Saison 8 : Par-delà les frontières http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique241 Pour sa 8e saison, l’Agora des savoirs vous invite à traverser les frontières ! Qu’elle soit physique ou mentale, géographique ou symbolique, la frontière sépare et relie. En science, elle permet de distinguer, de classer, de définir. Elle sert de point de rencontre des peuples et des États. Les frontières ont longtemps permis à l’homme de se distinguer de l’animal, du divin, de l’inhumain, de juger du normal et de l’anormal, de séparer le proche et l’étranger. Mais les frontières ne sont pas immuables : le progrès des connaissances scientifiques et des savoirs, la longue marche de l’Histoire, les acquis démocratiques et l’avancée des droits et des libertés remettent quotidiennement en cause leur existence, effaçant les unes, redessinant les autres. Les vingt-deux conférences de cette 8e saison illustreront, aux travers de nombreuses disciplines et sous des angles parfois surprenants, ces perpétuels passages et réinventions des frontières. Le conseil scientifique de l’Agora des savoirs, composé d’une quarantaine d’Universitaires montpelliérains représentant de nombreuses disciplines scientifiques, a cette année encore élaboré une programmation savante et populaire, susceptible d’attiser la curiosité et le goût d’apprendre et de comprendre. Et pour que l’Agora des savoirs s’adresse à un maximum de public, les conférences continuent à être diffusées en direct, sur internet et à la radio. Des extraterrestres aux robots musiciens, en passant par l’île de Pâques et ses mystères, les cires anatomiques du médecin Louis Auzoux ou le mythe des Arabes nomades dans la littérature orientaliste : autant de questions passionnantes, parfois inattendues, qui vous attendent les mercredis soirs de novembre à mai. Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.1.3 [23214] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2017 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) Saison 8 : Par-delà les frontières http://paroledechercheurs.net/IMG/rubon241.jpg?1498122701 http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique241 Frontières : mondialisation, intériorisation, militarisation <p>Étienne</p> Balibar <p>Étienne</p> Balibar Ce que les géographes, les juristes, les diplomates appellent le « régime frontalier » est manifestement en voie de transformation accélérée. Il ne s’agit pas seulement des frontières elles-mêmes, mais du régime frontalier qui est constitutif de nos sociétés. Cette transformation ne se fait pas dans la clarté d’un processus réglé mais dans l’urgence, dans la violence et la confusion. Elle est profondément déstabilisatrice pour la conscience des citoyens, qui pourtant en perçoivent l’importance. Il est fondamental d’élargir et d’approfondir la définition du régime frontalier qui nous est proposée, par des analyses philosophiques, historiques et géopolitiques. Pour ouvrir la discussion, la conférence esquissera ces analyses et proposera une perspective anthropologique de longue durée sur la fonction des frontières. Celles-ci n’ont pas toujours été définies par le « tracé » de nos cartes géographiques. Par ailleurs, elles ont imposé une logique spécifique à deux questions qui traversent toute l’histoire des collectivités humaines : d’une part représenter et disposer à la surface de la terre les territoires et les routes de communication, d’autre part donner une visibilité aux différences d’appartenance et de communauté. Les frontières organisent le monde et se réfléchissent dans le sentiment d’identité commune. Quelle sont l’origine et les tensions qui habitent d’emblée l’institution de la frontière nationale, inventée par l’Europe classique et ensuite projetée par elle dans le monde entier ? Quelle « déconstruction » de l’institution frontalière produit la mondialisation capitaliste actuelle, dans laquelle se dissocient les mouvements (ou « flux ») de personnes, de marchandises et de capitaux, d’information ? À la lumière de l’actualité, quel rapport entretiennent ce changement du « régime frontalier » de nos sociétés et les transformations en cours dans la fonction et la délimitation de la violence, brouillant cette autre « frontière » qu’est la distinction de la guerre et de la paix, et produisant une sorte de fuite en avant dans la quête de fortification des lieux de vie et d’exercice de la politique ? Ce que les géographes, les juristes, les diplomates appellent le « régime frontalier » est manifestement en voie de transformation accélérée. Il ne s’agit pas seulement des frontières elles-mêmes, mais du régime frontalier qui est constitutif de nos sociétés. Cette transformation ne se fait pas dans la clarté d’un processus réglé mais dans l’urgence, dans la violence et la confusion. Elle est profondément déstabilisatrice pour la conscience des citoyens, qui pourtant en perçoivent l’importance. Il est fondamental d’élargir et d’approfondir la définition du régime frontalier qui nous est proposée, par des analyses philosophiques, historiques et géopolitiques. Pour ouvrir la discussion, la conférence esquissera ces analyses et proposera une perspective anthropologique de longue durée sur la fonction des frontières. Celles-ci n’ont pas toujours été définies par le « tracé » de nos cartes géographiques. Par ailleurs, elles ont imposé une logique spécifique à deux questions qui traversent toute l’histoire des collectivités humaines : d’une part représenter et disposer à la surface de la terre les territoires et les routes de communication, d’autre part donner une visibilité aux différences d’appartenance et de communauté. Les frontières organisent le monde et se réfléchissent dans le sentiment d’identité commune. Quelle sont l’origine et les tensions qui habitent d’emblée l’institution de la frontière nationale, inventée par l’Europe classique et ensuite projetée par elle dans le monde entier ? Quelle « déconstruction » de l’institution frontalière produit la mondialisation capitaliste actuelle, dans laquelle se dissocient les mouvements (ou « flux ») de personnes, de marchandises et de capitaux, d’information ? À la lumière de l’actualité, quel rapport entretiennent ce changement du « régime frontalier » de nos sociétés et les transformations en cours dans la fonction et la délimitation de la violence, brouillant cette autre « frontière » qu’est la distinction de la guerre et de la paix, et produisant une sorte de fuite en avant dans la quête de fortification des lieux de vie et d’exercice de la politique ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article714 Wed, 10 May 2017 20:30:00 +0200 Territorialité, cosmogonie, physiologie et transgression : des « frontières » en Grèce ancienne <p>Monique</p> Halm-Tisserant <p>Monique</p> Halm-Tisserant Dans la Grèce ancienne, la frontière (horos), entité géopolitique, délimite le territoire de la Cité : la chôra. Dans ce cadre territorial, les Grecs distinguent le centre de la périphérie, opposant l'espace de la cité aux extrémités du territoire (eschatiai), la civilisation à la nature sauvage. Face à la souillure que répand le sang versé, la pénalité perçoit la frontière comme un lieu d'éviction, « sur » ou « par-delà » lequel s'exécutent les peines capitales. Ce bornage territorial s'impose comme l'archétype symbolique de toutes les frontières : cosmique, physiologique, anatomique. Les termes du monde – montagnes, gouffres – structurent la hiérarchie verticale de l'univers : ciel, terre, enfers. Renversée lors des festins cannibales que Tantale et Lycaon servent aux dieux, la table rétablit la frontière physiologique (divin/mortel) que l'alimentation carnée voulait annihiler. Le déni de l'acte cannibale entraîne chez Térée et Thyeste la régurgitation des chairs : le pylore, porte du ventre, répond à la « frontière » qui, dans le Timée , cloisonne dans la tête l'âme rationnelle. Obturations et passages, les frontières ont leur gardien, Hermès, qui en est aussi le transgresseur attitré. Dans la Grèce ancienne, la frontière (horos), entité géopolitique, délimite le territoire de la Cité : la chôra. Dans ce cadre territorial, les Grecs distinguent le centre de la périphérie, opposant l'espace de la cité aux extrémités du territoire (eschatiai), la civilisation à la nature sauvage. Face à la souillure que répand le sang versé, la pénalité perçoit la frontière comme un lieu d'éviction, « sur » ou « par-delà » lequel s'exécutent les peines capitales. Ce bornage territorial s'impose comme l'archétype symbolique de toutes les frontières : cosmique, physiologique, anatomique. Les termes du monde – montagnes, gouffres – structurent la hiérarchie verticale de l'univers : ciel, terre, enfers. Renversée lors des festins cannibales que Tantale et Lycaon servent aux dieux, la table rétablit la frontière physiologique (divin/mortel) que l'alimentation carnée voulait annihiler. Le déni de l'acte cannibale entraîne chez Térée et Thyeste la régurgitation des chairs : le pylore, porte du ventre, répond à la « frontière » qui, dans le Timée , cloisonne dans la tête l'âme rationnelle. Obturations et passages, les frontières ont leur gardien, Hermès, qui en est aussi le transgresseur attitré. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article713 Wed, 03 May 2017 20:30:00 +0200 Aux frontières entre espèces : à l'origine de la diversité biologique <p>Carole</p> Smadja <p>Carole</p> Smadja Comment apparaissent de nouvelles espèces (ce que l’on appelle la spéciation) et de nouvelles adaptations dans le monde vivant ? À ces questions longtemps étudiées et débattues depuis des siècles et particulièrement depuis la théorie darwinienne, les recherches actuelles apportent un éclairage nouveau. Alors que l’isolement géographique était considéré comme le mode premier de spéciation et de diversification, les avancées en biologie et génomique évolutives témoignent du rôle important des échanges de gènes entre entités biologiques par hybridation. Le renforcement de l’isolement reproducteur en réponse à l’hybridation, l’émergence d’espèces hybrides et l’acquisition d’adaptations par introgression sont autant de phénomènes se déroulant à ces frontières poreuses entre espèces ou populations. L’objectif de cette conférence est d’illustrer ces nouvelles approches et connaissances qui révolutionnent ce domaine de la biologie. Comment apparaissent de nouvelles espèces (ce que l’on appelle la spéciation) et de nouvelles adaptations dans le monde vivant ? À ces questions longtemps étudiées et débattues depuis des siècles et particulièrement depuis la théorie darwinienne, les recherches actuelles apportent un éclairage nouveau. Alors que l’isolement géographique était considéré comme le mode premier de spéciation et de diversification, les avancées en biologie et génomique évolutives témoignent du rôle important des échanges de gènes entre entités biologiques par hybridation. Le renforcement de l’isolement reproducteur en réponse à l’hybridation, l’émergence d’espèces hybrides et l’acquisition d’adaptations par introgression sont autant de phénomènes se déroulant à ces frontières poreuses entre espèces ou populations. L’objectif de cette conférence est d’illustrer ces nouvelles approches et connaissances qui révolutionnent ce domaine de la biologie. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article712 Wed, 26 Apr 2017 20:30:00 +0200 Art et Astronomie - Impressions célestes <p>Yaël</p> Nazé <p>Yaël</p> Nazé Cette conférence vous invite à un voyage aux frontières mouvantes et incertaines des plus belles réalisations de l’esprit humain : l'Art et la Science - en particulier l'Astronomie. Le ciel possède un énorme pouvoir évocateur, une force inspiratrice à nulle autre pareille, mais l'inspiration n’est pas la seule des relations entre l'Art et l'Astronomie. Les artistes peuvent apporter leur grain de sel aux révolutions scientifiques, tandis que l’astronomie peut aider à comprendre certaines œuvres. De l'Orient à l'Occident, de l'Antiquité à l'époque contemporaine, du classique au plus inattendu, bienvenue dans un musée imaginaire croisant sensibilité intime et compréhension du Cosmos. Cette conférence vous invite à un voyage aux frontières mouvantes et incertaines des plus belles réalisations de l’esprit humain : l'Art et la Science - en particulier l'Astronomie. Le ciel possède un énorme pouvoir évocateur, une force inspiratrice à nulle autre pareille, mais l'inspiration n’est pas la seule des relations entre l'Art et l'Astronomie. Les artistes peuvent apporter leur grain de sel aux révolutions scientifiques, tandis que l’astronomie peut aider à comprendre certaines œuvres. De l'Orient à l'Occident, de l'Antiquité à l'époque contemporaine, du classique au plus inattendu, bienvenue dans un musée imaginaire croisant sensibilité intime et compréhension du Cosmos. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article711 Wed, 19 Apr 2017 20:30:00 +0200 Faut-il craindre les pandémies ? <p>Arnaud</p> Fontanet <p>Arnaud</p> Fontanet Ebola, Zika, grippe, SRAS… autant de menaces récurrentes relayées par les médias. Connaît-on mieux aujourd’hui l’origine de ces nouveaux virus ? Sont-ils plus nombreux, ou simplement mieux détectés ? Est-on prêt à les combattre ? Que faudrait-il faire pour mieux nous préparer ? Autant de questions qui seront abordées lors de cette conférence qui étudiera les conditions d’émergence des nouveaux virus, leur impact, et les nouveaux outils à notre disposition pour mieux les combattre. Ebola, Zika, grippe, SRAS… autant de menaces récurrentes relayées par les médias. Connaît-on mieux aujourd’hui l’origine de ces nouveaux virus ? Sont-ils plus nombreux, ou simplement mieux détectés ? Est-on prêt à les combattre ? Que faudrait-il faire pour mieux nous préparer ? Autant de questions qui seront abordées lors de cette conférence qui étudiera les conditions d’émergence des nouveaux virus, leur impact, et les nouveaux outils à notre disposition pour mieux les combattre. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article710 Wed, 29 Mar 2017 20:30:00 +0200 Repenser la frontière homme-animal : vers la chute du mur ? <p>Élise</p> Huchard <p>Élise</p> Huchard Comprendre la nature de la frontière qui sépare les hommes des animaux est une question qui a traversé les civilisations, faisant appel à de nombreuses disciplines, de la théologie et la philosophie à la zoologie ou l'anthropologie, et plus récemment la biologie évolutive, la génétique, et l’éthologie. Cette question n’a jamais suscité un tel intérêt, associé à des inquiétudes quant aux conditions d’utilisation des animaux dans nos sociétés. La biologie évolutive rejette une différence de nature entre hommes et animaux, en montrant la continuité des traits génétiques, morphologiques et comportementaux séparant les espèces. Quant aux découvertes récentes des éthologues, portant sur la cognition, la communication, l’usage d’outils, la complexité stratégique des interactions sexuelles et sociales, ou encore les cultures et les personnalités animales, elles ne cessent de miner les hypothèses traditionnelles quant à la nature de cette frontière, et sont parfois considérées comme formant la base d’une révolution scientifique. Dans le même temps, des philosophes de plus en plus nombreux ont réinvesti la question avec un regard nouveau, qui s’interroge sur la validité de notre tradition humaniste et anthropocentriste, et sur les implications morales de la chute de la frontière entre hommes et animaux. Comprendre la nature de la frontière qui sépare les hommes des animaux est une question qui a traversé les civilisations, faisant appel à de nombreuses disciplines, de la théologie et la philosophie à la zoologie ou l'anthropologie, et plus récemment la biologie évolutive, la génétique, et l’éthologie. Cette question n’a jamais suscité un tel intérêt, associé à des inquiétudes quant aux conditions d’utilisation des animaux dans nos sociétés. La biologie évolutive rejette une différence de nature entre hommes et animaux, en montrant la continuité des traits génétiques, morphologiques et comportementaux séparant les espèces. Quant aux découvertes récentes des éthologues, portant sur la cognition, la communication, l’usage d’outils, la complexité stratégique des interactions sexuelles et sociales, ou encore les cultures et les personnalités animales, elles ne cessent de miner les hypothèses traditionnelles quant à la nature de cette frontière, et sont parfois considérées comme formant la base d’une révolution scientifique. Dans le même temps, des philosophes de plus en plus nombreux ont réinvesti la question avec un regard nouveau, qui s’interroge sur la validité de notre tradition humaniste et anthropocentriste, et sur les implications morales de la chute de la frontière entre hommes et animaux. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article709 Wed, 22 Mar 2017 20:30:00 +0100 Habiletés sociales dans l'autisme, de la norme aux troubles <p>Amaria</p> Baghdadli <p>Amaria</p> Baghdadli En partenariat avec la Semaine du Cerveau, Montpellier L'autisme et les autres troubles envahissants du développement apparaissent dès l'enfance et ont un caractère durable à l'adolescence et à l'âge adulte. Les personnes concernées, même lorsqu'elles ont accès au langage, sont en grande difficulté dans leurs interactions sociales et leurs possibilités de communication. Leur capacité d'intégration sociale reste limitée, ce qui influe très négativement sur leur qualité de vie. Les interventions thérapeutiques ou éducatives doivent donc cibler l'amélioration des habiletés sociales. Cette pratique inspirée de la thérapie cognitive et comportementale, connue dans le champ de la réhabilitation où elle est appliquée depuis longtemps, est encore peu proposée en France. Amaria Baghdadli rappellera les concepts cliniques et théoriques sur l'autisme et présentera les méthodes d'évaluation des cognitions sociales et les modes de prises en charge, avec l’objectif de donner des clés de compréhension d'un monde dont les codes sociaux nous échappent souvent. En partenariat avec la Semaine du Cerveau, Montpellier L'autisme et les autres troubles envahissants du développement apparaissent dès l'enfance et ont un caractère durable à l'adolescence et à l'âge adulte. Les personnes concernées, même lorsqu'elles ont accès au langage, sont en grande difficulté dans leurs interactions sociales et leurs possibilités de communication. Leur capacité d'intégration sociale reste limitée, ce qui influe très négativement sur leur qualité de vie. Les interventions thérapeutiques ou éducatives doivent donc cibler l'amélioration des habiletés sociales. Cette pratique inspirée de la thérapie cognitive et comportementale, connue dans le champ de la réhabilitation où elle est appliquée depuis longtemps, est encore peu proposée en France. Amaria Baghdadli rappellera les concepts cliniques et théoriques sur l'autisme et présentera les méthodes d'évaluation des cognitions sociales et les modes de prises en charge, avec l’objectif de donner des clés de compréhension d'un monde dont les codes sociaux nous échappent souvent. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article708 Wed, 15 Mar 2017 20:30:00 +0100 « Le pont et la porte » : par-delà les frontières des États <p>Lucile</p> Medina <p>Lucile</p> Medina En partenariat avec les Cafés Géo de Montpellier La métaphore du pont et de la porte empruntée à Georg Simmel sied bien aux frontières. Le contexte politique et économique mondial a entraîné une évolution des fonctions de l’ensemble des frontières étatiques et renouvelé l’approche des frontières depuis les années 1990, faisant émerger de nouveaux questionnements quant à leur statut. C’est le plus souvent l’érection de murs et de dispositifs frontaliers de fortification et de contrôle migratoires qui retiennent l’attention. Pourtant, des expériences de coopération se multiplient aussi, qu’elles reposent sur des accords binationaux ou soient le fruit d’initiatives locales plus informelles, en Europe mais aussi dans les Suds. Comment se conjuguent aujourd’hui le renforcement de liens de part et d’autre des frontières et la sécurisation des limites étatiques qui tend au contraire à les fermer ? Quid également de l’objectif de rattrapage et de développement des régions