EthicHum 2018 http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique290 PENSER L’ÉTHIQUE AVEC LES HUMANITÉS C’est un lieu commun que de souligner les dangers d’une science sans conscience pour ouvrir une réflexion sur la question de l’éthique dans le domaine de la recherche. Les prémices de la science moderne qui prétendait rendre compte d’une connaissance exacte du monde, s’accompagnaient déjà de l’ex- pression d’une nécessaire mesure au savoir, d’un jugement moral sur le bien, le bon et le juste. La nature de cette inquiétude relevait bien sûr du rapport à la foi et à la religion. Retour ligne automatique Force est de constater la prégnance particulière de cette nécessité dans notre monde. Notre espace, que ce soit dans la recherche, dans l’entreprise, dans l’environnement, en politique, semble saturé par la question de l’éthique. Cette saturation révèle, pour- tant, une inquiétude bien différente, et signe un ébranlement de la « valeur progrès » et de la perte de confiance dans la raison humaine. Retour ligne automatique L’utilisation imprécise du lexique - morale, éthique, intégrité scientifique et déontologie - et de notions certes connexes mais reposant sur des fondements et des principes différents, rend également compte d’une difficulté. Retour ligne automatique Il s’agit d’inviter l’ensemble de notre communauté scientifique à s’engager dans une véritable réflexion qui se doit d’être pluridisciplinaire car c’est de la mise en crise de certaines réflexions et pratiques opérée par les Humanités, ou précisément de la force critique de ces Humanités que doivent naître les fondements d’un travail sur l’éthique. La réflexion éthique est par essence ouverture à la différence et si elle est fondamentalement personnelle, en ce qu’elle renvoie aux valeurs qui nous fondent chacun, elle ne peut que s’articuler à l’autre. Nous postulons que la force de proposition des Humanités consiste à interroger cet horizon moral de l’éthique qui semble affecter la vision contemporaine de ce qu’est la vie bonne. Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.2.1 [23954] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2018 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) EthicHum 2018 http://paroledechercheurs.net/local/cache-vignettes/L600xH600/rubon290-3cc75.jpg?1540313029 http://paroledechercheurs.net/spip.php?rubrique290 Éthique et programmation muséale <p>Gilles</p> Mora <p>Gilles</p> Mora La direction artistique d’une institution photographique telle que le Pavillon populaire ressemble à une direction de collection chez un éditeur. Il s’agit de générer du contenu, et donc d’avoir, devant celui-ci, une position intellectuelle claire. Pour cela, une vision globale de la programmation s’impose. Dans le cas précis du Pavillon populaire, il s’agit de savoir si le contenu des expositions permet aux publics concernés de mieux entrer dans la dimension patrimoniale, historique et esthétique du medium photographique. Il s’agit également de donner les moyens à ce même public, souvent peu au fait du medium photographique, par des stratégies diverses (mise en espace, catalogue, aide aux visites par le biais d’un médiateur), de comprendre ce qu’il voit, et de le replacer dans un contexte culturel précis. En d’autres mots cette intervention défendra un parti pris muséal qui place la dimension intellectuelle devant la simple dimension évènementielle. La direction artistique d’une institution photographique telle que le Pavillon populaire ressemble à une direction de collection chez un éditeur. Il s’agit de générer du contenu, et donc d’avoir, devant celui-ci, une position intellectuelle claire. Pour cela, une vision globale de la programmation s’impose. Dans le cas précis du Pavillon populaire, il s’agit de savoir si le contenu des expositions permet aux publics concernés de mieux entrer dans la dimension patrimoniale, historique et esthétique du medium photographique. Il s’agit également de donner les moyens à ce même public, souvent peu au fait du medium photographique, par des stratégies diverses (mise en espace, catalogue, aide aux visites par le biais d’un médiateur), de comprendre ce qu’il voit, et de le replacer dans un contexte culturel précis. En d’autres mots cette intervention défendra un parti pris muséal qui place la dimension intellectuelle devant la simple dimension évènementielle. