pas. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article606 Wed, 12 Nov 2014 20:30:00 +0100 01:39:18 Baudelaire dépolitiqué <p>Antoine</p> Compagnon <p>Antoine</p> Compagnon Comme quoi on peut être un révolutionnaire en matière poétique, inventer la modernité esthétique, choquer les bourgeois par ses cheveux verts, être condamné pour offense à la morale publique, et professer les idées réactionnaires de Joseph de Maistre, l’idéologue de la contre-Révolution, sur ou plutôt contre le progrès, la démocratie, la photographie, les femmes. Baudelaire, qui s’écriait en février 1848 dans les rues de Paris : « Il faut aller fusiller le général Aupick ! », son beau-père, fut « dépolitiqué », comme il dit, par le coup d’État de 1851 et les plébiscites successifs. Il se mit à croire au péché originel, à l’infaillibilité du pape, aux vertus mystiques de la peine de mort. D’aucuns soutiennent qu’il resta pourtant un conspirateur révolutionnaire, un agent secret de la destruction de l’ordre. À chacun sa vérité. Comme quoi on peut être un révolutionnaire en matière poétique, inventer la modernité esthétique, choquer les bourgeois par ses cheveux verts, être condamné pour offense à la morale publique, et professer les idées réactionnaires de Joseph de Maistre, l’idéologue de la contre-Révolution, sur ou plutôt contre le progrès, la démocratie, la photographie, les femmes. Baudelaire, qui s’écriait en février 1848 dans les rues de Paris : « Il faut aller fusiller le général Aupick ! », son beau-père, fut « dépolitiqué », comme il dit, par le coup d’État de 1851 et les plébiscites successifs. Il se mit à croire au péché originel, à l’infaillibilité du pape, aux vertus mystiques de la peine de mort. D’aucuns soutiennent qu’il resta pourtant un conspirateur révolutionnaire, un agent secret de la destruction de l’ordre. À chacun sa vérité. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article605 Wed, 05 Nov 2014 20:30:00 +0100 01:48:58