frontalières dans ce contexte ? Ce regard à travers les coopérations transfrontalières permet de renverser le prisme habituel du modèle centre-périphérie pensé aux échelles nationales et de regarder autrement la fabrique de ces territoires aux dynamiques et aux acteurs spécifiques. En partenariat avec les Cafés Géo de Montpellier La métaphore du pont et de la porte empruntée à Georg Simmel sied bien aux frontières. Le contexte politique et économique mondial a entraîné une évolution des fonctions de l’ensemble des frontières étatiques et renouvelé l’approche des frontières depuis les années 1990, faisant émerger de nouveaux questionnements quant à leur statut. C’est le plus souvent l’érection de murs et de dispositifs frontaliers de fortification et de contrôle migratoires qui retiennent l’attention. Pourtant, des expériences de coopération se multiplient aussi, qu’elles reposent sur des accords binationaux ou soient le fruit d’initiatives locales plus informelles, en Europe mais aussi dans les Suds. Comment se conjuguent aujourd’hui le renforcement de liens de part et d’autre des frontières et la sécurisation des limites étatiques qui tend au contraire à les fermer ? Quid également de l’objectif de rattrapage et de développement des régions frontalières dans ce contexte ? Ce regard à travers les coopérations transfrontalières permet de renverser le prisme habituel du modèle centre-périphérie pensé aux échelles nationales et de regarder autrement la fabrique de ces territoires aux dynamiques et aux acteurs spécifiques. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article707 Wed, 08 Mar 2017 20:30:00 +0100 Michelet hors frontières : une histoire entre science, littérature et œuvre d’art <p>Paule</p> Petitier <p>Paule</p> Petitier L’œuvre de Jules Michelet (1798-1874) contribue à l’invention d’une pratique moderne de l’histoire au XIXe siècle. Elle est saluée par les contemporains au même titre que celles de Guizot, d’Augustin Thierry, de Mignet, pionniers d’une vision renouvelée du passé, fondée sur de nouveaux principes épistémologiques. Cependant, du vivant même de l’historien, on le célèbre aussi pour ses qualités littéraires, on le proclame « grand poète ». Est-ce contradictoire, à une époque où le propos scientifique de l’histoire et sa quête de vérité ne paraissent pas forcément incompatibles avec les prestiges de la littérature ? Convient-il aujourd’hui de renier tout sérieux historique à l’œuvre de Michelet parce qu’elle est écrite dans une langue envoûtante, parce qu’elle ne recule pas devant des procédés qui nous paraissent « littéraires », parce qu’elle ne congédie pas l’imagination ? À l’heure où beaucoup d’écrivains se détournent de la fiction et s’emparent d’un matériau historique pour élaborer une œuvre littéraire en quête d’une certaine vérité de l’Histoire, ne serait-il pas opportun de considérer sans condescendance l’hybridité de Michelet et d’en mesurer la fécondité ? L’œuvre de Jules Michelet (1798-1874) contribue à l’invention d’une pratique moderne de l’histoire au XIXe siècle. Elle est saluée par les contemporains au même titre que celles de Guizot, d’Augustin Thierry, de Mignet, pionniers d’une vision renouvelée du passé, fondée sur de nouveaux principes épistémologiques. Cependant, du vivant même de l’historien, on le célèbre aussi pour ses qualités littéraires, on le proclame « grand poète ». Est-ce contradictoire, à une époque où le propos scientifique de l’histoire et sa quête de vérité ne paraissent pas forcément incompatibles avec les prestiges de la littérature ? Convient-il aujourd’hui de renier tout sérieux historique à l’œuvre de Michelet parce qu’elle est écrite dans une langue envoûtante, parce qu’elle ne recule pas devant des procédés qui nous paraissent « littéraires », parce qu’elle ne congédie pas l’imagination ? À l’heure où beaucoup d’écrivains se détournent de la fiction et s’emparent d’un matériau historique pour élaborer une œuvre littéraire en quête d’une certaine vérité de l’Histoire, ne serait-il pas opportun de considérer sans condescendance l’hybridité de Michelet et d’en mesurer la fécondité ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article706 Wed, 01 Mar 2017 20:30:00 +0100 Louis Auzoux (1797-1880), médecin, industriel & exportateur <p>Christophe</p> Degueurce <p>Christophe</p> Degueurce Dans le cadre de l’exposition qui se tiendra à l’Espace Dominique Bagouet, du 1er février au 23 avril 2017. Louis Auzoux, médecin de formation, a inscrit son nom dans l’Histoire en créant de superbes modèles en papier mâché qui connurent un grand succès commercial, y compris au-delà des frontières de la France. Autodidacte, expérimentateur génial, il réussit à produire en série des modèles anatomiques, zoologiques, botaniques, souvent grossis, d’un réalisme et d’une beauté saisissants. Il créa une usine modèle dans son village natal, près d’Évreux, où il put développer un modèle social original fondé sur l’autodiscipline et l’entraide. Ses productions pourtant souvent très onéreuses furent exportées dans le monde entier ; elles sont aujourd’hui souvent conservées dans des musées. Dans le cadre de l’exposition qui se tiendra à l’Espace Dominique Bagouet, du 1er février au 23 avril 2017. Louis Auzoux, médecin de formation, a inscrit son nom dans l’Histoire en créant de superbes modèles en papier mâché qui connurent un grand succès commercial, y compris au-delà des frontières de la France. Autodidacte, expérimentateur génial, il réussit à produire en série des modèles anatomiques, zoologiques, botaniques, souvent grossis, d’un réalisme et d’une beauté saisissants. Il créa une usine modèle dans son village natal, près d’Évreux, où il put développer un modèle social original fondé sur l’autodiscipline et l’entraide. Ses productions pourtant souvent très onéreuses furent exportées dans le monde entier ; elles sont aujourd’hui souvent conservées dans des musées. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article705 Wed, 08 Feb 2017 20:30:00 +0100 L'évolution et la diversité génétique de notre espèce : le rôle de l’interaction entre culture et génétique <p>Évelyne</p> Heyer <p>Évelyne</p> Heyer Notre espèce émerge en Afrique il y a 200 000 ans. Puis, il y a environ 80 000 ans, Homo Sapiens sort du continent africain, et va petit à petit peupler toute la planète. Ce peuplement a eu un effet majeur sur la répartition de notre diversité génétique, qui, pour l’essentiel, est structurée par la géographie : plus deux individus sont proches géographiquement, plus ils se ressemblent génétiquement. À cela, ajoutons qu’une des spécificités de notre espèce est sa très grande diversité culturelle. À partir de plusieurs exemples issus de notre travail de terrain, nous montrerons comment culture et biologie interagissent dans l’évolution génétique de notre espèce. Notre espèce émerge en Afrique il y a 200 000 ans. Puis, il y a environ 80 000 ans, Homo Sapiens sort du continent africain, et va petit à petit peupler toute la planète. Ce peuplement a eu un effet majeur sur la répartition de notre diversité génétique, qui, pour l’essentiel, est structurée par la géographie : plus deux individus sont proches géographiquement, plus ils se ressemblent génétiquement. À cela, ajoutons qu’une des spécificités de notre espèce est sa très grande diversité culturelle. À partir de plusieurs exemples issus de notre travail de terrain, nous montrerons comment culture et biologie interagissent dans l’évolution génétique de notre espèce. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article704 Wed, 01 Feb 2017 20:30:00 +0100 Traverser les frontières : le mythe des Arabes nomades chez les voyageurs <p>Sarga</p> Moussa <p>Sarga</p> Moussa On s'attachera à montrer d'abord la naissance d'un mythe, vers le milieu du XVIIIe siècle, celui des Arabes nomades comme peuple idéal, tel que les représentèrent nombre de voyageurs européens en Orient et en Arabie. Alors que depuis le Moyen Âge, les habitants du désert constituent une figure du Mal, on assiste à un renversement d'image au cours des Lumières, les Bédouins apparaissant comme un modèle d'hospitalité, de simplicité de vie, mais aussi, à l'époque de la Révolution, comme des êtres libres et égaux, enfin, à la période romantique, comme des poètes nés et des amants passionnés. Il s'agit là d'un véritable mythe qui repose sur la construction de différentes frontières symboliques. Ces frontières (idéologiques, religieuses, esthétiques, etc) permettent de représenter le Bédouin comme une figure qui fait retour, de manière critique, sur la société d'origine des voyageurs. Ceux-ci ne se contentent pas de rêver un ailleurs idéalisé pour l'opposer, dans le sillage de Rousseau, aux maux de l'Europe dite civilisée : de Volney à Lamartine, ils franchissent parfois le « cercle » des Bédouins pour se joindre à eux, observant de près leur mode de vie, rêvant de s'établir parmi eux. À l'heure où les fossés se creusent, il n'est pas inutile de rappeler qu'il fut un temps où les frontières entre Orient et Occident étaient régulièrement traversées pour donner à voir un monde en perpétuelle réinvention. On s'attachera à montrer d'abord la naissance d'un mythe, vers le milieu du XVIIIe siècle, celui des Arabes nomades comme peuple idéal, tel que les représentèrent nombre de voyageurs européens en Orient et en Arabie. Alors que depuis le Moyen Âge, les habitants du désert constituent une figure du Mal, on assiste à un renversement d'image au cours des Lumières, les Bédouins apparaissant comme un modèle d'hospitalité, de simplicité de vie, mais aussi, à l'époque de la Révolution, comme des êtres libres et égaux, enfin, à la période romantique, comme des poètes nés et des amants passionnés. Il s'agit là d'un véritable mythe qui repose sur la construction de différentes frontières symboliques. Ces frontières (idéologiques, religieuses, esthétiques, etc) permettent de représenter le Bédouin comme une figure qui fait retour, de manière critique, sur la société d'origine des voyageurs. Ceux-ci ne se contentent pas de rêver un ailleurs idéalisé pour l'opposer, dans le sillage de Rousseau, aux maux de l'Europe dite civilisée : de Volney à Lamartine, ils franchissent parfois le « cercle » des Bédouins pour se joindre à eux, observant de près leur mode de vie, rêvant de s'établir parmi eux. À l'heure où les fossés se creusent, il n'est pas inutile de rappeler qu'il fut un temps où les frontières entre Orient et Occident étaient régulièrement traversées pour donner à voir un monde en perpétuelle réinvention. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article703 Wed, 25 Jan 2017 20:30:00 +0100 La question des limites de la folie aujourd’hui <p>François</p> Sauvagnat <p>François</p> Sauvagnat Comment notre compréhension de la folie a-t-elle changé ces dernières années ? Quelles conséquences sur les perceptions des limites entre « normalité » et « folie » ? D’un côté l’évolution des conceptions des psychopathologues, et de l’autre les différentes demandes sociales concernant cette distinction. Les psychopathologues, qu’ils soient psychanalystes ou phénoménologues – deux tendances particulièrement significatives – sont passés en quelques décennies d’une conception de la folie comme « erreur de perception et de jugement » à la notion selon laquelle la folie consisterait avant tout en une profonde modification, une fragilisation de l’expérience corporelle, du vécu des limites du corps provoquant un bouleversement de la structure du monde. Cette position a finalement été suivie par une large partie des travaux cognitivistes, sous des formulations diverses. Mais les discours les plus fortement représentés dans l’espace public se trouvent en porte à faux par rapport à cette vision moderne, que ce soit sur le plan neurobiologique, médiatique, ou dans le champ des nouvelles technologies. Quelles nouvelles responsabilités nous imposent ces données ? Comment notre compréhension de la folie a-t-elle changé ces dernières années ? Quelles conséquences sur les perceptions des limites entre « normalité » et « folie » ? D’un côté l’évolution des conceptions des psychopathologues, et de l’autre les différentes demandes sociales concernant cette distinction. Les psychopathologues, qu’ils soient psychanalystes ou phénoménologues – deux tendances particulièrement significatives – sont passés en quelques décennies d’une conception de la folie comme « erreur de perception et de jugement » à la notion selon laquelle la folie consisterait avant tout en une profonde modification, une fragilisation de l’expérience corporelle, du vécu des limites du corps provoquant un bouleversement de la structure du monde. Cette position a finalement été suivie par une large partie des travaux cognitivistes, sous des formulations diverses. Mais les discours les plus fortement représentés dans l’espace public se trouvent en porte à faux par rapport à cette vision moderne, que ce soit sur le plan neurobiologique, médiatique, ou dans le champ des nouvelles technologies. Quelles nouvelles responsabilités nous imposent ces données ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article702 Wed, 18 Jan 2017 20:30:00 +0100 Mutiler, déraciner et détruire les images des dieux : quand l’altérité se traduit en violence <p>Corinne</p> Bonnet <p>Corinne</p> Bonnet En partenariat avec les Mercredis de l’Antiquité La destruction de Palmyre et les images de statues abattues à coup de mortier donnent à réfléchir sur le sens d’une violence qui s’en prend à des objets symboliques. On partira de