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article851 Fri, 22 Jun 2018 18:30:00 +0200 Art et éthique : incompatibilité, coïncidence, rencontres <p>Carole</p> Talon-Hugon <p>Carole</p> Talon-Hugon L’art peut-il être jugé sur des critères moraux ? Cette question classique mais jugée déplacée par la modernité a retrouvé une actualité aussi brûlante qu’inattendue avec l’affaire Weinstein et ses suites. Afin de prendre le recul de la réflexion, je considérerai ici dans une perspective à la fois historique et conceptuelle les positions théoriques de deux auteurs qui, sur le spectre des positions possibles concernant la question des liens de l’art et de l’éthique, occupent des positions extrêmes et antagonistes :Léon Tolstoï et Oscar Wilde. J’analyserai et j’évaluerai le moralisme du premier et l’esthétisme du second, et je soutiendrai la thèse selon laquelle le mot qui convient pour penser ce lien n’est ni celui de coïncidence ni celui d’incompatibilité, mais celui de rencontres. L’art peut-il être jugé sur des critères moraux ? Cette question classique mais jugée déplacée par la modernité a retrouvé une actualité aussi brûlante qu’inattendue avec l’affaire Weinstein et ses suites. Afin de prendre le recul de la réflexion, je considérerai ici dans une perspective à la fois historique et conceptuelle les positions théoriques de deux auteurs qui, sur le spectre des positions possibles concernant la question des liens de l’art et de l’éthique, occupent des positions extrêmes et antagonistes :Léon Tolstoï et Oscar Wilde. J’analyserai et j’évaluerai le moralisme du premier et l’esthétisme du second, et je soutiendrai la thèse selon laquelle le mot qui convient pour penser ce lien n’est ni celui de coïncidence ni celui d’incompatibilité, mais celui de rencontres. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article849 Thu, 21 Jun 2018 18:30:00 +0200 Aux frontières de l’humain <p>Étienne</p> Bimbenet <p>Jocelyne</p> Porcher <p>Estienne</p> Rodary <p>André</p> Micoud <p>Étienne</p> Bimbenet <p>Jocelyne</p> Porcher <p>Estienne</p> Rodary <p>André</p> Micoud http://paroledechercheurs.net/spip.php?article848 Thu, 21 Jun 2018 10:00:00 +0200 Soirée d’ouverture <p>Étienne</p> Bimbenet <p>Étienne</p> Bimbenet L’antispécisme contemporain s’appuie, dans son combat en faveur des animaux, sur un argument de similitude entre humains et animaux. Les animaux que nous exploitons étant comme nous des êtres sensibles, ils méritent une égale considération morale. Or que les animaux soient comme nous capables d’éprouver du plaisir et de la douleur, ou qu’ils soient comme nous dignes de considération morale, n’implique pas qu’ils soient tout simplement comme nous, ou que nous soyons comme eux. L’homme n’est pas vraiment un animal comme les autres. La question est alors de savoir ce que ça changerait, dans notre combat pour la réhabilitation morale des animaux, de connaître toute la différence qui nous sépare d’eux. On plaidera ainsi pour un « anthropocentrisme élargi », prenant appui, dans sa défense des animaux, sur les formes de vie spécifiques aux vivants humains. Entre humains et animaux, il n’y a donc pas à choisir. Notre humanité se mesure à l’ampleur des décentrements dont elle est capable : on ne sert jamais mieux les animaux qu’en étant soi-même authentiquement ; et on n’est jamais plus humain que lorsqu’on se détourne de soi, au profit des vies les plus lointaines. L’antispécisme contemporain s’appuie, dans son combat en faveur des animaux, sur un argument de similitude entre humains et animaux. Les animaux que nous exploitons étant comme nous des êtres sensibles, ils méritent une égale considération morale. Or que les animaux soient comme nous capables d’éprouver du plaisir et de la douleur, ou qu’ils soient comme nous dignes de considération morale, n’implique pas qu’ils soient tout simplement comme nous, ou que nous soyons comme eux. L’homme n’est pas vraiment un animal comme les autres. La question est alors de savoir ce que ça changerait, dans notre combat pour la réhabilitation morale des animaux, de connaître toute la différence qui nous sépare d’eux. On plaidera ainsi pour un « anthropocentrisme élargi », prenant appui, dans sa défense des animaux, sur les formes de vie spécifiques aux vivants humains. Entre humains et animaux, il n’y a donc pas à choisir. Notre humanité se mesure à l’ampleur des décentrements dont elle est capable : on ne sert jamais mieux les animaux qu’en étant soi-même authentiquement ; et on n’est jamais plus humain que lorsqu’on se détourne de soi, au profit des vies les plus lointaines. http://paroledechercheurs.net/spip.php?article847 Wed, 20 Jun 2018 18:30:00 +0200