quelques cas d’images divines mutilées, déracinées ou même anéanties dans le cadre de campagnes militaires, dans diverses cultures méditerranéennes (Mésopotamie, Phénicie, Israël, Grèce). Déplacées, replacées dans d’autres contextes ou réduites en poussières, les images des dieux des vaincus sont objet d’un « godnapping » qui trouve sa source dans le prestige et la puissance attachées aux représentations des dieux. On s’interrogera sur le sens de ces appropriations qui détournent les objets de leur usage et de leur statut initiaux pour en faire des vecteurs symboliques d’une domination à laquelle même les dieux, rendus impuissants, ne peuvent se soustraire. En partenariat avec les Mercredis de l’Antiquité La destruction de Palmyre et les images de statues abattues à coup de mortier donnent à réfléchir sur le sens d’une violence qui s’en prend à des objets symboliques. On partira de quelques cas d’images divines mutilées, déracinées ou même anéanties dans le cadre de campagnes militaires, dans diverses cultures méditerranéennes (Mésopotamie, Phénicie, Israël, Grèce). Déplacées, replacées dans d’autres contextes ou réduites en poussières, les images des dieux des vaincus sont objet d’un « godnapping » qui trouve sa source dans le prestige et la puissance attachées aux représentations des dieux. On s’interrogera sur le sens de ces appropriations qui détournent les objets de leur usage et de leur statut initiaux pour en faire des vecteurs symboliques d’une domination à laquelle même les dieux, rendus impuissants, ne peuvent se soustraire. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article701 Wed, 11 Jan 2017 20:30:00 +0100 L’île de Pâques, terre polynésienne <p>Michel</p> Orliac <p>Michel</p> Orliac Il y a environ mille ans, les dernières frontières de notre planète furent franchies après la découverte des territoires inexplorés de l’océan Pacifique. Ainsi, les Polynésiens peuplèrent toutes les terres comprises dans le triangle de 7 000 km de côté formé par Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques. D’île en île, ils transplantèrent les végétaux qui assuraient la pérennité de leur économie et de leur culture. Ces fabuleux navigateurs parvinrent même en Amérique : ils y introduisirent les poules et en rapportèrent la patate douce. L’installation d’humains sur l’île de Pâques, la plus solitaire de toutes les îles, est plus étonnante que les 900 statues géantes qui font sa renommée : tout le monde ou presque, sur Terre, a su mouvoir de gros cailloux, sculptés ou non. Par ailleurs, dans le bois ou sur la pierre, les Pascuans ont matérialisé avec un talent immense la foule de leurs divinités. Enfin, privilège croyait-on des « grandes » civilisations, ces quelques milliers d’insulaires ont inventé une écriture, la seule dans le Pacifique. Il y a environ mille ans, les dernières frontières de notre planète furent franchies après la découverte des territoires inexplorés de l’océan Pacifique. Ainsi, les Polynésiens peuplèrent toutes les terres comprises dans le triangle de 7 000 km de côté formé par Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques. D’île en île, ils transplantèrent les végétaux qui assuraient la pérennité de leur économie et de leur culture. Ces fabuleux navigateurs parvinrent même en Amérique : ils y introduisirent les poules et en rapportèrent la patate douce. L’installation d’humains sur l’île de Pâques, la plus solitaire de toutes les îles, est plus étonnante que les 900 statues géantes qui font sa renommée : tout le monde ou presque, sur Terre, a su mouvoir de gros cailloux, sculptés ou non. Par ailleurs, dans le bois ou sur la pierre, les Pascuans ont matérialisé avec un talent immense la foule de leurs divinités. Enfin, privilège croyait-on des « grandes » civilisations, ces quelques milliers d’insulaires ont inventé une écriture, la seule dans le Pacifique. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article700 Wed, 04 Jan 2017 20:30:00 +0100 Aux quatre vents du monde : petit guide de navigation sur l'océan de la mondialisation <p>Mireille</p> Delmas-Marty <p>Mireille</p> Delmas-Marty Nous vivons dans une société à bout de souffle, désenchantée et plutôt fière de l’être. Une société d’où l’esprit aurait été chassé par la matière, la raison numérisée ne laissant guère de place au rêve. Placer la réflexion « aux quatre vents du monde » c’est précisément rêver, pour changer le monde, de lui redonner souffle. Mais où trouver le souffle, lorsque les interdépendances croissantes paralysent les États et semblent condamner toute action à l’impuissance ? Comment transformer ces interdépendances subies en projet commun ? En mobilisant les forces imaginantes du droit. Alors que les écueils se multiplient (terrorisme global, dérèglement climatique, désastre humanitaire des migrations, crises financières et sociales), Mireille Delmas-Marty propose un petit guide de navigation qui fournit cartes et boussole aux femmes et aux hommes de bonne volonté qui n’ont pas renoncé à maîtriser leur destin. Nous vivons dans une société à bout de souffle, désenchantée et plutôt fière de l’être. Une société d’où l’esprit aurait été chassé par la matière, la raison numérisée ne laissant guère de place au rêve. Placer la réflexion « aux quatre vents du monde » c’est précisément rêver, pour changer le monde, de lui redonner souffle. Mais où trouver le souffle, lorsque les interdépendances croissantes paralysent les États et semblent condamner toute action à l’impuissance ? Comment transformer ces interdépendances subies en projet commun ? En mobilisant les forces imaginantes du droit. Alors que les écueils se multiplient (terrorisme global, dérèglement climatique, désastre humanitaire des migrations, crises financières et sociales), Mireille Delmas-Marty propose un petit guide de navigation qui fournit cartes et boussole aux femmes et aux hommes de bonne volonté qui n’ont pas renoncé à maîtriser leur destin. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article699 Wed, 14 Dec 2016 20:30:00 +0100 Une machine peut-elle créer de la musique ? <p>François</p> Pachet <p>François</p> Pachet Une machine peut-elle être créative et être source de créativité ? Le sujet ne peut être abordé sans saisir dans un premier temps les enjeux techniques et conceptuels qui se cachent derrière la création de nouvelles musiques. Des techniques d’intelligence artificielle et d’apprentissage (machine-learning) permettent désormais de générer automatiquement de la musique. C’est notamment le cas des Flow Machines, logiciels capables de capturer le style d’un ensemble de compositions et de le développer afin de créer des pièces de musique qui sont à la fois nouvelles et dans le même style. François Pachet en proposera de nombreux exemples dans des styles de musique divers, des chorals de Bach à des chansons pop en passant par le jazz… Une machine peut-elle être créative et être source de créativité ? Le sujet ne peut être abordé sans saisir dans un premier temps les enjeux techniques et conceptuels qui se cachent derrière la création de nouvelles musiques. Des techniques d’intelligence artificielle et d’apprentissage (machine-learning) permettent désormais de générer automatiquement de la musique. C’est notamment le cas des Flow Machines, logiciels capables de capturer le style d’un ensemble de compositions et de le développer afin de créer des pièces de musique qui sont à la fois nouvelles et dans le même style. François Pachet en proposera de nombreux exemples dans des styles de musique divers, des chorals de Bach à des chansons pop en passant par le jazz… http://paroledechercheurs.net/spip.php?article698 Wed, 07 Dec 2016 20:30:00 +0100 Chroniques d'inhospitalité. Le testament européen ? <p>Marie-Laure</p> Basilien-Gainche <p>Marie-Laure</p> Basilien-Gainche Quoi que puissent affirmer les politiques et les médias, l’Europe ne fait pas face à une crise des réfugiés. Ce sont en revanche une crise de la protection internationale d’une part et une crise de la construction européenne d’autre part qu’il convient de constater et d’analyser. L’asile est abîmé, l’union est dégradée. Un délitement des principes de solidarité et de responsabilité s’affirme et s’affiche de manière de plus en plus décomplexée, au nom de préoccupations sécuritaires nourries d’égoïsmes nationaux. Soucieux de ne pas froisser des opinions publiques qui se montrent frileuses voire hostiles à l’accueil des réfugiés, construites qu’elles ont été par des discours assimilant les étrangers à des problèmes et à des dangers, les gouvernements européens confortent les contrôles de leurs frontières et externalisent la gestion des flux migratoires, renient leurs principes et abjurent leurs valeurs. De naufrages en naufrages, la Méditerranée semble être devenue le cimetière des dépouilles des migrants, de même que la nécropole des fondements de l’Europe. Au fil des chroniques de leur inhospitalité, les États rédigent un testament qui est celui de leur avenir. Quoi que puissent affirmer les politiques et les médias, l’Europe ne fait pas face à une crise des réfugiés. Ce sont en revanche une crise de la protection internationale d’une part et une crise de la construction européenne d’autre part qu’il convient de constater et d’analyser. L’asile est abîmé, l’union est dégradée. Un délitement des principes de solidarité et de responsabilité s’affirme et s’affiche de manière de plus en plus décomplexée, au nom de préoccupations sécuritaires nourries d’égoïsmes nationaux. Soucieux de ne pas froisser des opinions publiques qui se montrent frileuses voire hostiles à l’accueil des réfugiés, construites qu’elles ont été par des discours assimilant les étrangers à des problèmes et à des dangers, les gouvernements européens confortent les contrôles de leurs frontières et externalisent la gestion des flux migratoires, renient leurs principes et abjurent leurs valeurs. De naufrages en naufrages, la Méditerranée semble être devenue le cimetière des dépouilles des migrants, de même que la nécropole des fondements de l’Europe. Au fil des chroniques de leur inhospitalité, les États rédigent un testament qui est celui de leur avenir. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article697 Wed, 30 Nov 2016 20:30:00 +0100 Pour une histoire des possibles : analyses contrefactuelles et futurs non advenus <p>Pierre</p> Singaravélou <p>Pierre</p> Singaravélou Et si l’histoire, ou la vie, avait suivi un autre cours ? Ce que l’on appelle le raisonnement contrefactuel surgit spontanément dans les conversations pour nourrir des hypothèses sur les potentialités du passé et les futurs non advenus. Il traverse la littérature, les réflexions politiques et toutes sortes de divertissements. Que serait-il advenu si le nez de Cléopâtre avait été plus court ? Si Napoléon avait remporté la bataille de Waterloo ? Avec Quentin Deluermoz, Pierre Singaravélou a mené l’enquête au sein d’une vaste littérature pour saisir la diversité des usages de l’analyse contrefactuelle – des fictions uchroniques les plus loufoques aux hypothèses les plus sérieuses. Les deux chercheurs s’attachent à cerner précisément les conditions d’un usage légitime et pertinent pour les sciences sociales, repensant les enjeux de la causalité et de la vérité, des rapports entre histoire et fiction, entre déterminisme et contingence. L’enquête dévoile peu à peu la richesse d’un travail sur les possibles du passé, et ouvre sur des expérimentations dans le domaine de la recherche comme de l’enseignement. Une réflexion ambitieuse et novatrice sur l’écriture de l’histoire, sa définition et sa mise en partage. Et si l’histoire, ou la vie, avait suivi un autre cours ? Ce que l’on appelle le raisonnement contrefactuel surgit spontanément dans les conversations pour nourrir des hypothèses sur les potentialités du passé et les futurs non advenus. Il traverse la littérature, les réflexions politiques et toutes sortes de divertissements. Que serait-il advenu si le nez de Cléopâtre avait été plus court ? Si Napoléon avait remporté la bataille de Waterloo ? Avec Quentin Deluermoz, Pierre Singaravélou a mené l’enquête au sein d’une vaste littérature pour saisir la diversité des usages de l’analyse contrefactuelle – des fictions uchroniques les plus loufoques aux hypothèses les plus sérieuses. Les deux chercheurs s’attachent à cerner précisément les conditions d’un usage légitime et pertinent pour les sciences sociales, repensant les enjeux de la causalité et de la vérité, des rapports entre histoire et fiction, entre déterminisme et contingence. L’enquête dévoile peu à peu la richesse d’un travail sur les possibles du passé, et ouvre sur des expérimentations dans le domaine de la recherche comme de l’enseignement. Une réflexion ambitieuse et novatrice sur l’écriture de l’histoire, sa définition et sa mise en partage. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article696 Wed, 23 Nov 2016 20:30:00 +0100 Du bon usage des frontières en démocratie <p>Astrid</p> von Busekist <p>Astrid</p> von Busekist On dit habituellement que les frontières séparent, divisent, isolent. De la démocratie on dit qu’elle a le goût de l’artifice, et qu’elle pratique l’art de la séparation : elle distingue le public du privé, la société politique de la société civile, la religion du politique. Or une frontière est précisément ce que deux entités ont en partage : de quelle couleur serait la ligne de démarcation entre une tache noire et un fond blanc ? Et la démocratie peut jouer avec les règles, son art ne se borne pas à séparer, il se joue ausside cette séparation. Les frontières nouent autant qu’elles distinguent, elles sont ponts et portes, elles ne sont jamais données, leur seuil se négocie quotidiennement, notamment dans l’espace urbain. Une excursion vers les marges le fait voir, vers le particulier qui permet de mieux éclairer l’ordinaire. Poser la question de la frontière et du sens de l’espace permet une approche à la fois plus fine et plus épaisse des dilemmes habituels auxquels est confrontée la démocratie libérale. Plus fine car les lignes de démarcation se ressoudent lorsqu’on les évalue à l’aune de questions concrètes, comme celle du partage de l’espace urbain. Plus épaisse car elle nous oblige à reposer le sens de la doctrine : dans quelles conditions la démocratie libérale peut-elle jeter un pont entre les rives qu’elle a distinguées ? Que serait un art de la séparation autrement compris ? On dit habituellement que les frontières séparent, divisent, isolent. De la démocratie on dit qu’elle a le goût de l’artifice, et qu’elle pratique l’art de la séparation : elle distingue le public du privé, la société politique de la société civile, la religion du politique. Or une frontière est précisément ce que deux entités ont en partage : de quelle couleur serait la ligne de démarcation entre une tache noire et un fond blanc ? Et la démocratie peut jouer avec les règles, son art ne se borne pas à séparer, il se joue ausside cette séparation. Les frontières nouent autant qu’elles distinguent, elles sont ponts et portes, elles ne sont jamais données, leur seuil se négocie quotidiennement, notamment dans l’espace urbain. Une excursion vers les marges le fait voir, vers le particulier qui permet de mieux éclairer l’ordinaire. Poser la question de la frontière et du sens de l’espace permet une approche à la fois plus fine et plus épaisse des dilemmes habituels auxquels est confrontée la démocratie libérale. Plus fine car les lignes de démarcation se ressoudent lorsqu’on les évalue à l’aune de questions concrètes, comme celle du partage de l’espace urbain. Plus épaisse car elle nous oblige à reposer le sens de la doctrine : dans quelles conditions la démocratie libérale peut-elle jeter un pont entre les rives qu’elle a distinguées ? Que serait un art de la séparation autrement compris ? http://paroledechercheurs.net/spip.php?article695 Wed, 16 Nov 2016 20:30:00 +0100 Darwin, Bonaparte et le Samaritain, une philosophie de l'histoire <p>Michel</p> Serres <p>Michel</p> Serres Darwin raconta l’aventure de flore et de faune ; devenu empereur, Bonaparte, parmi les cadavres sur le champ de bataille, prononça, dit-on, ces mots : « Une nuit de Paris réparera cela ». Quant au Samaritain, il ne cesse, depuis deux mille ans, de se pencher sur la détresse du blessé. Voilà trois personnages qui scandent trois âges de l’histoire. Le premier, long, compte des milliards d’années. Réussissant à dater les événements dont elles s’occupent, les sciences contemporaines racontent le Grand Récit de l’univers, de la planète et des vivants, récit qui déploie nos conditions d’habitat et de nourriture, sans lesquels nous ne vivrions ni ne survivrions. Pendant des milliers d’années, le deuxième, dur, répète cette guerre perpétuelle dont un chiffre bien documenté dit qu’elle occupa 90% de notre temps et de nos habiletés. Quant au dernier, doux, il glorifie, depuis quelques décennies seulement, l’infirmière, le médecin, la biologiste dont les découvertes et les conduites redressèrent à la verticale la croissance de notre espérance de vie ; puis le négociateur, qui cherche la paix ; enfin l’informaticien qui fluidifie les relations humaines. Histoire ou Utopie ? Il n’y a pas de philosophie de l’histoire sans un projet, réaliste et utopique. Réaliste : contre toute attente, les statistiques montrent que la majorité des humains pratiquent l’entraide plutôt que la concurrence. Utopique : puisque la paix devint notre souci, ainsi que la vie, tentons de les partager avec le plus grand nombre ; voilà un projet aussi réaliste et difficile qu’utopique, possible et enthousiasmant. Darwin raconta l’aventure de flore et de faune ; devenu empereur, Bonaparte, parmi les cadavres sur le champ de bataille, prononça, dit-on, ces mots : « Une nuit de Paris réparera cela ». Quant au Samaritain, il ne cesse, depuis deux mille ans, de se pencher sur la détresse du blessé. Voilà trois personnages qui scandent trois âges de l’histoire. Le premier, long, compte des milliards d’années. Réussissant à dater les événements dont elles s’occupent, les sciences contemporaines racontent le Grand Récit de l’univers, de la planète et des vivants, récit qui déploie nos conditions d’habitat et de nourriture, sans lesquels nous ne vivrions ni ne survivrions. Pendant des milliers d’années, le deuxième, dur, répète cette guerre perpétuelle dont un chiffre bien documenté dit qu’elle occupa 90% de notre temps et de nos habiletés. Quant au dernier, doux, il glorifie, depuis quelques décennies seulement, l’infirmière, le médecin, la biologiste dont les découvertes et les conduites redressèrent à la verticale la croissance de notre espérance de vie ; puis le négociateur, qui cherche la paix ; enfin l’informaticien qui fluidifie les relations humaines. Histoire ou Utopie ? Il n’y a pas de philosophie de l’histoire sans un projet, réaliste et utopique. Réaliste : contre toute attente, les statistiques montrent que la majorité des humains pratiquent l’entraide plutôt que la concurrence. Utopique : puisque la paix devint notre souci, ainsi que la vie, tentons de les partager avec le plus grand nombre ; voilà un projet aussi réaliste et difficile qu’utopique, possible et enthousiasmant. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article694 Wed, 09 Nov 2016 20:30:00 +0100 Salut les Aliens ! Les sciences naturelles dans la science-fiction <p>Jean-Sebastien</p> Steyer <p>Marc</p> Boulay <p>Jean-Sebastien</p> Steyer <p>Marc</p> Boulay D'où vient la Force des Jedis ? Godzilla est-il un dinosaure géant ? Quelle mutation biologique affecte les X-men ? Glissez-vous dans la peau d'un naturaliste pour mener une enquête scientifique à la découverte des planètes et des extraterrestres de la science-fiction. Entre Star Wars, Dune ou Avatar, vous ne verrez plus les classiques de la science-fiction comme avant ! D'où vient la Force des Jedis ? Godzilla est-il un dinosaure géant ? Quelle mutation biologique affecte les X-men ? Glissez-vous dans la peau d'un naturaliste pour mener une enquête scientifique à la découverte des planètes et des extraterrestres de la science-fiction. Entre Star Wars, Dune ou Avatar, vous ne verrez plus les classiques de la science-fiction comme avant ! http://paroledechercheurs.net/spip.php?article693 Wed, 02 Nov 2016 20:30:00 +0100